VIDEO. Barça-PSG: «Cauchemar», ambiance d’«enterrement»… L'après-match déprimant des Parisiens

FOOTBALL Du coup de sifflet au final au retour dans le bus...

B.V.

— 

Le gardien du PSG, Kevin Trapp, K.O. après la défaite 6-1 et l'élimination par Barcelone en ligue des champions, le 8 mars 2017.
Le gardien du PSG, Kevin Trapp, K.O. après la défaite 6-1 et l'élimination par Barcelone en ligue des champions, le 8 mars 2017. — LLUIS GENE / AFP

De notre envoyé spécial à Barcelone,

Il est resté tout seul pendant cinq bonnes minutes au milieu de la pelouse, prostré, après le coup de sifflet final. Stat incroyable, mercredi soir, Kevin Trapp est le joueur parisien qui a touché le plus de ballons, et on ne compte même pas ceux qu’il est allé chercher dans ses filets… Complètement hébété, le gardien parisien est le seul à ne pas être rentré directement cacher sa tristesse/colère/honte au vestiaire.

Trente minutes plus tard, il passe devant les journalistes en zone mixte. Sans s’arrêter, comme la majorité de ses coéquipiers. Sans même lâcher un « désolé, pas ce soir » d’usage. On a fait les comptes : seuls Verratti, Thiago Silva, Meunier et Rabiot ont fait leur boulot devant nos micros. Ah oui, et Hatem Ben Arfa aussi, qui n’avait pourtant pas joué. Et c’est lui qui décrit le mieux le décor de cet après-match.

« Tout le vestiaire était très abattu. Cette défaite est terrible. Il va falloir vite évacuer cette soirée. J’espère qu’elle va pas nous plomber mentalement. »

Pour le résumé, c’est parfait. On ose à peine imaginer la douche la plus triste de l’histoire, le silence de mort du vestiaire, les regards fuyants de joueurs qui ne peuvent pas se regarder dans les yeux…

Dans une sorte de scène de fin du monde, les Parisiens passent les uns après les autres en zone mixte le visage fermé. Le pas lourd, incroyablement lent, presque sonné, Thomas Meunier s’arrête. « Dans le vestiaire ? Une ambiance d’enterrement, il n’y a rien à faire, tu peux te qualifier en perdant 5-1 et le but qu’il ne faut pas prendre, tu le prends… C’est vraiment incroyable, dans l’histoire personne n’a jamais fait ça… »

Même le président Nasser al-Khelaifi ne semble pas avoir élevé la voix ou fait part de sa frustration à ses joueurs. « Les joueurs sont comme moi… C’est très dur. C’est un cauchemar pour tout le monde… » « Je n’ai rien dit dans le vestiaire, tu veux dire quoi, poursuit le capitaine Thiago Silva. Il faut juste réfléchir. Dans la tête c’est encore trop chaud. Perdre comme ça, c’est le pire. C’est dur à digérer. Maintenant tous on doit réfléchir car c’est un résultat qui fait mal, très mal. »

>> A lire aussi : Barcelone-PSG: Neymar achève les Parisiens sur Instagram

A dire vrai, c’est presque aujourd’hui qu’on a vu le plus de sincérité dans les yeux des joueurs face aux journalistes après un match. Tous étaient perdus, désespérés. Allez, on vous a choisi trois belles et fortes déclarations pour résumer tout ce qui passe dans les têtes parisiennes en ce moment. Et ce n’est pas beau à voir.

Verratti : « On savait que tous les joueurs de Barcelone sont meilleurs que nous. La seule chose à faire, c’était de jouer en équipe, de jouer ensemble. On dit pardon aux supporters. »

Thiago Silva : « Comme capitaine, je suis très fier de mes joueurs, malheureusement aujourd’hui rien n’a marché, on n’a pas réussi à mettre en place ce qu’on avait préparé et le Barca a concrétisé beaucoup de ses occasions. Malheureusement ça fait mal. Mais les grands joueurs, ce sont ceux qui sortent le plus vite de ça. Des moments comme ça, on en a eu dans la vie et on a réussi à en sortir, ce n’est pas cette fois qu’on va rester la tête basse. C’est difficile pour nos supporters qui étaient là, mais on doit continuer à travailler. »

Unai Emery : « Il faut assumer. C’était une opportunité de croire et nous l’avons ratée. (Sur son avenir) Pour tous ceux qui font partie du PSG, les joueurs, le staff, les supporters, c’est un mauvais moment, ce qui s’est passé sur le terrain est une expérience très négative. Nous avons perdu une opportunité de grandir. C’est une expérience négative pour moi. Simplement, on apprend des expériences négatives »

Près d’une heure et demie après la fin du match, le bus parisien a pu quitter le Camp Nou. Et on imagine qu’à l’intérieur, personne n’a demandé au chauffeur de lancer son CD des meilleurs sketchs de Muriel Robin.