Euro 2016: Faut-il craindre le France-Angleterre qui nous tend les bras en quart de finale?

FOOTBALL Le nul surprise (0-0) des Anglais face à la Slovaquie, lundi à Saint-Etienne, les envoie dans la partie de tableau des Bleus, qu'ils pourraient bien affronter en quart le 3 juillet au Stade de France...

Jérémy Laugier

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Le dernier affrontement entre les Bleus de Yohan Cabaye et l'Angleterre de Gary Cahill (0-2) avait eu lieu dans un contexte extrêmement particulier, quatre jours après les attentats du 13 novembre 2015.
Le dernier affrontement entre les Bleus de Yohan Cabaye et l'Angleterre de Gary Cahill (0-2) avait eu lieu dans un contexte extrêmement particulier, quatre jours après les attentats du 13 novembre 2015. — ADRIAN DENNIS / AFP

A Saint-Etienne,

La voie royale vers le dernier carré de l’Euro s’est transformée en voie princière pour les Bleus lundi soir. Car devant William, la sélection anglaise n’a pas su l’emporter à Saint-Etienne face à la Slovaquie (0-0), laissant du même coup à la surprise générale la première place du groupe B au Pays de Galles. Un rebondissement impactant à moyen terme l’équipe de France, qui pouvait s’imaginer un tableau final digne d’éliminatoires au rabais en défiant par exemple l’Irlande du Nord en huitième de finale puis les Gallois ou l’Islande en quart.

Dans un scénario autrement plus relevé, les hommes de Didier Deschamps pourraient tomber sur la Croatie dimanche à Lyon. En cas de qualification, ils sont surtout certains de défier ensuite, le 3 juillet au Stade de France, le vainqueur du huitième de finale entre l’Angleterre et le deuxième du groupe F, qui pourrait être le Portugal. Finalement, faut-il flipper de ce choc qui se dessine contre les « Three Lions » ?

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Un peu, au niveau du match des tribunes

La démonstration de force du peuple anglais a été impressionnante lundi à Saint-Etienne. Près de 30.000 supporters ont envahi avec une passion assez dingue un Chaudron qui a parfaitement porté son nom. Lorsque les partenaires de Joe Hart ont (souvent) ronronné au milieu du terrain, le public a su les inciter à jouer plus vite vers l’avant avec de grandes clameurs. De même, en fin de rencontre, un chant basique mais diablement efficace « la la la la la, England » a été repris et tenu en chœur pendant plus de dix minutes.

Les abords du stade Geoffroy-Guichard ont basculé dans une véritable folie british lundi.
Les abords du stade Geoffroy-Guichard ont basculé dans une véritable folie british lundi. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Dans ces conditions, la Slovaquie a souffert comme jamais dans la rencontre, ne parvenant même plus à dépasser la ligne médiane. Et que dire du God Save the Queen a cappella qui a scotché tout le monde pendant le match. On imagine mal les supporters français insuffler ce type de pression. Il s’agira donc au moins de ne pas (trop) la subir. Il serait quand même malvenu de jouer à l’extérieur dans son Stade de France, comme cela avait été le cas lors d’un France-Irlande en 2004.

Non, au niveau de la maîtrise technique et de l’efficacité offensive

Rares sont les sélections convaincantes depuis le début de cet Euro, à commencer par les Bleus. Mais cette équipe d’Angleterre ne compte pas dans ses rangs un joueur actuellement en mesure de signer l’époustouflant début de rencontre de Paul Pogba contre la Suisse ou d’inscrire deux buts aussi techniques que ceux de Dimitri Payet. Sur leurs trois réalisations durant ce premier tour de l’Euro, Wayne Rooney et les siens ont pu compter sur un joli coup franc de Dyer contre la Russie (1-1), puis un coup de billard improbable (Vardy) et une boulette de gardien (Sturridge) face aux Gallois (2-1).

A la peine pour faire le jeu lundi à Saint-Etienne, les Anglais ont tout de même tiré à 29 reprises [seulement 5 cadrés] sans trop mettre en danger le gardien slovaque. Sterling est en plein doute comme avec Manchester City, Vardy et Kane ne sont pas dans la forme de leur vie, Sturridge n’est pas encore assez tueur devant le but et Rooney évolue à présent en tant que milieu de terrain, rarement très proche de la zone de vérité.

Un peu car l’Angleterre va enfin pouvoir jouer le contre

S’il n’y a pas plus de jeu côté anglais, c’est à la fois car la sélection manque de créateurs de talent [hormis Lallana, Alli et Rooney] et parce que Roy Hodgson n’a jamais songé à faire marcher son équipe sur les traces de la Roja. C’est juste qu’affronter au premier tour des adversaires aussi limités que la Russie, le Pays de Galles et la Slovaquie était guère compatible avec l’envie de subir et d’évoluer en contres.

« Ce serait intéressant pour nous de jouer face à l’équipe de France, dont le style est bien plus offensif que ce que nous avons pu rencontrer jusque-là, a confié lundi le sélectionneur anglais. Ça pourrait nous permettre de montrer qu’on sait bien jouer en contre-attaque. » Attention donc à cette identité assumée et potentiellement dangereuse.

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Non car il suffit de pousser les Anglais aux tirs au but pour se qualifier

Le running gag est revenu sur le tapis lundi en conférence de presse. Un journaliste britannique a en effet demandé, le premier tour à peine conclu, comment la sélection pourrait espérer se qualifier en cas de nul comme contre la Russie et la Slovaquie. Roy Hodgson a évidemment compris la référence aux déboires récurrents lors des séances de tirs au but majeures.

« Les joueurs s’entraînent tous les jours à en frapper mais on sait bien en Angleterre qu’il n’est pas pareil d’en réaliser à l’entraînement ou après un match. Mais ce n’est pas perdu en cas de séance et on peut surtout l’emporter avant cette épreuve », a expliqué le sélectionneur après avoir ri jaune. Lors de ses neuf derniers grands tournois, les Three Lions ont été éliminés à six reprises aux tirs au but [sur sept séries]. Une lose à perpétuer, même face à Hugo Lloris, qui n’est vraiment pas un spécialiste.