Tour de France 2023 : Jasper « The Master » Philipsen « tord » tous les sprinteurs, peut-il viser le record d’étapes ?
TOUR DE FRANCE•Le Belge Jasper Philipsen s’est encore imposé au sprint mercredi à Moulins, sa quatrième victoire sur ce Tour de France 2023, et sans son poisson pilote Mathieu Van der Poel, cette foisAdrien Max
L'essentiel
- Jasper Philipsen, le coureur belge d’Alpecin-Fenix a remporté une quatrième étape sur le Tour de France 2023, mercredi à Moulins (Allier).
- Cette fois, le maillot vert n’a pas pu compter sur son poisson pilote Mathieu Van der Poel, et s’est débrouillé seul pour signer la sixième victoire de sa carrière sur le Tour et conforter son maillot de meilleur sprinteur.
Terminé « Jasper the disaster », appelez le désormais « Jasper the master ». Le coureur Belge Jasper Philipsen s’est adjugé la sixième étape de sa carrière sur le Tour de France, mercredi à Moulins, la préfecture de l’Allier. Et la quatrième, sur cinq arrivées au sprint, sur cette édition 2023, de quoi s’imposer un peu plus comme le maître de la discipline sur cette grande boucle.
Contrairement à ses précédentes victoires à Bayonne, Nogaro et Bordeaux, Jasper Philipsen a, cette fois, triomphé seul. Mathieu Van der Poel, son poisson pilote depuis le début du Tour s’est fait distancer dans les derniers kilomètres, à cause d’un « rhume », selon le coureur d’Alpecin-Fenix.
« Je peux aussi gagner sans Mathieu Van der Poel »
Une fierté de plus pour le maillot vert. « Oui je peux aussi gagner sans Mathieu Van der Poel. Bien évidemment c’est plus dur quand il n’est pas là, mais je dois prendre la bonne roue seul. J’ai pu prendre celle de Groenewegen, c’est lui qui a lancé, c’était parfait », s’est-il réjoui à l’arrivée.
Philipsen avait déjà envoyé un premier message lors du sprint intermédiaire, lorsqu’il a dépassé sur la ligne le français Bryan Coquard pour inscrire 13 petits points de plus, alors qu’il n’avait pas forcément besoin de forcer pour conforter son maillot vert. Les équipes de sprinteurs ont ensuite fait le boulot pour ne jamais laisser plus de 2 minutes aux trois coureurs en tête, avant de reprendre Daniel Oss, élu le plus combatif du jour à 10 km de l’arrivée. Au point d’agacer à l’arrivée son compère d’échappée, le Français Matys Louvel :
« Les équipes de sprinteurs qui nous laissent que 2' alors qu’on est qu’à trois, ça tue un peu la course. Il y a quatre équipes qui roulent alors que ça fait 4 sprints qu’elles se font tordre par le même coureur, c’est leur problème mais ce n’est pas très motivant. » »
Parce qu’effectivement Jasper Philipsen a une nouvelle fois « tordu » la concurrence, pour coffrer 50 points supplémentaires pour le maillot vers et prendre 145 points d’avance sur Bryan Coquard. Soit l’équivalent de trois victoires au sprint, rendez-vous compte !
« Si je gagnais aujourd’hui, alors pourquoi pas »
Qu’elle est loin cette 4e étape du Tour de France 2022 lorsque le Belge avait célébré sa victoire au sprint, oubliant que Wout Van Aert avait déjà passé la ligne depuis plusieurs secondes. Au point d’être surnommée « Jasper the Disaster ». A l’arrivée de cette 11e étape cette édition du Tour, il a enfin accepté son nouveau surnom de « Jasper the Master » : « Ce matin, je vous ai demandé si je pouvais vous appeler "Jasper the Master", mais vous n’aviez pas répondu. Vous pouvez répondre maintenant ? », l’a interrogé un journaliste. Ce à quoi le nouveau maître du sprint a répondu : « J’avais dit que si je gagnais aujourd’hui, alors pourquoi pas ! ».
A seulement 25 ans et pour son troisième Tour, Jasper Philipsen égale Mark Cavendish, seul coureur en activité à avoir décroché quatre victoires sur une même édition. Mais ses deux victoires l’année dernière, et sa mainmise sur le sprint cette année pourrait lui donner envie d’aller un peu plus titiller le malheureux britannique, victime d’un abandon pour sa dernière grande boucle, samedi dernier. Au point d’aller chercher son record de 34 victoires sur un Tour de France ? C’est prématuré, évidemment, mais les six victoires dans une même édition, la meilleure performance du Britannique en 2009, semblent largement dans ses cordes.


















