Bordeaux-Guingamp: Pourquoi ça n'a pas duré entre Jocelyn Gourvennec et les Girondins?

FOOTBALL Pour la première fois depuis son licenciement, le Breton est de retour au Matmut Atlantique

Clément Carpentier

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Jocelyn Gourvennec est de retour à Bordeaux avec Guingamp ce mercredi
Jocelyn Gourvennec est de retour à Bordeaux avec Guingamp ce mercredi — VALERY HACHE / AFP
  • Jocelyn Gourvennec retrouve les Girondins ce mercredi à l’occasion du match en retard entre Bordeaux et Guingamp.
  • Ses choix sportifs et son caractère expliquent en partie son échec sur le banc des Marine et Blanc.
  • De retour à l’En Avant cette saison, il va tenter de sauver le club breton de la relégation.

Jocelyn Gourvennec n’aura pas mis beaucoup de temps à retrouver le chemin du Matmut Atlantique. Précisément, un an et un mois. Le 16 janvier 2018, il s’asseyait pour la dernière fois sur le banc des Girondins pour voir son équipe sombrer à domicile face à Caen (0-2). Deux jours plus tard, il était viré ! Ce mercredi (19h), le Breton sera pour la première fois de retour en Gironde à l’occasion du match en retard de la 23e journée de Ligue 1 entre Bordeaux et Guingamp.

Il est en effet redevenu l’entraîneur de l’En Avant en novembre dernier avec l’objectif de sauver le club qui l'a rélévé au haut niveau, lanterne rouge du championnat depuis des mois. C’est donc l’occasion de rembobiner le film et d’essayer de comprendre pourquoi ça n’a pas marché entre Jocelyn Gourvennec et les Girondins. Car si « malheureusement, ça arrive à beaucoup d’entraîneurs aujourd’hui [d’être débarqués] » comme le souligne l’expérimenté Eric Bedouet, il y a toujours des raisons à un échec, aussi surprenant soit-il.

Des grosses erreurs de casting

La première vient de l’intéressé, lui-même : « Ma principale erreur, ça a été la constitution du groupe, il manquait de caractère », avouait-il à L’Equipe, il y a quelques mois. En effet, à l’été 2017, il opère plusieurs choix forts. Il met tout d’abord son veto à la prolongation de Nicolas Pallois qui finira par rejoindre Nantes. Il refuse tout simplement d’entendre parler de Pablo, aujourd’hui l’un des meilleurs défenseurs de la Ligue 1. Enfin, il pousse ses dirigeants à recruter pour près de 10 millions d’euros l’attaquant Nicolas De Préville.

Jocelyn Gourvennec avec Nicolas De Préville et Stéphane Martin.
Jocelyn Gourvennec avec Nicolas De Préville et Stéphane Martin. - Nicolas Tucat / AFP

« Je pense qu’il voulait que son équipe joue d’une certaine manière sauf qu’il n’avait pas forcément les joueurs pour. Il faut savoir s’adapter à son effectif », analyse Eric Bedouet à l’époque membre du staff du Breton en tant que préparateur physique. Bien jouer, c’est bien. Gagner, c’est mieux ! Et dans un championnat comme la Ligue 1 où l’aspect physique est très important, ça ne pardonne pas. On connaît la suite.

« Il a été ultra-têtu »

La suite, c’est une terrible série noire entre la défaite au Parc des Princes face au PSG (6-2) alors que Bordeaux pointe à la 2e place et le revers fatal à Jocelyn Gourvennec contre Caen en janvier. Résultat des courses : Deux victoires, deux nuls et 12 défaites en 16 matchs. Huit points pris sur 42 possibles en Ligue 1. « Quand, il y a une série compliquée comme ça, c’est très difficile de s’en sortir, de rebondir. Même si les contenus sont bons, le résultat reste le résultat », rappelle un proche du club. Mais comment un entraîneur aux compétences telles que Jocelyn Gourvennec n’a pas réussi à sortir son équipe de ce guêpier ?

Un membre de la direction a son idée : « C’est un énorme bosseur et un homme très intelligent mais dans cette période, il a été ultra-têtu et s’est renfermé sur lui-même. Il ne s’est pas remis en question et il s’est entêté ! » Le meilleur exemple est le cas Toulalan. Repositionné en défense centrale à l’intersaison, l’ancien international français se retrouve en grande difficulté à chaque rencontre. « Au club, tout le monde était unanime sur le fait qu’il devait reprendre sa place au milieu », ajoute ce même dirigeant, mais le Breton persistera jusqu’au bout à le maintenir en défense !

Dans le viseur des supporters

Enfin, comme souvent dans ce genre de situation, la relation avec les supporters n’a pas aidé Jocelyn Gourvennec. La rupture avec eux intervient le 10 décembre 2017. Ce jour-là, les Girondins explosent au Matmut Atlantique face à Strasbourg (0-3) et pour la première fois, le Virage Sud demande sa démission. A partir de ce moment-là, ça se gâte vraiment surtout que les Ultramarines ne reviendront jamais sur cette décision. Pourtant, une réunion a lieu rapidement au Haillan.

Un banderole « Gourvennec démission » à Granville lors de l'élimination en Coupe de France des Girondins en janvier 2018.
Un banderole « Gourvennec démission » à Granville lors de l'élimination en Coupe de France des Girondins en janvier 2018. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

« C’était tendu mais courtois, sans insulte, entre personnes intelligentes. D’ailleurs, Jocelyn ne s’est pas démonté et il s’est défendu », raconte un participant. Mais au final, cela ne changera rien à la fin de l’histoire. Le mal était déjà fait et bien plus profond.