OL-Reims: «Comment peut-on me dire qu’il n’y a pas penalty ?»… L'utilisation du VAR a-t-elle coûté cher aux Lyonnais?

FOOTBALL Tenu en échec par Reims vendredi (1-1), l'OL n'a pas été verni sur deux situations cruciales ayant poussé Benoît Millot à faire appel au VAR...

Jérémy Laugier

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Bertrand Traoré a marqué dès la 13e minute de jeu vendredi, mais son but n'a pas été validé, après utilisation du VAR.
Bertrand Traoré a marqué dès la 13e minute de jeu vendredi, mais son but n'a pas été validé, après utilisation du VAR. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Eliminé par Strasbourg (1-2) trois jours plus tôt en Coupe de la Ligue, l’OL s’est encore montré décevant contre Reims (1-1) vendredi en Ligue 1.
  • En galère pour déstabiliser le bloc bas rémois, les Lyonnais n’ont en plus pas été vernis par l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).
  • 20 Minutes décrypte les deux situations qui auraient pu permettre à Bertrand de marquer (13e) puis de bénéficier d’un penalty (53e).

Avant d’enfin trouver la faille (1-1, 70e), Bertrand Traoré a traîné une sacrée guigne vendredi face à Reims. L’attaquant lyonnais aurait en effet pu se voir accorder un but (13e) puis bénéficier d’un penalty (53e). Mais ni l’arbitre assistant VAR (sur la première situation), ni Benoît Millot (sur l’accrochage entre Bertrand Traoré et Yunis Abdelhamid) a interprété de la sorte les images fournies par le VAR. A l’image du buteur burkinabé, qui ne s’est pas arrêté devant la presse, aucun joueur de l’OL n’a souhaité alimenter la polémique.

Même Jean-Michel Aulas s’est évité une sortie médiatique, contrairement à un piquant précédent à Montpellier (1-1), le 22 décembre, après un contact entre Nabil Fekir et Benjamin Lecomte. Contrairement à ses habitudes, c'est Bruno Genesio a fait le boulot dans ce nouveau « VARgate » en Ligue 1. 20 Minutes tente de rembobiner et de décrypter les deux situations litigieuses.

  • Le but de Bertrand Traoré devait-il être refusé pour hors-jeu ?

On serait tenté de dire que non tant il semble sur la même ligne que le latéral rémois Ghislain Konan. Bien lancé par Houssem Aouar dans le dos de la défense du Stade de Reims, le numéro 10 lyonnais se présente devant Edouard Mendy et remporte son duel. Sur la pelouse, l’arbitre assistant lève spontanément son drapeau. Pendant de longues secondes, les images défilent sur les écrans de contrôle. Et ce avec une vraie bizarrerie : la ligne du révélateur a été légèrement modifiée entre la première et la deuxième image fournie sur nos écrans.

Benoît Millot se voit confirmer par oreillette que Bertrand Traoré était bien hors-jeu. « Sur cette situation, je peux comprendre qu’il y ait une interprétation différente, selon qu’on soit lyonnais ou rémois », admet calmement Bruno Genesio. « Comme je l’ai dit à Jean-Michel [Aulas], j’ai l’impression, avec mes yeux rémois, que le Lyonnais est hors-jeu d’un pied », estime le président du 7e de L1 Jean-Pierre Caillot. D’un pied, voire d’un gros orteil selon les ralentis.

  • Bertrand Traoré méritait-il un penalty ?

Après avoir consulté les images de l’action, on n’aurait rien trouvé à redire si l’OL avait bénéficié d’une balle d’égalisation sur ce coup (53e). Sur un ballon aérien qu’il compte disputer, Bertrand Traoré se fait marcher sur le pied droit par Yunis Abdelhamid. Plutôt que de s’élever pour tenter un coup de tête, il se retrouve donc au sol après ce contact. Benoît Millot ne bronche pas mais il va consulter les images en bord de terrain pour en avoir le cœur net.

Il ne va finalement pas changer d’avis, ce qui a « fâché » Bruno Genesio. « J’aimerais savoir pour quelle raison il n’y a pas penalty, peste le coach lyonnais. Il faut m’expliquer la règle car pour moi, c’est un penalty flagrant qui n’est pas sifflé. Comment, en regardant les images, peut-on me dire qu’il n’y a pas penalty ? » Pas malheureux sur ces deux épisodes majeurs d’OL-Reims vendredi, Jean-Pierre Caillot l’assure : « Les décisions prises ne me choquent pas ce soir ».

Comme 20 Minutes a eu plus de réussite que Bertrand Traoré vendredi, le principal intéressé Yunis Abdelhamid s’est arrêté devant nous pour nous livrer avec franchise sa version.

« Au moment où j’essaie de prendre mon impulsion pour jouer le ballon de la tête, je lui marche un peu dessus. Je n’ai pas essayé de le bloquer. Je ne regarde vraiment pas Traoré mais j’ai senti direct le contact. Sur le coup, j’ai vraiment eu peur que l’arbitre siffle penalty puis j’ai été soulagé. Je pense qu’il a bien vu avec la vidéo que c’était totalement involontaire. C’est sûr que ça se discute. Les Lyonnais vont dire penalty et moi non. »

« Ils étaient impatients de marquer »

Au final, quel impact a eu la probable frustration générée par ces deux situations litigieuses, sur les joueurs lyonnais, très décevants par ailleurs ? « On ne se réfugiera pas derrière ça mais ce penalty est quand même un événement qui fait basculer le match, estime Bruno Genesio. Ça ne changerait pas le contenu de notre match mais il influe complètement sur le résultat. »

Comment Yunis Abdelhamid a-t-il perçu l’état d’esprit de l’OL après ces coups du sort ? « Je n’ai pas forcément senti de la frustration liée à l’arbitrage, confie le défenseur central. Mais ils étaient impatients de marquer, c'est certain. On savait que ça allait se passer comme ça. Plus nous étions solides et plus ils allaient être frustrés, douter et manquer de lucidité. » Ça peut effectivement être le genre de la maison.