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CYCLISMELe coup de chaud de David Gaudu, simple passage à vide ?

Tour de France 2023 : « J’ai pris un coup de chaud », Gaudu, un répit avant d’aller mieux, vraiment ?

CYCLISMELe leader de la Groupama-FDJ a vécu un début de 10e étape très compliqué, grâce à des températures caniculaires, mais son équipe s’est sacrifiée pour lui et est parvenue à sauver les meubles à l’arrivée
David Gaudu a vécu un début d'étape catastrophique, mardi, obligeant son équipe à l'attendre et sacrifier ses spoirs de victoires d'étape.
David Gaudu a vécu un début d'étape catastrophique, mardi, obligeant son équipe à l'attendre et sacrifier ses spoirs de victoires d'étape.  - Daniel Cole/AP/SIPA / SIPA
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • David Gaudu a connu un début d’étape très compliqué, la faute notamment à un coup de chaud sous des températures caniculaires.
  • Si ses coéquipiers ont fait le boulot pour le ramener dans le peloton à 100 km de l’arrivée, la forme actuelle du leader de la Groupama-FDJ interroge.
  • Lui l’assure, le podium n’est pas encore perdu, et a très hâte d’arriver dans les Alpes, vendredi.

Après une première semaine sans le moindre coup d’éclat, sans prendre la moindre échappée ni encore moins rafler une victoire d’étape, les coureurs de la Goupama-FDJ l’avait annoncé, attention les yeux les amis, l’heure était à la prise de risque en ce mardi de reprise, entre Vulcania et Issoire. Manque de bol, les premières minutes de course ont vite fait déchanter tout ce beau monde. En cause, son leader, David Gaudu, en perdition totale sous une chaleur étouffante, alors que les leaders du général - à qui il rêvait de reprendre un peu de temps - faisaient le show en tête de la course, Vingegaard et Pogacar se payant même le plaisir de partir dans les premières échappées, avant de finalement revenir se ranger dans le peloton.

Au moment où les deux hommes plaçaient leurs premiers coups de pédale pour suivre les multiples attaques devant, dès le kilomètre 5, on s’arrachait les cheveux devant notre télé en voyant le Landivisien craquer sous les coups de bambou d’un thermomètre frôlant rapidement les 35°. Après trente kilomètres à peine, le leader de la Groupama-FDJ comptait près d’une minute quarante de retard sur le peloton, obligeant Valentin Madouas et ses coéquipiers à se relever pour aller accrocher la caravane bretonne. Seul Thibaut Pinot, bien parti dans les premières échappées, recevra l’autorisation de poursuivre son effort, sans que cela ne donne rien à l’arrivée.

Le coup de chaud qui fait mal

« J’ai eu un coup de chaud, tout simplement, dira le Finistérien au micro de France TV après la course. C’était un lendemain de repos, ça peut ne pas pardonner, je ne suis pas un grand fan des jours de repos, je ne suis pas un grand fan de la chaleur et là j’ai eu les deux d’un coup… ». Le leader de l’équipe française imaginait pourtant un tout autre scénario pour cette journée de reprise. « On voulait peut-être faire le coup qu’à fait (Pello) Bilbao aujourd’hui (vainqueur d’étape et plus de 3 minutes de repris sur les leaders au général), c’est-à-dire d’essayer de s’échapper et de reprendre du temps. Je suis désolé pour toute l’équipe aujourd’hui qui avait carte blanche pour aller devant et au final à cause de moi, ça n’a pas été le cas, c’est de ma faute. D’un autre côté je les remercie d’avoir totalement sauvé ma journée. »

Grâce au sacrifice de son équipe, David Gaudu finira par retrouver le peloton à environ 100 bornes de l’arrivée, bien aidé il faut dire par ce même peloton qui, après avoir roulé comme un dératé pendant 50 bornes, a fini par accepter la formation de l’échappée du jour et par ralentir la cadence. « Après, une fois que c’était passé, je me suis senti bien. Dans le col de la Croix Saint-Robert, j’ai senti que ça tournait à nouveau rond, que mes jambes étaient débloquées. On se fait une frayeur mais dans ces moments-là faut essayer de rester le plus calme possible. Et à l’arrivée, on finit devant (dans le peloton). La vérité du début d’étape n’est pas toujours celle de l’arrivée », philosophera-t-il au micro de RMC.

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Vivement les Alpes

Il n’empêche, si le Breton n’a effectivement pas perdu de temps sur les trois premiers du classement général, arrivant avec 2'53'' de retard sur Bilbao, mais à la tête du peloton, Gaudu ne transpire pas la grande forme. Quant à la confiance qu’il dégage, ou ne dégage pas, on ne sent pas vraiment un état d’esprit similaire à celui qui était le sien l’an passé, quand il terminait quatrième du Tour de France 2022. Et du côté de Marc Madiot, si les mots se veulent rassurants - « Il faut toujours avoir de l’ambition, ce n’est pas parce qu’il y a des moments difficiles qu’il faut revoir ses ambitions à la baisse » - son visage et ses rides mardi soir disaient tout de l’ambiance actuelle dans l’équipe Groupama-FDJ.

De son côté, Gaudu répète à qui veut l’entendre qu’il est « très, très motivé pour les Alpes ». Il faudra au moins ça pour reprendre plusieurs minutes à Jai Hindley, Pello Bilbao, Adam Yates et consorts. A moins que l’équipe ne finisse par changer totalement de braquet et prenne le pari de jouer une victoire d’étape à défaut de briguer le podium. Même si, pour le moment, officiellement, la stratégie n’a pas changé et le train bleu est tout entier au service de son jeune leader.

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