Coupe de la Ligue: Bingourou Kamara, gardien du Racing club de Strasbourg face à Adil Rami
Coupe de la Ligue: Bingourou Kamara, gardien du Racing club de Strasbourg face à Adil Rami — Christophe SIMON / AFP

FOOTBALL

Coupe de la Ligue: Quel gardien choisir pour la finale Strasbourg-Guingamp?

Gardien numéro 1 ou gardien attitré de la compétition, qui sera titularisé dans les cages samedi pour la finale Strasbourg-Guingamp?

  • Qui titulariser pour Strasbourg-Guingamp, finale de la Coupe de la Ligue samedi à Lille? Au Racing, il y a le choix entre le gardien numéro 1 Matz Sels ou Bingourou Kamara, aligné sur cette compétition et grand artisan de la qualification de son club en finale.
  • « C’est normal que les gens se posent la question. Ils ont juste à être patients, ils verront le 30 mars », commente, pour Strasbourg, Bingourou Kamara.
  • L’ancien gardien Nicolas Puydebois dresse le tableau : « Est-ce qu’il ne vaut pas mieux jouer la sécurité, jouer la valeur sûre en titularisant le numéro 1 ? Parce qu’il y a un trophée à gagner et il y a des enjeux financiers pour le club derrière. Mais en termes de gestion de groupe, de cohésion, de gestion de la frustration… »

Au bord du terrain d’entraînement strasbourgeois il y a quelques jours, des supporters débattent sur le choix du gardien de but à titulariser lors du Strasbourg-Guingamp en la finale de la Coupe de la ligue samedi à Lille. Matz Sels, gardien numéro 1 du Racing Club de Strasbourg, ou Bingourou Kamara, numéro 2 qui a fait tout le parcours de la Coupe de la Ligue ? Chacun donne son avis, la réponse n’est pas unanime. « Eiji Kawashima ! » (troisième gardien du club alsacien qui n’a pas été titularisé en match officiel cette saison) proposera même l’un des supporters.

La question peut aussi se poser du côté de Guingamp : qui du numéro 1 Karl-Johan Johnsson ou de Marc-Aurèle Caillard, si performant sur les tirs au but en Coupe de la Ligue, sera sur le terrain samedi ?

« La sécurité » ou « la cohésion »

« C’est normal que les gens se posent la question. Ils ont juste à être patients, ils verront le 30 mars », commente, pour Strasbourg, Bingourou Kamara. Peut-être qu’un éventuel et malheureux forfait de Matz Sels mettra fin au débat. Peut-être bien que dans l’esprit de Thierry Laurey ce débat n’existe même pas. Mais nous ne sommes pas mis dans la confidence par le staff.

L’ancien gardien Nicolas Puydebois dresse le tableau : « Est-ce qu’il ne vaut pas mieux jouer la sécurité, jouer la valeur sûre en titularisant le numéro 1 ? Parce qu’il y a un trophée à gagner et il y a des enjeux financiers pour le club derrière. Mais en termes de gestion de groupe, de cohésion, de gestion de la frustration…, liste l’ancien Strasbourgeois. Ce serait dommage de déroger à la hiérarchie établie. En général, on dédie cette compétition précise au deuxième gardien. Et ça pourrait fragiliser le coach. Parce que s’il ne titularise pas le gardien qui devait jouer cette compétition, il perd psychologiquement le joueur, c’est une évidence. »

Rémy Vercoutre sort du banc en 2005

Désormais entraîneur des gardiens à Montréal, Rémy Vercoutre reconnaît que « sa chance c’est que la question ne se soit pas posée. Le coach m’avait rassuré sur le fait que j’allais jouer la finale ». Lors de la victoire strasbourgeoise de 2005 en finale de la Coupe de la Ligue, c’est lui, et non pas Stéphane Cassard propulsé numéro 1 en cours de saison, qui était dans le but.

« C’était une année malchanceuse : j’étais venu pour avoir du temps de jeu toute la saison, mais je me fracture le pied au bout d’un mois. Le coach m’a fait jouer la Coupe de la Ligue pour me contenter, me garder, pour ne pas que je tire la tronche. Ça m’a permis d’atténuer toute l’acidité que je pouvais avoir par rapport à mon ambition de temps de jeu », explique celui qui « en garde un souvenir magnifique » citant notamment « ce tifo “Vaincre” dans les tribunes strasbourgeoises ». Pas étonnant alors de le savoir « 100 % derrière le Racing » pour la finale de samedi.

« Plus une délivrance qu’une pression »

Comment sort-on du banc pour la rencontre la plus importante de la saison ? « Préparer tranquillement le match avec le coach et le coach des gardiens », répond simplement Rémy Vercoutre qui a vécu sa titularisation en 2005 « plus comme une délivrance que comme une pression. J’ai pris un plaisir monstre à jouer. Ce trophée occupe une place très haute dans mon palmarès parce que quand tu arrives à gagner quelque chose en étant en difficulté, c’est une grande fierté ! Je crois que ça m’a permis de rebondir aussi, parce qu’on a pu voir que je n’avais rien lâché. »

Son expérience en finale de cette même compétition, deux ans plus tard, avec Lyon, sera moins joyeuse. « Rémy Vercoutre avait fait toute la campagne de la coupe. Une semaine avant la finale, le président avait fait savoir qu’il voulait que Grégory Coupet soit titularisé, raconte Nicolas Puydebois. Il y a eu un petit quiproquo qui avait fragilisé Vercoutre : c’est lui qui avait été titularisé, conformément à la logique décidée en début de saison, il s’est loupé sur une sortie aérienne, Bordeaux avait marqué. Ce petit quiproquo lui a fait perdre la légitimité qu’il avait gagnée durant tout le parcours. Ça peut fragiliser un gardien. » Le principal intéressé confirme : « Le cas de figure se rapproche peut-être plus de celui de Strasbourg aujourd’hui. Ça m’avait complètement déstabilisé, j’ai été très mauvais et j’encaisse ce but de la victoire bordelaise sur un corner… »

A quelques jours de la finale, Bingourou Kamara ne semble pas vraiment déstabilisé. Deux mois après sa dernière sortie en Coupe de la Ligue, le gardien de 22 ans dit « travailler pour être prêt au moment M ». Il avait demandé à jouer en équipe réserve la semaine dernière, conscient qu’il est « important quand même d’avoir des matchs dans les jambes »… Avant une grande finale ?