Révélations sur l'OM: Corruption, titres volés à Monaco, adversaires drogués... L'ex-lieutenant de Tapie vide son sac

FOOTBALL L'ancien proche de Bernard Tapie met le feu à l'OM des années 90

A.L.G.

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Nanard au Vélodrome en 1989.
Nanard au Vélodrome en 1989. — JACQUES DEMARTHON / AFP

C’est ce qu’on appelle lancer un pavé dans la Méditerranée. Le Corso-Marseillais Marc Fratani, ancien lieutenant de Bernard Tapie dans les années 80-90, livre un témoignage accablant sur l’ancien boss de l’OM. Et si ces révélations n’auront pas de répercussion d’un point de vue juridique, prescription oblige, l’image de Tapie et de l' OM risque en revanche de prendre un coup dans l’aile.

Brouillé avec l’actuel patron de La Provence, Fratani avait déjà songé à vider son sac dans un livre mais les ennuis de santé (cancer) de Bernard Tapie l’avaient refroidi. « Aujourd’hui qu’il a repris des couleurs et qu’il est à fond dans les médias, je n’ai plus de scrupules », raconte celui qui a longtemps fricoté avec le « milieu » de la cité phocéenne.

Ça balance pas mal à Marseille

« À partir de 1988-1989, Bernès [le directeur sportif du club] se lance avec Tapie dans une entreprise de corruption qui va durer quatre saisons », explique Fratani à nos confrères du Monde. La corruption n’était pas intensive, il ne s’agissait pas d’acheter tous les matchs. Ils ciblaient les adversaires principaux. Selon les dires de Jean-Pierre Bernès, l’OM a notamment volé deux titres à Monaco. » Rien que ça ! Marc Fratani avoue avoir « participé une fois à un achat d’arbitre. C’était pour un match contre le Paris Saint-Germain, à Paris. Le lendemain de la rencontre, je suis allé lui remettre dans un endroit discret ce qui était convenu. »

Le Monde garde le meilleur pour la fin, avec cet aveu totalement hallucinant de Marc Fratani, qui explique que l’OM allait jusqu’à droguer les équipes adverses avant les matchs au Vélodrome : « On déstabilisait aussi l’adversaire en utilisant des psychotropes : du Haddol, un anesthésiant. À l’aide de seringues à aiguilles ultrafines, le produit était injecté à l’intérieur de bouteilles en plastique. Tout ce qui était consommable par l’adversaire était traité. » Surréaliste.