Bulgarie-France: «S’appeler Kostadinov, c’est un avantage pour venir jouer en Ligue 1, non? »

FOOTBALL Georgi Kostadinov, la principale menace bulgare, a répondu aux questions de 20 minutes avant le match de samedi…

Propos recueillis par Julien Laloye

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Emil a un descendant...
Emil a un descendant... — NIKOLAY DOYCHINOV / AFP
  • Il n'a aucun lien de parenté, mais son nom nous replonge immédiatement dans de très mauvais souvenirs.
  • Désormais installé en équipe nationale, Georgi Kostadinov constitue l'une des principales menaces pour les Bleus, en déplacement à Sofia samedi.
  • Le sympathique Georgi a répondu à nos questions avant cette rencontre si importante en vue de la Coupe du monde 2018.

Quand on avait découvert la feuille du match aller, il y a un an tout pile, on avait cru à un troll de génie du riant sélectionneur bulgare Petar Hubchev. Envoyer au feu un Kostadinov au Stade de France alors que le gars n’avait jamais mis les pieds en sélection, c’était carrément se foutre de nous avec le sourire. Il s’avère que ce n’était pas juste du bluff. Georgi Kostadinov n’a rien à voir avec Emil, il n’a pas la nuque longue, mais c’est un sacré petit joueur quand même, buteur lors des trois derniers matchs de la Bulgarie.

On n’avait pas réussi à gratter cinq minutes avec le bougre à Saint-Denis, mais l’oubli est réparé grâce à l’inestimable aide de l’attachée de presse de la fédération bulgare, une certaine Boriana, dont le doux prénom donne envie de lire Guerre et Paix en regardant des volées de Berbatov sur un air d’opéra. En exclusivité mondiale, donc, l’interview d’un joueur qui va peut-être nous coûter une Coupe du monde dans quatre jours. A toi Georgi.

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Georgi, je suppose que vous connaissez l’histoire du but d’Emil Kostadinov en 1993 ?

Evidemment que je la connais. Je pense que chaque fan de foot en Bulgarie se souvient de ce moment de gloire dans l’histoire de notre pays.

Vous savez qu’on a eu très peur quand on a vu que vous étiez titulaire au match aller ?

A ce point-là ? Vous me l’apprenez (rires).

Elle représente quoi, cette chevauchée fantastique, chez vous ?

C’est un but qui a ouvert la porte à cet été américain inoubliable, quand la sélection est allée jusqu’aux demi-finales de la Coupe du monde. Je pense que le but de Kostadinov est le but le plus important de l’histoire de notre sport en Bulgarie. J’ai déjà rencontré Emil, il a beaucoup de responsabilité à la Fédération, je suis honoré de le connaître.

C’est parce que vous l’admirez que vous portez le numéro 7, comme lui ?

C’est une des raisons mais pas la principale. Le 7 est un numéro spécial pour moi parce que je suis né un 7 septembre et que c’est un numéro qui me porte chance, enfin je crois.

Quel souvenir gardez-vous de votre match au Stade de France ?

Je n’aime pas parler de moi, mais je pense que j’ai rendu au coach la confiance qu’il avait placée en moi ce jour-là. J’étais très enthousiaste quand j’ai su que j’allais jouer, et j’ai ressenti une émotion incroyable une fois sur le terrain. L’atmosphère dans le stade était folle.

Laurent Koscielny lors de France-Bulgarie (4-1), le 7 octobre 2016 au Stade de France.
Laurent Koscielny lors de France-Bulgarie (4-1), le 7 octobre 2016 au Stade de France. - CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Vous aviez été nettement battus à l’époque [4-1]. Vous pensez que ça peut être différent cette fois ?

Ce sera très compliqué de rencontrer une équipe aussi talentueuse. Pour moi, la France est la sélection la plus forte du monde en ce moment, mais je pense qu’il faut qu’on soit concentrés sur ce qu’on sait faire plutôt que de penser à la France ou au résultat.

Voir la Bulgarie à la Coupe du monde, vous pensez que c’est possible ?

On a encore une chance, franchement. Rien que de penser à cette idée après plus de 20 ans de galère en équipe nationale est tellement excitant… Contre la France, chaque gars sur le terrain devra faire plus que ce qu’il a jamais imaginé pour ramener le foot bulgare à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter, parmi les meilleures nations du monde.

Il faudra que vous soyez bon alors. Vous marquez à presque tous les matchs, désormais…

Je joue dans une position assez offensive en sélection et j’ai eu la chance d’être là au bon endroit sur certains coups de pied arrêtés. Pour tout vous dire, je suis un joueur qui croit beaucoup en lui. Ça ne me surprend pas de marquer autant, mais le plus important c’est toujours de marquer et de se rendre utile lors du match d’après.

La Bulgarie est beaucoup plus forte chez elle qu’à l’extérieur, comment vous l’expliquez ?

Je pense que ça vient du fait que l’équipe est jeune et qu’elle devient très vite nerveuse quand elle n’est pas dans son élément. On n’est pas encore assez sûrs de nos schémas de jeu, de nos possibilités. C’est une simple question de temps avant qu’on soit capables de gagner des matchs loin de chez nous. Heureusement, on joue la France à Sofia.

Vous avez des modèles en équipe de France ?

J’aime bien Kanté parce qu’il travaille dur sur le terrain et qu’il donne de l’énergie à ses coéquipiers en permanence. Griezmann aussi est un super joueur, très intelligent tactiquement.

Vous aimeriez jouer en Ligue 1 un jour ?

Pourquoi pas, c’est un championnat qui ne cesse de progresser, surtout avec le PSG. Et puis bon, avec le nom que je porte, ça pourrait être un avantage pour venir jouer chez vous, non ?