PSG-Strasbourg: Comment le Racing choisit de titulariser son gardien de but, qui risque d'avoir du boulot contre Paris

FOOTBALL Strasbourg joue au Parc des Princes samedi à 17h pour la 26e journée de Ligue 1, et le gardien aura fort à faire face aux attaquants du PSG...

Alexia Ighirri

— 

PSG-Strasbourg: Comment on choisit de titulariser un gardien? Oukidja face à Di Maria lors de Strasbourg-PSG en coupe de la Ligue. (Archives)
PSG-Strasbourg: Comment on choisit de titulariser un gardien? Oukidja face à Di Maria lors de Strasbourg-PSG en coupe de la Ligue. (Archives) — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Strasbourg se déplace au Parc des Princes samedi, où le Racing affrontera le PSG à 17h pour le compte de la 26e journée de Ligue 1.
  • Alors qu'il risque d'être pas mal sollicité face à l'armada parisienne, comment choisit-on le gardien de but titulaire?  

Au moins quatre buts encaissés, c’est le tarif pour les adversaires du PSG au Parc des Princes en 2018. Samedi à Paris (coup d’envoi à 17h), le gardien du Racing, qu’il s’agisse de Bingourou Kamara ou d’Alexandre Oukidja, risque d’avoir pas mal de boulot face à l’armada offensive parisienne.

Oui parce que dans les cages du promu alsacien, la place de titulaire occupée par Kamara, recruté pour cela l'été dernier, est revenue à Oukidja dimanche lors de la victoire contre Troyes (2-1). « Aujourd’hui c’est Alex qui a la main, Bingourou peut la reprendre très bientôt et Landry [Bonnefoi, le troisième] aussi. Ce n’est pas un problème », juge leur coach Thierry Laurey.

Hors blessure ou suspension, comment est choisi le gardien titulaire ? Le portier «Ouki» a peut-être la réponse : « Oh c’est une question qui est pour le staff ça ! » Mais il tente quand même :

« Je pense que c’est la performance à l’entraînement. Peut-être la méforme du gardien titulaire, la bonne forme du second gardien, qui permet aussi au coach de bousculer la hiérarchie. Après tant que le numéro deux est satisfaisant et que les matches se passent bien… C’est aussi pour aider le numéro un qui est sous pression et qui peut se reposer. Ça m’est arrivé l’an dernier avec Landry, c’est un mal pour un bien. »

On a pris au pied de la lettre le portier, en posant donc la question aux entraîneurs strasbourgeois.

« C’est simple, c’est le talent », répond du tac au tac Thierry Laurey. Mais on vous rassure, le coach du Racing a été loquace, notre article ne s’arrête pas là (donc scrollez, les amis, scrollez).

>> A lire aussi: Entre punchline et exploit, quand Thierry Laurey s'est révélé aux yeux du foot français

Les performances à l’entraînement, en match, voire l’état d’esprit du gardien, entrent en compte ? « Non, ce n’est pas une question d’état d’esprit. En fonction des périodes, des résultats, de différents facteurs, on peut être amené à changer ponctuellement ou sur une période un peu plus longue le gardien qui d’habitude joue titulaire », indique Jean-Yves Hours, l’entraîneur des gardiens strasbourgeois.

Il exclut dans ces « facteurs » un lien avec la titularisation de tel ou tel défenseur ou avec l’adversaire : « On a déjà suffisamment de travail à s’occuper de nos joueurs », sourit celui qui fait des retours sur les séances de ses hommes quotidiennement avec Thierry Laurey. « À partir de là, il y a une tendance qui se dégage dans nos discussions. Le patron, le boss du groupe et de l’équipe, c’est lui. On est toujours sur la même longueur d’onde, c’est l’avantage quand on se connait depuis plus de trente ans. »

« Une emprise nécessaire sur ses partenaires »

Et d’une même voix, tous deux affirment qu'« il y a une hiérarchie, mais elle peut évoluer dans la saison ». Le coach de poursuivre : « C’est pas changer la hiérarchie, c’est rebattre les cartes. L’important c’est d’avoir deux très bons gardiens. Que les deux vivent bien ça. Et qu’il y ait une possibilité pour l’un d’inverser la tendance ».

Dans le choix de son gardien titulaire, Thierry Laurey voit aussi un autre élément, difficile à percevoir sur une ligne statistique : « Il m’est arrivé en tant que joueur de vivre des situations où c’est le gardien numéro 2 ou 3 qui jouait parce qu’on sentait que l’équipe avait peut-être plus besoin de ça à ce moment-là que d’un gardien bon techniquement. Parce qu’on peut estimer que le gardien est meilleur techniquement mais peut-être qu’il n’a pas l’emprise nécessaire sur ses partenaires. Or un gardien doit en avoir une. »

« Un gardien qui est bon techniquement, quand il y a une équipe qui est en manque de confiance, bah il va se faire fusiller. Alors que quand un gardien est un peu moins bon potentiellement, mais qu’il a plus d’aura, de charisme sur ses partenaires, c’est un meneur, ça va peut-être permettre à l’équipe de s’améliorer. Et lui d’être moins en danger, moins sollicité. C’est un juste équilibre à trouver. »

Et le changement de gardien titulaire peut alors devenir un levier pour remobiliser ses troupes, « parce qu’un moment donné la série n’est pas bonne, il nous faut quelque chose, il faut marquer le coup. Mais il faut faire attention parce que si tu te manques, t’as plus trop de leviers après ».

Le changement contre Troyes avait fonctionné, mais il sera sans doute difficile de l’évaluer contre Paris dans son jardin, samedi.