Pourquoi l’OL mise-t-il sur Jean-Luc Vasseur pour piloter «la Formule 1» qu’est l’équipe féminine?

FOOTBALL En signant lundi à l'OL féminin, Jean-Luc Vasseur est devenu le premier entraîneur de football ayant dirigé une équipe dans l'élite chez les hommes (Stade de Reims en 2014-2015) et chez les femmes

Jérémy Laugier

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Jean-Luc Vasseur, ce mardi lors de sa présentation devant la presse.
Jean-Luc Vasseur, ce mardi lors de sa présentation devant la presse. — Jérémy Laugier/20 Minutes
  • Jean-Michel Aulas et Gérard Houllier ont accompagné devant la presse mardi Jean-Luc Vasseur, nommé entraîneur de l’équipe féminine de l’OL pour les deux prochaines saisons.
  • Contrairement à ses quatre prédécesseurs à Lyon, le coach de 50 ans présente la particularité d’avoir entraîné des équipes masculines en Ligue 2 et même à Reims en Ligue 1.
  • Jean-Michel Aulas mise sur Jean-Luc Vasseur pour permettre à l’OL, vainqueur des quatre dernières Ligue des champions, de « grandir encore ».

« C’est un cran supérieur que l’on atteint avec ce recrutement. Il était important de grandir encore. » Satisfait par l’expérience Reynald Pedros, qui a glané cinq titres (sur six) dont deux Ligues des champions durant ses deux années de contrat à Lyon, Jean-Michel Aulas vient de miser sur Jean-Luc Vasseur pour prendre le relais à la tête de l’équipe féminine de l’OL. Il s’agit d’un nouvel entraîneur sans la moindre référence dans le foot féminin. A la différence majeure que Jean-Luc Vasseur a déjà été entraîneur principal au niveau professionnel, à Créteil (National et Ligue 2 de 2011 à 2014), au Paris FC (L2, en 2015-2016), à Châteauroux (L2, de 2017 à novembre 2018) et surtout à Reims en Ligue 1 (2014-2015).

« On a voulu donner aux joueuses ce qu’elles recherchent, à savoir le maximum de professionnalisation, a insisté JMA mardi. On est heureux d’innover là aussi. » Car pour la première fois en France, un technicien aura entraîné dans l’élite une équipe de football masculine et féminine. « Je soupèse la chance d’arriver dans un club énorme, apprécie Jean-Luc Vasseur. C’est un grand honneur, la barre est haute mais je l’accepte. On me met à disposition une Formule 1. Je vais humblement être le pilote de cette machine de haute précision sur laquelle je n’aurai à faire que quelques retouches. »

Déjà quatre recrues officialisées mardi par Aulas

S’imaginant « dans la continuité », celui qui s’est engagé pour deux saisons va disposer d’au moins quatre recrues déjà officialisées par son président. A savoir les attaquantes Nikita Parris (Manchester City) et Jessica Silva (Levante), la latérale belge Janice Cayman (Montpellier) et Katriina Talaslahti, une gardienne finlandaise de 18 ans formée au Bayern Munich. Jean-Michel Aulas a par ailleurs annoncé mardi la prolongation jusqu’en 2023 de la gardienne des Bleues Sarah Bouhaddi. Après avoir cherché à quitter Lyon pour un nouveau challenge la saison passée, celle-ci a précisé ce mercredi sur Twitter que rien n'était fait.

Autant dire que Jean-Luc Vasseur aura comme ses prédécesseurs de grands moyens pour « laisser l’OL sur le toit de l’Europe ». Annoncé comme « bilingue » par Jean-Michel Aulas, il reprendra avec son nouveau groupe très international le 15 juillet, avec un tournoi en Caroline du Nord (Etats-Unis). Il profite de la Coupe du monde pour se pencher sur les caractéristiques du foot féminin. « Les temps de jeu sont plus importants que chez les garçons, les filles sont plus tournées vers le jeu que vers les enjeux », estime-t-il.

Jean-Luc Vasseur félicite ici Benjamin Moukandjo après un but inscrit en Ligue 1 avec le Stade de Reims, en février 2015.
Jean-Luc Vasseur félicite ici Benjamin Moukandjo après un but inscrit en Ligue 1 avec le Stade de Reims, en février 2015. - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Un différend en 2016 avec la sélectionneure des Bleues Corinne Diacre

Restent deux épisodes aux allures de zones d’ombre dans le parcours de Jean-Luc Vasseur (50 ans). A commencer par ce surnom chambreur de « Jean-Patrick Mourinho » que lui auraient donné des joueurs rémois (ce qu’il a démenti) en 2015. Un an plus tard, il lâche en direction d'un adjoint de Corinne Diacre, durant un PFC-Clermont (L2) : « Tu as raison, cache-toi derrière une gonzesse ». Il n’imaginait certainement pas alors qu’il pourrait avoir un jour un rapport entraîneur-sélectionneure avec elle. « C’est arrivé il y a très longtemps, a-t-il commenté mardi sur ce sujet. C’était une réaction de banc, je m’en suis expliqué avec elle et tout est rentré dans l’ordre. Je lui ai envoyé mes vœux de réussite avant la Coupe du monde. Je serai le premier à l’encourager pour qu’elle nous ramène le titre suprême. »

Cet ancien formateur durant dix saisons au sein du PSG a sa petite idée pour amener sa patte : « Je pense que l’aspect tactique est peut-être le domaine dans lequel on peut le plus progresser ». En février 2016, il annonçait même durant une conférence de presse du PFC : « Ça m’emmerde les 0-0, je le dirai toujours. Je préfère faire 1-1, 3-3 ou 6-6 ». Avec une telle « Formule 1 », composée de « charognardes du résultat » (dixit Gérard Houllier), il ne devrait pas en connaître beaucoup dans les prochains mois.