Equipe de France: Ça «ne l’intéresse pas», mais Griezmann est bien le patron des Bleus

FOOTBALL L'attaquant de l'Atlético est une référence du groupe France, à un peu plus de deux mois du grand départ pour la Russie... 

N.C., à Clairefontaine

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Antoine Griezmann lors de France-pays de Galles (2-0), le 10 novembre 2017 au Stade de France.
Antoine Griezmann lors de France-pays de Galles (2-0), le 10 novembre 2017 au Stade de France. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Il commence à en avoir marre. Gentiment, mais marre quand même. « A chaque conférence de presse on me demande ça, si je suis devenu le leader, le patron. Mais non, ça ne m’intéresse pas ». Appelé à répondre aux médias, jeudi après-midi à Clairefontaine, Antoine Griezmann a balayé les questions sur son statut avec autant d’empressement qu’il enquille les buts ces dernières semaines. « Je suis heureux comme je suis », a-t-il justifié. Sous-entendu, foutez-moi la paix avec vos questions sur ma place dans le groupe.

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Elles sont pourtant légitimes. Il en a apporté lui-même la preuve un peu plus tard, en répondant en espagnol à une consœur colombienne. « La sélection est jeune, avec beaucoup de talents. J’ai 27 ans et je suis un des plus vieux, a-t-il expliqué. Moi je veux aider les plus jeunes, les faire prendre le bon chemin. » Oups, voilà qui ressemble fort à un discours de cadre.

De toute façon, Grizou l’est de fait. Joueur le plus utilisé depuis mars 2014 (49 sélections), meilleur buteur de l’Euro, décisif lors des deux matchs au couteau face à la Bulgarie et à la Biélorussie en octobre, capitaine en fin de rencontre face au pays de Galles en novembre, l’attaquant de l’Atlético Madrid est incontournable chez les Bleus.

Peu ont son expérience en sélection et en Ligue des champions. Aucun n’a ses statistiques. Didier Deschamps se sert d’ailleurs de son exemple pour défendre Paul Pogba. « A un moment, au mois de septembre ou d’octobre, on remettait même en cause Antoine Griezmann… Pourquoi pas ! », avait répondu DD, avec cette pointe d’ironie qu’il maîtrise à merveille.

Qu’on imagine le sélectionneur mettre Giroud, Mbappé, Lemar, Dembélé ou Thauvin devant, ce sera toujours après le Mâconnais. L’Euro avait vu naître la génération Griezmann. Rêve-t-il qu’on dise en juillet prochain « l’équipe de France de Griezmann championne du monde », comme on associe Platini à 1984 et Zidane à 1998 ? Sa réponse :

Il me reste encore beaucoup de choses à faire en sélection, et notamment la plus importante : remporter un titre. Après, peut-être, on pourra se demander si je suis à la hauteur des plus grands. Mais ce n’est pas un objectif. Le principal, c’est de la remporter, tous ensemble. Ceux qui joueront moins au début seront peut-être ceux qui feront gagner les matchs importants à la fin. Je pense collectif. Le reste, on verra ça quand j’aurai arrêté le foot.

Griezmann, qui fête son anniversaire mercredi, a répété au moins trois fois pendant le quart d’heure où il est resté au micro qu’il rêvait que cette compétition soit la bonne avec les Bleus. Voilà, ça, ça l’intéresse.