«Il cherchait toujours un prétexte pour taper», l'ex d'un footballeur raconte comment elle était battue

FOOTBALL Elle témoigne en longueur dans L'Equipe de ce lundi... 

N.C.

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Séance d'écoute et de soutien psychologique dans un Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (photo d'illustration).
Séance d'écoute et de soutien psychologique dans un Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (photo d'illustration). — DURAND FLORENCE/SIPA

Le récit est glaçant. Dans L'Equipe de ce lundi (édition abonnés), l’ex-femme d’un footballeur toujours en activité, qui a contacté elle-même le quotidien, témoigne des violences qu’elle a subies pendant des années de la part de ce dernier. « Miriam » (son prénom a été changé), qui n’a jamais porté plainte parce qu’elle a peur des représailles pour elle et son fils, a décidé de parler - à visage couvert - car elle a su « qu’il avait tapé sa nouvelle compagne, y compris pendant sa grossesse », explique-t-elle.

Elle a connu cet homme - elle l’appelle « Monsieur » - dans sa ville natale en Afrique, il y a quatre ans. Il a commencé à être violent quand ils ont emménagé ensemble. « Il cherchait toujours un prétexte pour taper. Et ce n’était pas des petites gifles, mais des coups de poing dans le ventre, sur le visage, partout », raconte-t-elle.

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Elle détaille ensuite quelques scènes de violence, comme lorsque « sur une route pleine de virages, il s’est mis à accélérer jusqu’à plus de 200 km/h, a décroché [sa] ceinture de sécurité en bloquant le loquet avec sa main » à cause d’une crise de jalousie. Ou quand il l’a tabassée « en vacances, à Paris, dans un hôtel proche de la gare de Lyon ». Il l’a également violée, dit-elle. « Il m’a fait subir tellement de choses…. Aujourd’hui, je réalise que j’aurais pu mourir. »

« Ses coaches successifs et ses coéquipiers n’ont jamais rien vu de son comportement violent, car, à l’extérieur, "Monsieur" est réservé et timide », explique-t-elle. Enceinte, elle a fini par sortir de sa vie en juin 2016. Alors qu’elle était à un mois de l’accouchement, il l’a mise dehors car il pensait finalement que l’enfant n’était pas le sien. Elle a accouché dans un hôpital près de chez sa tante, qui l’a recueillie.

Aujourd’hui, il ne veut pas reconnaître l’enfant. Une procédure de reconnaissance de paternité a été enclenchée en décembre 2017, mais « Miriam » n’en veut plus. « J’abandonne. Je ne veux plus que "Monsieur" ait le moindre rapport avec mon fils et moi. Je vais retourner chez mes parents [en Afrique] avec le petit et essayer de me reconstruire. »