France-Angleterre: Est-ce que ce match ne pourrait pas tout changer dans la tête de Deschamps?

FOOTBALL Mbappé, Dembélé, Lemar et Kanté, alignés contre l'Angleterre, ont su saisir leur chance...

Au Stade de France, Nicolas Camus

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Didier Deschamps avec ses joueurs lors de la victoire de la France contre l'Angleterre, le 13 juin 2017 au Stade de France.
Didier Deschamps avec ses joueurs lors de la victoire de la France contre l'Angleterre, le 13 juin 2017 au Stade de France. — FRANCK FIFE / AFP

Dans la vie, il y a les matchs amicaux du mois de juin largement oubliables - environ tous en fait - et puis il y a ce France-Angleterre qui, peut-être, prendra une part importante dans l’avenir des Bleus.

Alors oui, entre un match à l’extérieur comptant pour les qualifications à la Coupe du monde et un amical à la maison face à une équipe en construction, le contexte n’est évidemment pas le même. Mais il y avait trop de différences entre l’impression globale laissée en Suède et celle au Stade de France mardi pour ne pas croire qu’à un an pile du Mondial en Russie, cette victoire contre l’Angleterre compte. Plusieurs raisons à cela, en vrac :

  • Parce que quatre jours avant on avait été très déçu par cette équipe et ses cadres, notamment offensifs.
  • Parce que les gamins envoyés au charbon devant n’attendaient que ça et qu’ils ont été à la hauteur.
  • Parce qu’on a vu Pogba et Kanté jouer ensemble dans un milieu à deux et c’était booooooon.
  • Parce que le sélectionneur peut s’en vouloir de certaines choses, et que ce n’est pas rien.

On ne s’attardera pas ici sur la performance du trio Mbappé-Dembélé-Lemar, à laquelle on a consacré un article à part. En revanche, il faut essayer de voir où cela peut nous mener. Dans le 4-4-2 de Deschamps, il y a deux postes à pourvoir sur les côtés et deux en attaque. Si on installe ces trois-là, cela laisse une place pour Antoine Griezmann, chef de fil depuis l’Euro. Mais alors on sort Olivier Giroud, l’homme aux 17 buts sur ses 17 dernières titularisations en sélections avant mardi et dont le profil est unique et apprécié de DD ? Et Dimitri Payet, l’un des meilleurs joueurs de l’Euro, on l’enterre après un seul mauvais match ?

La question se pose également un cran plus bas. Titularisé à la place de Blaise Matuidi, Ngolo Kanté, le grand perdant de la disparition du milieu à trois, a été énorme contre les Anglais. Son abattage est sans égal, sa relance toujours juste. Comme par hasard, à ses côtés, Paul Pogba a réalisé mardi son meilleur match en Bleu depuis des lustres - voire depuis toujours. La couverture de l’un qui permet à l’autre d’éclairer le jeu avec le talent qu’on lui connaît, c’est plutôt sexy non ? Sauf que Matuidi, avec ses limites, n’a jamais démérité non plus.

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En tout cas, la nouveauté a eu du bon. « On a vu beaucoup de dynamisme, un bon état d’esprit. C’est bien qu’on ait pu voir ces jeunes s’exprimer », estime Raphaël Varane. « La fougue, l’enthousiasme, il nous a manqué un peu ça [en Suède], vous avez raison », concède Hugo Lloris quand on lui demande si la performance du soir ne laisse pas encore plus de regrets par rapport à la défaite de Solna.

C’est alors que revient en première ligne la question du coaching de Deschamps, jugé trop frileux la semaine dernière. Et trop conservateur. Lui qui aime répéter que « ceux qui ont fait l’Euro ont de l’avance » grâce au sacro-saint « vécu » a peut-être vu de quoi revoir quelques principes. « Ces matchs vont servir d’expérience aux joueurs, et à moi pour réfléchir », dit-il. Et quand on le relance sur la possibilité de voir les lignes bouger dans l’optique de France-Pays-Bas (le prochain match qualificatif, fin août), voici sa réponse :

« Il y a toujours des enseignements à tirer. Je vais avoir un été studieux avant la rentrée du mois d’août ».

Manière de dire que ça va mouliner sec pour trouver la meilleure option pour faire jouer cette équipe, qui reste capable de gros trous d’air aussi en défense. Tout est à prendre en compte, car Dembélé, par exemple, n’est pas encore une assurance tout risque question repli. Bref, sacré casse-tête en perspective pour DD. « Ah oui, c’est sûr, en sourit cap’taine Lloris. Mais c’est le sélectionneur, c’est lui qui doit faire des choix. Il préfère en avoir à faire que l’inverse en tout cas. »

C’est vrai, c’est là aussi une des phrases favorites de Deschamps. Il est servi. On disait déjà l’année dernière que les talents ne manquaient pas chez les Bleus. Les mois passent et il s’en rajoute toujours de nouveaux. Et personne n’a envie de gâcher tout ça. Le mot de la fin à Olivier Giroud : « On est là pour entourer cette jeune génération qui va aller très loin et emmener l’équipe de France, j’espère, au sommet ». Pas mieux.