Comme Ousmane Dembélé, comment des joueurs de 18 ans ont déjà des sites à leur nom?

FOOTBALL Plusieurs jeunes footballeurs se font accompagner pour mieux maîtriser leur image en ligne…

Guilhem Richaud

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Première titularisation en L1 et premier but pour Ousmane Dembélé avec Rennes contre Bordeaux.
Première titularisation en L1 et premier but pour Ousmane Dembélé avec Rennes contre Bordeaux. — AFP

Tout est parti d’une interrogation dimanche après-midi. « Mais c’est qui ce Dembelé qui vient d’ouvrir le score pour Rennes contre Bordeaux ? » Alors il s’appelle Ousmane, a 18 ans, joue attaquant, est droitier, et a déjà un site à son nom. Terminé les Skyblog ou les thèmes WordPress basiques. Il s’agit là d’un site dernier cri. Responsive, accompagné d’une application et faisant le lien avec la plupart des réseaux sociaux pour faciliter la création d’une communauté de fans.

Un site, une appli, des réseaux sociaux. Tout est prévu. - Capture d’écran http://www.ousmane-dembele.com/

Se former à communiquer

Depuis quand les gamins tout juste mineurs sont devenus les rois de la communication parfaitement référencés par Google ? Depuis que l’agence qui accompagne la carrière du Rennais, IFA Talents, a décidé de miser sur le numérique en confiant le soin à l’agence digitale lyonnaise Digiping la réalisation des sites et des applis de certains de ses jeunes joueurs les plus prometteurs. « Avoir un site à 18 ans, c’est clair que ça peut paraître prétentieux, reconnaît Badou Sambague, avocat spécialisé dans le droit du sport, qui accompagne IFA Talents. Mais ça nous permet de former les joueurs à la communication. Dans les centres de formations, on ne leur apprend pas à gérer leur image sur Internet. On les accompagne et leur fait un retour sur la manière dont ils les utilisent pour qu’ils puissent se responsabiliser et ne pas faire n’importe quoi, notamment sur les réseaux sociaux. »

L’appli Arnaud Lusamba, disponible sur Android. Capture d’écan Google play

Une dizaine de sites début 2016

Du côté de la technique, c’est Dragan Stamenkovic qui est aux manettes. Patron de Digiping, il met en place un service global. « Les joueurs sont des mini-réseaux sociaux à eux tout seul, assure-t-il. Ils ont besoin de communiquer sur eux, de mettre en avant leurs actualités et leurs partenaires et d’échanger avec les fans. Pour le moment, les technologies mises en place ne sont utilisées qu’à 10 ou 20 %. Mais l’objectif, si le joueur fait une longue carrière, c’est de monter en puissance. » En plus d’Ousmane Dembélé, Arnaud Lusamba (18 ans, Nancy) et Nicolas Napol (19 ans, Bergame) ont reçu le même traitement. Nicolas Tié, jeune gardien français de 14 ans, qui joue chez les jeunes de Chelsea aura son site très prochainement. « Six autres sont en projet pour le début de l’année 2016, enchaîne le créateur, dont trois pour des joueurs de l’OL. Mais pour l’instant on ne peut pas encore donner les noms. »

Un outil pour les sponsors

Si le communicant a réussi à vendre son concept, facturé entre 4.000 € et 8.000 € ou rémunéré via un pourcentage sur les futurs contrats signés par le joueur, c’est qu’il permet de mettre en avant les différents partenariats. « Pour les sponsors, c’est un vrai plus, assure-t-il. Ça permet de toucher directement les supporters, détaille-t-il. Ousmane Dembélé a déjà eu d’excellents retours de Nike, qui le suit depuis tout jeune. Ils voient d’un très bon œil leur mise en avant sur son site. » Quand aux réseaux sociaux, pas question de faire n’importe quoi. « C’est le joueur qui les gère directement, reprend Dragan Stamenkovic, on lui fait des recommandations sur ce qu’il peut ou ne peut pas faire, et des retours quand il y a un problème, mais ça reste l’outil d’un jeune de 18 ans. »

Des selfies sur les réseaux sociaux. Comme tout le monde finalement. Capture d’écran Twitter.

Maîtrise des réseaux sociaux

Avec 12.000 tweets depuis son inscription, allant du retweet des infos du Stade Rennais aux commentaires d’un fan du Barça en passant par des selfies, Dembélé semble avoir bien compris la leçon. Et dimanche après son but, les statistiques de visites sur son site ont explosé. « Autour de 8.000 vues dimanche soir et ça continue ce lundi », se réjouit le patron de Digiping. Mais pour ne pas plafonner, le joueur le sait déjà, il ne faudra pas en rester à un but, contre Bordeaux.