PSG: Entraînement, muscu, jeu sans ballon... Hatem Ben Arfa est-il vraiment fainéant?

FOOTBALL Hatem Ben Arfa serait mis au placard par Unai Emery parce qu'il ne bosse pas assez...

W.P. et J.Lau,

— 

On a légendé la photo pour vous
On a légendé la photo pour vous — Christophe Saidi/SIPA

Cette fois-ci, Jamel Debbouze était à ses côtés mais ça ne change pas grand-chose. Contre Dijon, Hatem Ben Arfa, absent de la liste d’Unai Emery, était encore installé en tribunes, le visage fermé. Pourquoi ? Difficile à dire, bien que les bruits de couloirs parlent de l’insatisfaction de l’entraîneur basque face au manque de travail de son attaquant, qu’il considère d’ailleurs comme un peu trop gras. Et pas vraiment obsédé par le régime weight-watchers pour perdre ces quelques kilos en trop. Bref, Hatem Ben Arfa serait donc fainéant, du moins sur l’échelle stakhanoviste d’Unai Emery.

Car aux yeux du nouveau coach du PSG c’est clair, il n’y a aucune frontière entre la manière dont on s’entraîne et la manière dont on joue. « Je crois que l’on joue exactement comme l’on s’entraîne. Si tu t’entraînes en étant dynamique et concentré, alors tu le seras aussi le dimanche », disait le Basque en avril à Tuttosport.

>> A lire aussi : PSG: Ben Arfa? «A un moment donné, ça va péter», assure un proche

Et pour Ben Arfa, ce serait tout le problème. Son coéquipier Thomas Meunier le décrit plutôt comme « un joueur de match », qui « aime faire des différences, dribbler. » Par opposition donc au joueur d’entraînement ?

Une chose est sûre, le feu-follet français n’est pas Cristiano Ronaldo. Là où l’attaquant bodybuildé passe des pompes claquées sans forcer, le Parisien s’illustre en bâclant les siennes. Pas étonnant, donc, si David Luiz le chambrait en pleine préparation d’avant-saison. « Hatem, pour l’entraînement c’est le dernier mais pour manger c’est le premier », déclarait-il alors (à 3 minutes, dans la vidéo).

Courir, oui, mais avec le ballon

>> A lire aussi : Ça devient vraiment inquiétant pour Ben Arfa, toujours pas convoqué par Emery

On l’aura compris, Ben Arfa n’est pas un homme de corvées. Tant qu’il est sur le terrain et qu’il a le ballon, tout va bien : il oriente le jeu, dribble, invente, délivre des passes décisives et marque des buts (parfois géniaux). Ça a toujours été comme ça, y compris à l’entraînement, comme en témoigne Armand Garrido, son ancien coach au centre de formation de l’OL, qui précise avant tout que « ce n’était pas la même époque », et que Ben Arfa n’était pas encore pro.

« Hatem aimait avant tout le jeu et s’entraîner par le jeu. Ce n’est pas un garçon qui aimait les entraînements physiques et les répétitions de gestes. Son truc, c’était les exercices de centres et de jeu devant le but. Dès qu’il y avait du jeu, s’entraîner n’était pas un problème pour lui. Après, Hatem est un joueur atypique. Il est tellement talentueux que tu te dis des fois qu’il n’y a pas besoin de l’entraîner. »

Yven Moyo, ancien coéquipier de Ben Arfa à Newcastle et aujourd’hui à Laval, va dans le même sens. « Il travaillait beaucoup avec le ballon. Il prolongeait ses entraînements pour faire des slaloms, pour perfectionner sa conduite de balle. »

>> A lire aussi : PSG-Arsenal: Ecarté du groupe, Ben Arfa a été convoqué pour un entraînement individuel à la place

« Il se foutait un peu des jeux défensifs »

Fin 2014. Ben Arfa est à Paris et s’interroge sur son futur. Il vient de se faire lourder d’Hull City par le coach Steve Bruce, quelques jours après voir sorti le natif de Clamart à la 35e minute d’un match contre Manchester United pendant lequel le Français n’avait quasiment pas couru. Tellement pas couru qu’à l’issue de la rencontre, Steve Bruce se rend compte que son gardien de but avait couvert une plus grande distance que son attaquant ce soir-là.

L’anecdote est édifiante, et démontre bien que, plus que les entraînements, c’est donc le jeu sans ballon, et plus précisément les tâches défensives, qui posent problème à l’ancien de l’OGC Nice. Sandy Paillot, ancien défenseur de l’OL l’ayant connu en U19 puis avec les pros jusqu’en janvier 2008, peut en témoigner.

« Hatem était vraiment facile à l’entraînement. Comme il n’avait pas besoin de forcer ou de beaucoup courir, il était parfois un peu en dilettante. A un moment donné, quand tu as autant de facilités que lui… Parfois, on sentait bien qu’il se foutait un peu des jeux défensifs. Mais ça ne gênait personne car comme en match, il faisait la différence dès qu’on lui redonnait le ballon. Il fallait qu’il garde du jus pour attaquer. »

Le hic c’est qu’à Paris, Ben Arfa n’est plus l’exception. Il ne domine plus le game comme chez les jeunes de l’OL. Comme l’a justement expliqué Thomas Meunier, « il y a beaucoup de joueurs qui ont pas mal de qualités. La concurrence est féroce. » L’international tricolore doit donc revoir ses habitudes pour se mettre au niveau.

« Ben Arfa a pris beaucoup de muscle après sa blessure de 2010 »

Mais est-il pour autant réellement fainéant ? Blaise Matuidi a dernièrement juré que Ben Arfa était « un bosseur. Il bosse énormément que ce soit sur le terrain ou en salle. »

D’ailleurs, selon Yven Moyo, la carrure du Français, que d’aucuns jugent gros, est surtout celle d’un « gars qui fait beaucoup de musculation depuis sa fracture de la jambe contre Manchester City en 2010 parce qu’il n’a pas envie de connaître une nouvelle blessure de ce style. Il a tout de suite pris beaucoup de muscle aux bras et aux jambes à l’époque, c’était impressionnant. »

Preuve ultime que le placardisé néglige de moins en moins son hygiène de vie, il aurait dernièrement engagé un coach personnel pour parfaire son explosivité. Reste maintenant à savoir combien de temps il tiendra au placard, sachant qu’à Séville, l’Argentin Ever Banega était resté dans l’ombre pendant six mois avant de devenir l’un des hommes forts d’Unai Emery. Six mois, c’est long…