Euro 2016: Mais comment les Bleus ont pu être aussi nuls pendant une heure?

FOOTBALL Les deux buts inscrits en fin de match ne doivent pas faire oublier les difficultés de l’équipe de France…

Nicolas Camus
Olivier Giroud lors de France-Albanie, le 15 juin 2016.
Olivier Giroud lors de France-Albanie, le 15 juin 2016. — Thanassis Stavrakis/AP/SIPA

A Marseille,

Ça n’aura échappé à personne, avant de planter deux buts dans les arrêts de jeu pour écraser l’Albanie 2-0, les Bleus ont souffert mercredi soir. Pendant une bonne heure, c’était morne, insipide, sans idée ni jeu de passes digne de ce nom vers l’avant. On a tenté de savoir pourquoi auprès des acteurs après la rencontre, et voilà ce qu’on a pu recueillir.

Le trac, encore ?

Lorsque les Bleus avaient raconté avant ce match que le temps de l’angoisse était révolu, que la première marche de cet Euro était finalement la plus dure et que maintenant qu’elle était passée, ça irait mieux, on a eu très envie de les croire. Alors au vu de la prestation contre l’Albanie, on s’est dit qu’ils avaient menti. Et bien non. « Le feeling était vraiment différent par rapport au match d’ouverture, ce n’est pas ça », assure Lloris. « Il faut arrêter avec cette histoire de frein à main », dit Gignac, plus cash. Bon d’accord, on va chercher ailleurs alors.

La pelouse ?

Oui, elle était vraiment pourrie. Deschamps ne s’est d’ailleurs pas privé pour le dire après le match. Mais bon, c’était la même pour tout le monde, et malgré les 283 glissades des Bleus ils ont fini par scorer. Contrairement à leur coach, aucun d’eux n’en a parlé après


Le système ?

Habituée à jouer en 4-3-3, hormis quelques bouts de match, l’équipe de France s’est présentée mercredi en 4-2-3-1, avec Matuidi et Kanté à la récupération, derrière une ligne Martial-Payet-Coman. « C’était un choix par rapport à un adversaire regroupé, explique Deschamps. Je voulais mettre de la vitesse et de la percussion sur les côtés. » Ce qui n’a pas fonctionné. Est-ce que ça a déséquilibré les Bleus ? « On s’est adapté, on a fait comme on a pu », répond Kanté, dont le regard dit plutôt « ça a été un beau bordel ».


Changement de plan à la mi-temps, les Bleus ont retrouvé leurs habitudes. Et ça s’est vu. « Ça nous a permis d’aller presser un peu plus haut et de gagner quelques mètres. Ça nous a évité de faire des attaques placées sur 80m, ce qui est compliqué », raconte Lloris. A trois au milieu, c’est mieux pour aller embêter les Albanais, et le reste a suivi. « On a mis plus d’intensité. Et lorsqu’on commence à gagner des duels, des mètres dans la récupération, on joue plus haut et forcément on est plus proche du but adverse pour espérer marquer ». CQFD, Hugo.

Les Albanais ?

Quand on lui parle début de match pourri des Français, Gignac s’agace : « Mais on a un adversaire en face, on n’est pas tout seul sur le terrain ! Les mecs sont là, ils courent, ils défendent, ils taclent, ils sont à fond sur tous les ballons. On avait des morts de faim en face, c’est comme ça en phase finale de l’Euro ». Les autres ne le diront pas aussi bien, mais l’intention était là. Bon, on va finir par être juste heureux d’avoir gagné ce match, alors.