Equipe de France: «Ce n'est pas avec une équipe ultra-offensive qu'on marque», Deschamps se défend

FOOTBALL Après la défaite en Suède, le sélectionneur est accusé d'être trop frileux...

20 Minutes avec AFP

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Didier Deschamps et Olivier Giroud en Suède
Didier Deschamps et Olivier Giroud en Suède — SIPA

La défaite de l'équipe de France vendredi en Suède (2-1), qui lui a fait perdre sa première place de groupe en qualifications au Mondial-2018, a amené Didier Deschamps à justifier ses choix tactiques, à l'option défensive critiquée.

Il y eut évidemment l'incroyable syndrome de Stockholm footballistique, lorsque le gardien Hugo Lloris a offert à ses adversaires le but de la victoire. Mais le match qui s'acheminait alors vers le nul 1-1 s'encombrait déjà d'une certaine frilosité française.

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«Quand elle affronte la Suède, (l'équipe de France) doit avoir l'ambition de se comporter en patronne. Vendredi, elle a fini par perdre un match largement à sa portée pour avoir accepté de jouer le jeu des Suédois, qui n'avaient que leur générosité et leur combativité à opposer».

Bixente Lizarazu a ainsi fait écho à la vox populi en critiquant dans L'Equipe dimanche, fût-ce de manière feutrée, la timidité des Bleus chaperonnés par son capitaine du doublé Mondial 1998/Euro 2000.

Blaise Matuidi, venu en conférence de presse dimanche à Clairefontaine, a admis que, «l'équipe en général aurait pu se positionner plus haut sur le terrain».

«Ce n'est pas en ayant une équipe ultra-offensive qu'on marque des buts. Je n'ai pas mis que des défenseurs, puisqu'on avait deux attaquants axiaux (Olivier Giroud et Antoine Griezmann, ndlr), plus "Dim" (Payet), plus Paul (Pogba) qui est dans la création», s'est défendu Deschamps dimanche sur TF1.

«Après, que certains joueurs dans le domaine offensif n'aient pas eu leur rayonnement, leur influence... Quand il y en a un c'est difficile, s'il y en a deux c'est beaucoup plus compliqué».

Deschamps a renvoyé la responsabilité du jeu sur la méforme des joueurs du secteur offensif, seul Giroud échappant au marasme avec un bilan personnel positif, reposant notamment sur un but marqué.

Il est de la responsabilité du sélectionneur de n'avoir fait que deux changements, tardifs, avec l'entrée en jeu pour le dernier quart d'heure seulement de Kylian Mbappé et Thomas Lemar (à la place de Griezmann et Payet), qui ont apporté un nouveau souffle, surtout le second.

Le binôme monégasque Mendy-Lemar n'a du coup pas eu beaucoup de temps. Pourtant, comme l'a relevé Benjamin Mendy en conférence de presse dimanche, «on s'entend les yeux fermés sur le terrain, c'est une bonne chose pour Monaco et c'est un plaisir quand on se retrouve ici», en équipe nationale.

«Moussa a fait du Moussa»

Et c'est aussi DD qui a choisi de laisser Ousmane Dembélé sur le banc, alors que l'ailier droit de 20 ans présentait des progrès constants en Bleu. Et son profil de dribbleur aurait pu apporter une nouvelle solution.

Mais Deschamps a choisi de titulariser et maintenir Sissoko. Une manière de revendiquer son option défensive et sa prime à l'expérience, comme il l'avait expliqué à la veille du match: «Ousmane est beaucoup plus offensif, capable de fulgurances. Mais il ne fait pas les replacements aussi bien que Moussa, qui a aussi un vécu plus important».

Dimanche, le sélectionneur a rappelé la nécessité de préserver «l'équilibre» de son équipe, et défendu Sissoko mordicus: «Moussa, il a fait du Moussa. Quand je le mets, je sais que, même s'il a fait un très bon championnat d'Europe, il n'est pas dans la créativité mais il a fait son match par rapport à ce que j'attends de lui. Après, ça dépend des joueurs autour, aussi».

Les Bleus ont rendez-vous avec l'Angleterre mardi en match amical au Stade de France pour clore leur saison, et DD a déjà annoncé qu'il n'alignerait «pas la même équipe». Mais c'est surtout le 31 août, dans la même enceinte face aux Pays-Bas en éliminatoires, que sa stratégie et l'attitude de son équipe seront scrutées.