La Coupe du monde à 48 équipes? Merci Gianni, mais pour nous ce sera un grand non

FOOTBALL Le président de la Fifa aimerait que le Mondial accueille plus de nations, dans une compétition organisée dans plusieurs pays...

N.C.

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Gianni Infantino lors du match amical Italie-France à Bari, le 1er septembre 2016.
Gianni Infantino lors du match amical Italie-France à Bari, le 1er septembre 2016. — CIAMBELLI/SIPA

Là, on y va tout droit. Gianni Infantino a confirmé jeudi matin qu’il était très favorable à l’idée d’une Coupe du monde à 48 nations organisée dans plusieurs pays. Si le président de la Fifa s’avance comme ça sur le sujet, on peut imaginer que la réforme va bien prendre corps, sûrement à l’horizon 2026. Comme d’habitude, il y aura les pour et les contre. A 20 Minutes, on a choisi notre camp et on vous explique pourquoi - sans même parler de la recherche évidente de profits de la Fédération internationale (plus de matchs, plus de pubs, plus de droits TV, etc.).

>> Parce que c’est un peu prendre les « petites nations » pour des billes

L’idée du président de la Fifa, c’est 16 équipes qualifiées directement + 32 autres qui disputent un barrage pour définir les 16 autres qualifiées. Et donc faire, au final, une compétition à 32 sur le même format qu’aujourd’hui. On peut donc se demander si cette idée ouvrirait réellement « plus de chances à plus d’équipes », comme le dit Infantino.

Car la Nouvelle-Zélande, la Jordanie, Oman ou le Panama n’auraient pas plus les moyens de passer ce barrage que celui qu’ils disputent actuellement après leur phase de qualification face à un adversaire venant d’une autre confédération (pour accéder au Mondial 2014, le premier de la zone Océanie devait battre le cinquième de la zone Concacaf et le meilleur troisième de la zone Asie le cinquième de la zone Amérique du Sud, par exemple). Au final, le seul changement serait qu’ils auraient officiellement « perdu en Coupe du monde », et pas juste avant.

>> Parce que ça va être un beau boxon niveau organisation

On revient à cette histoire des « 16 meilleures équipes issues des qualifications directement en phase de poule ». Ok, mais comment on répartit les places ? Aujourd’hui, ça donne ça :

  • AFC (Asie) : 46 équipes - 4 ou 5 qualifiés
  • CAF (Afrique) : 53 équipes - 5 qualifiés
  • CONCACAF (Caraïbes, Amérique Centrale et du Nord) : 35 équipes - 3 ou 4 qualifiés
  • CONMEBOL (Amérique du Sud) : 10 équipes – 5 ou 6 qualifiés
  • OFC (Océanie) : 11 équipes - 0 ou 1 qualifié
  • UEFA (Europe) : 53 équipes - 13 qualifiés

Pour arriver à 16, certaines confédérations vont devoir lâcher du lest. Lesquelles ? Dans quelle proportion ? On imagine les discussions animées à la Fifa, quand chacune défendra sa cause pour éviter à un maximum de ses équipes de passer par ces matchs couperets.

>> Parce que ça fait cher le déplacement pour un match pour les supporters

Génial, votre équipe est qualifiée pour la Coupe du monde 2026 ! Vous préparez vos valises, videz votre PEL pour vous offrir le voyage, la place au stade et le logement… et voir vos petits protégés éliminés après 90 minutes de jeu. Légèrement frustrant.  Ajoutez à ça que si vous avez la chance de participer à la « vraie Coupe du monde », il va falloir se balader entre plusieurs pays et donc ajouter à la facture quelques billets d'avion. Ça commence à faire beaucoup, non?

Bref, on peut penser que les stades auront du mal à se remplir pour cette phase éliminatoire, les supporters attendant de savoir si leur équipe nationale aura au moins trois matchs à disputer et s’ils auront donc l’impression d’avoir vraiment assisté à un Mondial.

>> Parce que ça va être une énorme galère pour les staffs

Bon, on les case où alors ces fameux barrages ? « Sur le calendrier, il n’y aurait pas d’impact car ces matchs-là se joueraient avant le Mondial à la place des matchs amicaux », répond Gianni Infantino. Voilà une déclaration qui n’inquiétera pas du tout les sélectionneurs et leur staff. Une grande compétition internationale n’est jamais simple à préparer. Les joueurs, pour les principales nations, sortent d’une saison à rallonge et se présentent dans des états de forme disparates.

Ce n’est pas vraiment la même chose de disputer un amical où l’unique but est de remettre tout le monde d’aplomb qu’un match de qualification importantissime pour tout un pays. Mais c’est peut-être là où la Fifa veut en venir quand elle évoque de plus grande chances pour les « petites » équipes, qui elles pourront se permettre de mobiliser tous leurs joueurs deux mois avant.

>> Parce que la ferveur autour du Mondial va en prendre un sacré coup

L’intérêt d’un Mondial, c’est de réunir les meilleures nations sur un territoire le temps d’un tournoi. Mais aussi (surtout ?) des supporters venus des quatre coins du monde qui ont là l’occasion de se rencontrer et faire la fête ensemble. C’est aussi cucul que vrai à dire. Eparpiller les matchs sur plusieurs pays, voire plusieurs continents, c’est toute une atmosphère si singulière à cette compétition que l’on risque de foutre en l’air.

Des Brésiliens + des Ecossais.
Des Brésiliens + des Ecossais. - CORET/SIPA

>> Parce qu’on n’a pas envie de voir les Bleus se faire sortir en barrage par le Chili où on ne sait pas quelle équipe relou à jouer

Tout jouer sur un seul match, à peine préparé, ça sent forcément le fiasco. Se faire sortir parce qu’on passe à côté d’une unique rencontre arrivée beaucoup trop tôt, ou tout simplement parce qu’on n’a pas su se dépêtrer d’une équipe passionnée par le garage de bus, c’est quand même ballot. Et on voit bien les Bleus se faire avoir plus souvent qu’ils ne devraient à ce petit jeu.