Nîmes Olympique: Trois ans de prison pour les anciens dirigeants

MATCHS ARRANGES Les anciens responsables du Nîmes Olympique, Jean-Marc Conrad et et Serge Kasparian ont été condamnés à trois ans de prison, dont 18 mois ferme, dans l'affaire des matchs arrangés...

Jerome Diesnis

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Le président de Nîmes Olympique Jean-Marc Conrad lors d'une conférence de presse au siège du club, le 7 juillet 2014
Le président de Nîmes Olympique Jean-Marc Conrad lors d'une conférence de presse au siège du club, le 7 juillet 2014 — AFP
  • Sept des neuf personnes poursuivies par le tribunal correctionnel de Paris ont été condamnés dans l’affaire des matchs arrangés du Nîmes Olympique.
  • Les deux personnages clés du dossier, l’ancien président Jean-Marc Conrad et l’ancien actionnaire majoritaire Serge Kasparian, ont été condamnés à trois ans de prison, dont 18 mois ferme.
  • Ils sont reconnus coupable d’avoir tenté d’arranger des matchs, sans toutefois parvenir à leurs fins, afin de sauver de la relégation le club gardois à la fin de la saison 2013-2014.

Les anciens dirigeants du Nîmes Olympique, Jean-Marc Conrad (alors président) et Serge Kasparian (alors actionnaire principal), ont été condamnés à trois ans de prison, dont la moitié avec sursis, et 50.000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris. Les deux hommes, ainsi que sept autres prévenus, étaient poursuivis pour des soupçons de matchs arrangés en fin de saison 2013-2014, alors que le club luttait pour son maintien en Ligue 2.

Nîmes s’était finalement sauvé de la relégation. Mais à la suite de forts soupçons de match truqué contre Caen, la Ligue professionnelle de football l’avait sanctionné en mars 2015 d’une relégation en National. Une peine ramenée deux mois plus tard à huit points de pénalités pour la saison 2015-2016 par la commission d’appel de la fédération française de football. Jean-Marc Conrad de son côté avait été sanctionné de sept ans de suspension de toute fonction dans le football.

Cinq matchs dans le viseur

La justice sportive ayant rendu son verdict dès le mois de mai 2015, c’est cette fois par la justice civile que les prévenus ont été jugés. Pour le tribunal, cinq rencontres ont fait l’objet de tentatives d’arrangements : contre Bastia (0-0), Dijon (défaite 5-1), Brest, Caen et Créteil (trois nuls 1-1). Suivant les réquisitions du parquet national financier. Le tribunal a reproché aux deux hommes d’avoir tenté d’arranger les matchs, même s’il estime qu’ils ne sont pas arrivés à leurs fins. Pour se défendre, les prévenus avaient évoqué des « discussions de café des sports » lors de conversations téléphonique et rejeté toute tentative de corruption.

Le président de Caen de l’époque, Jean-François Fortin, a été condamné à 15 mois avec sursis et 15.000 euros d’amende pour corruption passive. Trois autres hommes, considérés comme des intermédiaires, notamment Franck Toutoundjian, patron d’un club de foot amateur, ont été condamnés à des peines allant de huit mois de prison avec sursis à dix mois avec sursis et 10.000 euros d’amende. Deux personnes, dont l’ancien footballeur Abdelnasser Ouadah ont été relaxées.

Le club depuis a changé de main

Après s’être sauvé de la relégation malgré son handicap de huit points lors de la saison 2015-2016, Nîmes Olympique a accédé la saison passée en Ligue 1. Entre-temps, les dirigeants du club ont changé. Il appartient désormais à l’un des patrons de Free, Rani Assaf.

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