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A la ramasse dans le recrutement en Ile-de-France, l'OM fait sa révolution

L’OM, à jamais les premiers, sauf dans le recrutement des jeunes en région parisienne (mais ça va changer)

FOOTBALLL’OM accuse un énorme retard concernant la supervision des jeunes talents parisiens…
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • L'OM se déplace pour la deuxième fois en quatre jours à Paris pour affronter le PSG.
  • C'est l'occasion de faire un point sur la politique de recrutement de l'OM en région parisienne.
  • Après des années à avoir délaissé la formation, l'OM de Frank McCourt a décidé de changer la donne.

Si le foot en région parisienne était une maman chat, l’OM serait ce petit matou rachitique qui peine à se faire sa place parmi ses frères et sœurs pour trouver de quoi téter. En lançant un gros chantier au niveau de la supervision des jeunes talents d’Ile-de-France, après leur intronisation en tant que président et directeur sportif de l’Olympique de Marseille, Jacques-Henri Eyraud et Andoni Zubizarreta tentent de combler le retard, énorme, que l’OM a sur ses concurrents.

Alors que le club se déplace ce mercredi soir au Parc des Princes pour le quart de finale de Coupe de France, et ce pour la deuxième fois en trois jours après la défaite de dimanche en Ligue 1, on a décidé de dresser un état des lieux de la prospection marseillaise en région parisienne.

La formation à l’OM, où le lapin d'« Alice au pays des merveilles »

D’abord le constat. Pour ça, on a demandé à Himed Hamma, entraîneur des U19 nationaux de Drancy, club de Seine-Saint-Denis, de nous donner son avis : « Tout le monde sait dans le milieu du recrutement que Marseille n’est pas du tout présent sur la région parisienne. La semaine dernière, j’étais à Clairefontaine pour les rassemblements INF, il y avait pratiquement tous les recruteurs de tous les clubs français, sauf Marseille. Mais c’est tellement normal pour nous que personne ne s’est posé la question du pourquoi de leur absence. Ça a toujours été comme ça. » Si le club n’a jamais jugé bon de dépêcher une cellule de recruteurs en Ile-de-France, c’est que pour lui, avant le rachat du club par Frank McCourt, la formation des jeunes joueurs n’était pas une priorité, voire pas un sujet tout court.

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« Le point faible de l’OM ça a toujours été la formation, il n’a jamais privilégié les jeunes, confirme un ancien joueur et éducateur au club. Il y en a très peu qui sont sortis du centre et qui sont passés pros à l’OM. » « On le voit bien avec les résultats des équipes jeunes de l’OM, poursuit le formateur à Drancy. Depuis quand Marseille n’a pas gagné une Gambardella ? Bon, ils ont fait une finale l’année dernière mais ça reste un épiphénomène. Ils n’ont pas gagné le championnat de France, en jeunes, depuis très longtemps… »

Ce n’est pas le classement des centres de formation français qui va contredire nos témoins. L’an passé, celui de l’OM pointait à une triste 20e place, derrière des clubs de Ligue 2 comme Nancy ou Valenciennes, très loin derrière ses concurrents directs lyonnais (1er), monégasque (2e) ou parisien (3e).

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Et si les choses s’améliorent progressivement, les signatures pros de Maxime Lopez, Boubacar Kamara, Christopher Rocchia et Yusuf Sari l’attestent, Marseille part avec un retard gigantesque. Retard qu’il sera difficile à combler dans l’immédiat et qui demandera de la volonté un peu, des moyens beaucoup, et du temps énormément.

Un monde à part

Avant que le président Eyraud ne débarque sur la Canebière, l’OM vivait, sur le plan de la formation, dans un monde à part où les codes qui régissent habituellement le milieu du recrutement n’avaient pas droit de cité. Pour Himed Hamma, « Marseille a fait énormément d’erreurs par le passé en engageant des gens qui n’étaient pas compétents ». De son côté, un ancien joueur marseillais, qui a aussi été entraîneur adjoint dans les catégories jeunes de l’OM, ne tourne pas non plus autour du pot et appelle un chat, un chat.

« « Marseille, c’est très particulier, c’est assez petit, tout le monde se connaît, on recrute beaucoup en fonction des affinités avec les agents et l’entourage des gamins, ça se fait au piston, aux pots-de-vin. C’est ça qui est un peu fou dans un club comme ça. Ces personnes-là travaillaient et travaillent encore aujourd’hui, pour certains, dans leur propre intérêt et non dans celui du club. C’est vraiment dommage… Et même au niveau des éducateurs, il y en a plein qui sont là depuis très longtemps, qui ne sont pas formés ou qui sont incompétents et qui sont dans ce club parce qu’ils sont amis avec untel ou untel… » »

A en croire les derniers échos, les nouveaux dirigeants ont pris conscience de la gravité du problème, du retard qu’ils accusent sur les autres, et comptent bien de ne pas rester les bras croisés. « Les dirigeants arrivent avec un œil neuf, ils sont sérieux, ils ont envie de bien travailler et c’est tout à leur honneur, salue Himed. Il y a un président qui a l’air très intelligent, qui sait ce qu’il fait, qui est bien entouré. Mais ils ont dû être surpris de voir que le club n’était pas présent dans la deuxième capitale la plus formatrice du monde (après Rio) ! Ils savent qu’ils partent de très, très loin. »

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La to do list de Jacques-Henri Eyraud

Puisqu’on est sympa à 20 Minutes, on a dressé dans l’ordre, avec l’aide du coach des U19 de Drancy, la liste des priorités à l’OM pour en finir avec cette place de cancre de la prospection des jeunes talents parisiens.

1. Choisir LA bonne personne pour mener cette mission : « Les personnes que vous allez engager, c’est d’abord de ça que va dépendre la qualité du travail effectué. Marseille va devoir se trouver son Pierre Reynaud, le responsable de la cellule de recrutement du PSG, qui est très connu et respecté auprès des clubs de la région. Il va falloir engager des personnes qui ont un certain vécu sur la région parisienne car pour réussir dans ce milieu il faut avoir une très bonne connaissance du terrain. »

2. Bâtir une team de choc : « Sur Paris, si vous n’avez pas cinq ou six personnes au minimum, vous ne pouvez pas encadrer la région comme il faut et obtenir des résultats, c’est impossible. Jusqu’ici, à l’OM, ils en avaient un… »

3. Jouer des coudes : « La nouveauté, c’est qu’en plus de tous les clubs français et les gros clubs étrangers, vous avez aussi maintenant des clubs étrangers plus modestes qui viennent prospecter, des clubs de D2 anglaise par exemple. La concurrence n’a jamais été aussi forte. Et comme Marseille part avec beaucoup de retard… »

4. Tisser des liens étroits avec les clubs : « Pour réussir en région Ile-de-France, il faut aussi un certain relationnel avec les clubs de la région qui, eux, travaillent très bien, mais voilà, il faut avoir ses entrées… »

Ce volet de l’OM Champions Project n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais c’est à ce prix-là et à ce prix-là seulement qu’il réussira à combler son retard. Et à se faire une place parmi la meute pour enfin téter un bon coup.