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FOOTBALL

PSG-Nantes: «On fait beaucoup de blagues sur ça»… Après ce nouveau but de Verratti, le monde ne sera plus jamais le même

Après ce nouveau but de Marco Verratti, ce sont toutes nos certitudes sur la vie en général qui volent en éclats

  • Marco Verratti a ouvert le score d’une frappe limpide mercredi soir au Parc des Princes contre Nantes en demi-finale de Coupe de France.
  • Après son but avec l’Italie en mars dernier, le Petit Hibou a peut-être pris conscience qu’il n’avait pas une si mauvaise frappe que ça.

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

Il y a dans le petit monde du foot français certaines choses qui sont immuables, comme une élimination du PSG dès les 8e de finale de la Ligue des champions, un coup de gueule de Thierry Laurey en conférence de presse ou encore Marco Verratti qui préfère se bouffer une main plutôt que de frapper au but. Mais ça c’était avant mercredi soir.

Car face au FC Nantes, en demi-finale de Coupe de France au Parc des Princes, le petit italien du PSG a ouvert une brèche spatio-temporelle qui nous a transportés dans un monde étrange, un monde où Verratti marque des buts. Bon, on exagère un peu car ce n’est pas la première fois que Il Gufetto, le « Petit Hibou », fait trembler les filets adverses, mais ce but face aux Canaris est le deuxième du Parisien en moins de dix jours. Un truc dingue, donc, du genre à vous filer des sueurs froides en plein Sahara.

Le Parc était bouche bée

Après son superbe but avec la Squadra Azzurra face au Liechtenstein le 26 mars dernier, Marco Verratti a donc récidivé. Et ce n’était même pas un but de raccroc, du genre « bon, là je suis à 50 centimètres de la ligne de but, j’ai pas le choix, il faut que je la pousse au fond ». Non, non, là c’était en dehors de la surface de réparation nantaise et la frappe tendue est allée se loger dans le petit filet opposé de Tatarusanu. Aussi surpris qu’il pouvait l’être quand Apoula Edel réalisait une parade, le public du Parc est resté bouche bée devant cette anomalie footballistique. Tout comme le speaker du PSG, qui n’a pas caché sa joie au moment de scander le nom du buteur.

« C’est suffisamment rare pour que je prenne mon temps », s’est-il marré à son micro avant d’annoncer fièrement : « but pour le Paris Saint-Germain, marqué par le numéro 6, Marcooooooooooo Verratti ! » De mémoire de suiveur, on n’avait rarement entendu le Parc des Princes faire autant de bruit pour reprendre à l’unisson le nom d’un de ses buteurs. Le joueur lui-même n’a pas semblé en revenir quand, immédiatement après son but, il s’est retourné vers son banc, hilare. Et Kylian Mbappé, qui l’avait chambré après son but en sélection, a accouru comme le reste de ses coéquipiers pour noyer le format poche sous des câlins bien mérités.

Tuchel et son ode à l’égoïsme

De Carlo Ancelotti à Laurent Blanc en passant par Unai Emery, ils sont nombreux à avoir essayé de persuader Verratti de tenter sa chance quand il en a l’occasion, mais tous s’y sont cassé les dents. On ne sait pas si Thomas Tuchel s’y est essayé à son tour, mais une chose est sûre, ce but lui a donné le sourire.

« Je suis très heureux parce que Marco a mérité de marquer ce but. Normalement, c’est un gars qui cherche toujours à faire une passe décisive (plutôt que de tirer) pour faire un cadeau à son collègue mais aujourd’hui il a marqué et c’était super. A l’entraînement par exemple, même s’il est à deux mètres du but il va toujours chercher un coéquipier pour lui faire la passe parce qu’il veut les rendre heureux. C’est sa qualité, c’est son caractère, mais des fois il faudrait qu’il soit un peu plus égoïste. On fait beaucoup de blagues sur ça et peut-être qu’il a voulu nous montrer qu’il savait aussi marquer. Il l’a fait avec l’équipe nationale et ça lui a peut-être donné un peu de confiance. »

On aurait bien aimé parler de ce but avec lui, mais le petit salopiot nous l’a faite à l’envers en zone mixte. « Marco s’est barré avec Gigi (Buffon) par l’autre porte », nous a glissé un membre du PSG, presque aussi malheureux que nous. D’autant que l’un de nos confrères nous avait fait bisquer en laissant espérer la présence de l’Italien face à la presse : « A Toulouse, dimanche, il nous avait dit "si je marque, promis je viendrai vous voir" ». Des paroles, toujours des paroles.

Il a alors fallu se rabattre sur Juan Bernat, le seul joueur parisien à avoir daigné montrer sa frimousse en zone mixte. Mais fidèle à lui-même, à savoir quelqu’un de timide et discret, l’Espagnol a simplement expliqué que « le but de Marco a facilité les choses » au PSG. C’est un peu court, jeune homme. Mais après tout, il y a peut-être des choses qu’il vaut mieux ne pas chercher à expliquer.