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Les supporters russes sont sympas, ils jouent au foot pour le prouver

Euro 2016: Oui, les supporters russes sont sympas, et ils jouent au foot pour le prouver

FOOTBALLSoucieuse de donner une bonne image de la Russie, une association de supporters a disputé un match contre des Gallois, ce lundi avant la rencontre de l’Euro 2016 à Toulouse...
Nicolas Stival

Nicolas Stival

Un match de foot Russie – pays de Galles a déjà eu lieu ce lundi et il s’est parfaitement déroulé. Bon OK, il ne s’agissait pas de l’affiche de l’Euro 2016 au Stadium de Toulouse, prévue à 21 h et classée « à risque ». Mais d’une rencontre entre supporters des deux nations, sous le cagnard de midi à Castanet, dans la banlieue sud-est de la Ville rose.

Jean-Luc Mercadal, dirigeant de l'US Castanet.
Jean-Luc Mercadal, dirigeant de l'US Castanet. - N. Stival / 20 Minutes

« Quand il y a eu France – Russie au Stade de France (le 29 mars, en amical), le président de l’association Russia Unites en a profité pour caler des matchs pendant l’Euro, explique Jean-Luc Mercadal, en charge des opérations spéciales à l’US Castanet, club de CFA 2 (cinquième division). Il a contacté une restauratrice russe de la ville, qui m’a mis en contact avec lui. » Les incidents entre hooligans lors du Russie – Angleterre auraient pu compromettre la tenue du match.

« Lorsque ça a pété à Marseille, j’en ai parlé avec le président du club, et je lui ai dit que ce n’était pas du tout l’image que cet homme m’avait renvoyée, poursuit le sexagénaire, par ailleurs volontaire UEFA pour l’Euro. Lorsque nous nous étions rencontrés, je lui avais dit que je savais qu’il y avait des barjots dans le championnat russe. Mais il m’avait dit que je n’avais rien à craindre, qu’il s’agissait d’un club de supporters officiel. »

Edward Latypov, président du fan-club officiel de l'équipe de Russie
Edward Latypov, président du fan-club officiel de l'équipe de Russie - N. Stival / 20 Minutes

Le match a finalement été maintenu, avec tout de même l’envoi de quelques gendarmes, au cas où… Au grand soulagement d’Edward Latypov, le fameux interlocuteur de Jean-Luc Mercadal. « Vous pouvez trouver des hooligans dans tous les pays, balaie en anglais ce responsable d’une boîte de conseil aux entreprises à Saint-Petersbourg, âgé de 48 ans. Nous voyons l’Euro comme une grande opportunité de rencontres entre supporters. Nous sommes très amicaux. » Un tournoi entre fans anglais et russes avait déjà été organisé dans la banlieue de Marseille, avant les débuts des deux équipes dans l’Euro. En revanche, après les fameux incidents, il n’y avait pas eu de match en marge de la rencontre contre la Slovaquie à Lens.

Упорная борьба и гол в ворота валийцев!

Posted by Клуб болельщиков сборной России «Russia Unites» on Monday, June 20, 2016

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Cette fois, les joueurs de Russia Unites, qui ont « de 25 à 60 ans », indique Edward Latypov, affrontent des Gallois globalement plus jeunes. Le niveau des protagonistes est hétérogène, mais le match pas désagréable à suivre. « Je crois que notre numéro 10 a joué à Samara, en D1 », indique Dimitri, seul francophone au sein d’une équipe venue de toute la Russie. « Vous voyez, il y a une très bonne atmosphère, poursuit ce poissonnier de Montpellier. C’est dommage de penser que tous les fans russes sont des hooligans. »

Allongé au premier plan, le fameux numéro 10 qui aurait joué en D1 russe.
Allongé au premier plan, le fameux numéro 10 qui aurait joué en D1 russe. - N. Stival / 20 Minutes

« Cela se passe bien, confirme à la pause Yves Thouilleux, arbitre officiel membre de l’US Castanet. Le problème de ce type de matchs, c’est lorsque certains ont bu avant. Mais là, ce n’est pas le cas. » Il se murmure pourtant que quelques verres de cognac et pas mal de bières ont été éclusés la veille au soir…

Photos de groupe avant et après le match, hymnes nationaux, embrassades et même distributions de médailles par Russia Unites… Devant quelques dizaines de spectateurs, dont beaucoup de Russes, le match s’est déroulé sans accroc, pour se terminer sur un score nul (3-3), arraché in extremis par les Gallois, qui ne lèse personne.

Luke James, le (très bon) gardien gallois, journaliste politique à Londres dans le civil.
Luke James, le (très bon) gardien gallois, journaliste politique à Londres dans le civil. - N. Stival / 20 Minutes

Russia Unites ne laisse rien au hasard.
Russia Unites ne laisse rien au hasard. - N. Stival / 20 Minutes

Personne, sauf quelques joueurs de Castanet et des environs. Car à l’origine, ce match amical devait opposer une poignée de fans russes à une équipe française, sous la forme d’un huit contre huit sur la largeur du terrain, comme dans les catégories U10-U11. Au dernier moment, les Russes, plus nombreux que prévu, ont invité leurs homologues gallois… Dirigeant de l’US Castanet, Jean-Bernard Biau avait bâti un groupe, tant bien que mal. « J’ai réussi à trouver huit joueurs, des plus de 60 ans ou des moins de 20 ans, car les autres n’étaient pas trop disponibles », explique le sexagénaire.

Finalement, après avoir passé une bonne demi-heure à s’échauffer, lui et ses collègues repartiront à la douche. Les supporters des deux camps voulaient à tout prix jouer une deuxième mi-temps les uns contre les autres, puis intégrer les Français lors d’une troisième période qui n’aura finalement jamais lieu.

Cette fausse note n’a pas ôté le sourire à Edward Latypov. L’opération séduction, suivie par de nombreux médias, est réussie. « Rendez-vous en Russie en 2018 » nous dit-il lorsque nous prenons congé. C’est important d’afficher une belle image quand on se prépare à organiser une Coupe du monde. Pourvu que ça dure jusqu’à ce lundi soir, après ce qui sera peut-être le dernier match de l’Euro 2016 pour la Sbornaya.