PSG-Liverpool, le match qui va tout changer dans l'histoire parisienne de Neymar?

FOOTBALL Le Brésilien s'est montré particulièrement heureux d'être là et prêt à se battre pour son équipe, mercredi...

Nicolas Camus (avec A.L.G.)

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Neymar fête la victoire du PSG contre Liverpool au au milieu de ses coéquipiers, le 28 novembre 2018.
Neymar fête la victoire du PSG contre Liverpool au au milieu de ses coéquipiers, le 28 novembre 2018. — J.E.E/SIPA
  • Neymar a activement participé à la victoire du PSG contre Liverpool (2-1), mercredi soir.
  • Combatif, leader sur le terrain, il a semblé heureux de se battre pour son équipe, ce qui n'a pas toujours été le cas depuis son arrivée à Paris. 
  • La victoire et l'unité affichée par le groupe parisien pourrait le décider à s'inscrire vraiment dans la durée en France, s'il y en avait besoin.

Ces petits pas de danse, il les réserve aux grandes occasions. Mercredi, quelques minutes après la victoire obtenue de haute lutte contre Liverpool, Neymar a conduit ses coéquipiers au pied de la tribune Auteuil, pour célébrer la belle soirée parisienne. Ce match, décisif pour l’avenir du club en Ligue des champions et face à un grand d’Europe, était pour lui. Il a répondu présent, avec un but, des grandes courses et quelques décalages délicieux. Et surtout une rage qu’on ne lui connaissait pas. En tout cas depuis son arrivée à Paris.

C’est peut-être ça, finalement, l’image qui restera de cette soirée. Voir Marquinhos et Thiago Silva se rentrer dedans presque en transe après avoir contré Salah, ok, mais Neymar haranguer la foule comme en première période, après un geste défensif en plus ? Si on avait su, on se serait mouillé la nuque avant. De mémoire, la dernière fois qu’on l’avait vu aussi hargneux, c’était… avec Barcelone, face au PSG, lors du fameux 6-1 dont il avait été le détonateur.

Fini le spleen ?

Depuis son arrivée à Paris l’année dernière, malgré ses buts et le soutien sans faille du club, il était souvent apparu agacé, susceptible, voire un peu triste. Un spleen dont s’est délectée la presse espagnole, qui a annoncé environ 412 fois son retour imminent à Barcelone ou un nouveau défi à Madrid, avec Neymar Senior et l’agent influent Pini Zahavi à la manœuvre.

Et puis est venue cette rencontre face à Liverpool. Milieu gauche en phases défensives, selon le savant coup tactique imaginé par Thomas Tuchel, il n’a pas hésité à aller au turbin pour aider ses petits camarades. Et ce, alors qu’il ressentait encore une gêne aux adducteurs, touchés la semaine passée avec le Brésil. « Je n’étais pas à 100 % mais c’était un match important, donc blessé ou pas, je me devais d’être là », a-t-il expliqué dans la zone mixte du Parc des Princes.

« Debout Thiago, j’ai besoin de toi pour m’aider »

Un sens (nouveau ?) du devoir confirmé peu après par Thiago Silva auprès des journalistes brésiliens en zone mixte : « Lorsque j’étais par terre, Neymar est venu me voir. Je lui ai dit "Je suis mort" et il m’a répondu "Debout Thiago, j’ai besoin de toi pour m’aider." » Dans un film américain, c’est à cet instant normalement qu’on balance les violons en musique de fond.

Ça n’engage que nous, mais de l’extérieur, tout ça nous fait dire que Neymar est peut-être enfin épanoui à Paris. Que ce match l’a aidé à comprendre ce qu’il pouvait apporter au PSG. Et inversement. Selon RMC Sport, le Brésilien s’est confié à un proche juste après la rencontre, lui exprimant sa satisfaction de répondre à ceux qui disaient ces derniers temps qu’il n’était pas heureux au PSG. Il se sentirait beaucoup mieux à Paris, d’après les échos qui ressortent du vestiaire.

Un joueur en train d’atteindre une certaine maturité

« C’est vrai que depuis le début de la saison, on voit qu’il joue de son aura pour haranguer la foule au Parc. Et récemment, il a beaucoup échangé avec Dani Alves pour voir comment dynamiser l’équipe », nous rapporte une source au club, confirmant un peu plus, au-delà d’un possible bien être (re) trouvé à Paris, que Neymar semble prendre de plus en plus à cœur son rôle de leader de vestiaires et plus seulement de leader technique.

Dani Alves justement, son confident, a brièvement évoqué l’état d’esprit de son ami après Liverpool. Sans entrer dans les détails, l’ancien Barcelonais a dressé le portrait d’un joueur en train d’atteindre une certaine maturité. « Il suscite un grand intérêt, on dit beaucoup de choses sur lui, que ce soit en bien ou en mal. Mais il est plutôt tranquille maintenant, parce qu’il sait que c’est comme ça quand on est un grand joueur, aussi populaire, avance-t-il. Ça fait partie du jeu. Comme dans la vie de tous les jours, on ne peut pas faire en fonction des critiques et de ce qu’on dit sur toi. Tu dois avoir un équilibre dans ta vie et rester loin de tout ça. »

De ce qu’on comprend, Neymar, star depuis ses 17 ans et déjà passé par une Coupe du monde à la maison avec tout le poids de la nation sur les épaules, y arrive de mieux en mieux. Les prochains grands matchs à enjeux, dans deux semaines à Belgrade puis au printemps, si tout se passe bien, diront si ce que l’on a entraperçu mercredi est vraiment le début de quelque chose.