France-Angleterre: «On se connaît par cœur», Mbappé et Dembélé ont tout cassé (feat. Lemar)

FOOTBALL Les trois jeunes joueurs ont profité de ce match amical pour montrer de quoi ils étaient capables...

Au Stade de France, Nicolas Camus

— 

Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé ont brillé lors de France-Angleterre en match amical, le 13 juin 2017.

Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé ont brillé lors de France-Angleterre en match amical, le 13 juin 2017. — Michael Zemanek/Shutter/SIPA

La compo de départ nous faisait saliver, et on n’a pas été déçu. Quatre jours après un match en Suède où les cadres installés par Didier Deschamps n’ont pas été au niveau, un sacré vent de fraîcheur a balayé le Stade de France pour la rencontre amicale face à l’Angleterre, mardi. Thomas Lemar, 21 ans, sur le côté gauche, Ousmane Dembélé, d’un an son cadet, à droite, avec devant eux Kylian Mbappé, tout juste majeur… ces trois-là ont bien profité de la fenêtre ouverte par le sélectionneur et portés les Bleus vers la victoire (3-2).

Celui qui a joué le plus juste est certainement Lemar, aussi impeccable dans ses choix offensifs que sur son repli défensif et dont le coup franc déposé sur la tête de Giroud a amené l’égalisation d’Umtiti. De quoi faire le bonheur de DD. Pour celui du public, il faut en revanche se tourner vers ses deux comparses.

Mbappé et Dembélé en ont mis plein les mirettes de tout le monde et plein le dos des pauvres défenseurs anglais. Accélérations, crochets, feintes de corps, tout le répertoire y est passé. « Ce sont deux joueurs qui ont la vitesse et la percussion, qui ont fait mal à cette défense anglaise rugueuse mais pas très rapide », commente Deschamps.

La performance de l’ailier du Borussia est à nuancer, tout de même. Son repli défensif n’est pas celui de Sissoko et en cela, il est en partie responsable des grandes difficultés de Sidibé. Il doit également épurer son jeu et éviter le dribble de trop, à l’image de cette contre-attaque où il fait tout bien mais oublie à la fin trois partenaires dans la surface pour mettre une frappe cinq mètres à côté (37e). Mais alors que les Bleus étaient à dix après l’expulsion - archi sévère - de Varane (47e), sa deuxième période a été magnifique et son entente avec le prodige monégasque a fonctionné à plein.

« Avec Ousmane, on est amis. On a ce qu’on appelle une complémentarité naturelle, explique papa Mbappé, toujours aussi effrayant de sérénité devant les micros en zone mixte. On n’a pas besoin de jouer dix fois ensemble. Première fois qu’on débute ensemble. On se connaît quasiment par cœur. Je sais quand il va faire son crochet, il sait quand je vais faire le mien. Je sais quand il va passer, quand il va tirer. » Ça paraît simple, dit comme ça. Aussi simple que le troisième but des Bleus qui est venu récompenser tout ça (78e).

Cela aurait pu se passer plus tôt. Mbappé avait déjà offert en première période un caviar à son pote, qui avait préféré tirer à côté. On aurait aussi pu voir les rôles s’inverser dans les arrêts de jeu du match, avec cette fois un service de Dembélé mais ce n’était pas le soir du Monégasque à la finition. Sa frappe sur la barre transversale après avoir mis ses adversaires sur les fesses d’un crochet méritait mieux.

« On va en reparler, encore et encore »

On se sera en tout cas levé plus d’une fois de notre siège grâce à ces deux-là. « Moi, ça ne m’étonne pas trop de les voir à ce niveau, indique Samuel Umtiti. Ils sont très impressionnants, je les vois aussi à l’entraînement alors je connais leur talent. Ce sont vraiment des joueurs exceptionnels. Il faut qu’ils gardent la tête sur les épaules, je pense qu’on va en reparler, encore et encore. »

Dès fin août contre les Pays-Bas pour un match crucial en vue de la qualification au Mondial 2018, par exemple ? Le peuple dira certainement oui, mais c’est un débat qui sera tranché par Deschamps. Lemar, Mbappé et Dembélé ont en tout cas le grand mérite de l’avoir ouvert.