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VIDEO. Hoffenheim-OL: «Il était parfois dur à coacher»… Pourquoi Ishak Belfodil a déjà enchaîné neuf clubs à 26 ans
FOOTBALL•L'attaquant d'Hoffenheim Ishak Belfodil (26 ans) va retrouver ce mardi (20h45) son club formateur, l'OL, où il n'a disputé que dix rencontres de Ligue 1 avant de multiplier les aventures à l'étranger...Jérémy Laugier
L'essentiel
- Notamment passé par le centre de formation du PSG à 13 ans, Ishak Belfodil a été recruté par celui de l’OL à 16 ans, après un match impressionnant en U17 avec Clermont.
- Loué pour sa puissance et son habileté technique, surtout pour un attaquant d’1,92 m, celui-ci a été lancé en Ligue 1 par Claude Puel, à seulement 17 ans.
- Mais la suite a été plus délicate dans le Rhône pour cet international algérien ayant « beaucoup de personnalité ».
A 26 ans, Ishak Belfodil compte déjà plusieurs vies dans le monde du football professionnel. Jugez plutôt : l’attaquant algérien d’Hoffenheim, qui retrouve son club formateur lyonnais ce mardi (20h45) en Ligue des champions, a été lancé en Ligue 1 à 17 ans par Claude Puel (2009), avant d’être transféré pour 10 millions d’euros de Parme à l’Inter Milan (2013) et d’ouvrir le score face au grand Manchester City (1-2) le 2 octobre avec sa nouvelle équipe allemande. Oui, mais le garçon a aussi enchaîné 9 clubs en 8 saisons, dont un passage dans le championnat émirati (2015-2016).
Pour tenter de mieux comprendre cet insaisissable parcours, revenons à son arrivée au centre de formation de l’OL, en 2008. « Après un match contre Clermont en U17 nationaux, j’avais immédiatement signalé Ishak à notre cellule de recrutement tant il avait été très bon ce jour-là, se souvient Armand Garrido, son premier entraîneur à Lyon. On a récupéré un joueur dégageant de la puissance et de l’habileté technique. C’était déjà une force de la nature, donc une fois lancé, il était difficile à arrêter. »
« Il avait tout le talent nécessaire pour s’imposer à l’OL »
Passé à 13 ans par le centre de formation du PSG, Ishak Belfodil rappelle carrément un certain Zlatan Ibrahimovic à Robert Valette, qui l’a coaché avec l’équipe réserve de l’OL en CFA. Car malgré sa grande taille (1,92 m), celui-ci a toujours impressionné grâce ses qualités techniques. « C’est rare de voir un attaquant de son gabarit aussi à l’aise techniquement et pas du tout dans un registre de pivot déviant les ballons, indique ainsi son ancien coéquipier en U19 et CFA Enzo Reale. Je ne l’ai jamais vu se faire bouger sur un terrain. Ce n’était pas vraiment un finisseur mais plus un joueur ouvrant des brèches. »
« La facilité technique, la bonne vision du jeu et la force mentale, il avait tout le talent nécessaire pour s’imposer à l’OL, assure Saïd Mehamha, qui a aussi évolué avec lui à la même période. Mais ça ne s’est pas fait, c’est le destin… » N’y a-t-il pas d’autre explication que la fatalité pour expliquer que ce jeune si prometteur et auteur de deux rentrées avec les pros dès le mois d’août en 2009-2010 (à seulement 17 ans et 8 mois donc) n’ait connu que 10 apparitions (et aucun but) en L1 en deux saisons et demie ?
Viré d’un entraînement de la réserve lyonnaise… par Bruno Genesio
Pour Enzo Reale, « Ishak était alors un peu ''à l’arrach''' dans la finition. Il manquait de lucidité et ne traînait pas trop dans la surface ». Mais la principale explication est liée à son attitude et son impatience. « Il avait du tempérament mais avec moi, ce n’est pas un garçon qui rechignait au travail », répond à ce sujet Armand Garrido, qui garde le souvenir d’un garçon « assez introverti ». « Il manquait un peu de maturité, poursuit Enzo Reale. Il avait beaucoup de personnalité et parfois, il était dur à coacher. Disons qu’il ne se laissait pas marcher sur les pieds. »
D’ailleurs, comment s’est passée sa cohabitation durant la saison 2009-2010 avec… Bruno Genesio sur le banc de la réserve lyonnaise en CFA ? « Une fois, il s’était pris le bec avec lui et Bruno l’avait viré de l’entraînement, sourit Saïd Mehamha. Mais ils s’appréciaient énormément tous les deux. » « Bruno aime bien les joueurs de caractère », confirme Enzo Reale, qui reconnaît être surpris d’avoir vu son ancien coéquipier rejoindre des clubs de la dimension de l’Inter Milan, puis du Werder Brême et d’Hoffenheim.
« Je me rends compte que j’ai été impatient dans certains choix »
« Pour moi, son caractère allait être un frein pour sa carrière et je ne l’imaginais pas autant percer, même s’il a pas mal vagabondé », indique l’actuel milieu de terrain de Cholet (National). « Je me rends compte que j’ai été impatient dans certains choix, expliquait l’intéressé en 2016 sur la RTBF, juste après son arrivée au Standard de Liège. Le plus grand exemple, c’est quand je signe pour cinq saisons à l’Inter (1 but en 10 matchs). Au bout de six mois, je demande déjà à partir car je manquais de temps de jeu. Je n’avais que 21 ans et il n’y avait pas le feu au lac. » Un prêt à Livourne et un retour à Parme plus tard et Ishak Belfodil met le cap sur le Baniyas SC à Abou Dabi…
L’ayant clairement perdu de vue depuis un moment, la plupart des supporters lyonnais ont donc été bluffés de le découvrir buteur, dès la première minute de jeu, lors de la précédente journée de Ligue des champions entre Hoffenheim et Manchester City (1-2). « C'est une sacrée fierté de le voir là, s’enthousiasme Saïd Mehamha, responsable d’une académie de football à Lyon. C’est un bon pote avec qui je garde des souvenirs de Coupe Gambardella ou de son déménagement à Gerland. » Il y en a eu un paquet d’autres pour le conduire jusqu’à Hoffenheim, pile dix ans après son arrivée à l’OL.


















