Tour de France 2017: De Peyragudes au Puy-en-Velay, comment la Bardetmania est en train de monter

CYCLISME Troisième au général, le Français lutte pour une victoire finale à Paris…

Antoine Huot

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Romain Bardet fend la foule lors de la quinzième étape du Tour.
Romain Bardet fend la foule lors de la quinzième étape du Tour. — Jeff Pachoud/AP/SIPA
  • Depuis la victoire de Bardet à Peyragudes, le public commence à s’enflammer
  • Malgré cet engouement, l’Auvergnat préfère la discrétion

Il lui reste cinq jours pour réaliser l’un des plus grands exploits sportifs de ce début de XXIe siècle. Troisième du général, à 23 secondes de Christopher Froome, Romain Bardet a une opportunité en or de remporter le Tour de France, dimanche à Paris. Trente-deux ans après Bernard Hinault, un Français a enfin l’occasion de monter sur la plus haute marche du podium sur les Champs-Elysées. Depuis 1985, la France s’est souvent enflammée : Virenque, Jalabert, Moreau, Voeckler, Pinot… Mais là, cette année, avec Romain Bardet, cela semble prendre une autre dimension.

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Si depuis le départ à Düsseldorf, le 1er juillet, l’ambiance était relativement calme, ces derniers jours, une véritable Bardet mania commence à naître. Le fruit, sans aucun doute, de la démonstration de force de l’Auvergnat à Peyragudes et de sa propension à toujours attaquer. « J’étais présent sur l’étape Vesoul-Troyes, le jeudi 6 juillet, et les soutiens se dirigeaient plus vers Arnaud Démare, qui avait gagné une étape et était maillot vert. Mais j’ai l’impression que, depuis sa victoire dans les Pyrénées, il n’y en a plus que pour Romain », raconte Germain Etienne, un fan de Bardet, spécialement venu de la Réunion pour assister au Tour.

Bardet est « tout en maîtrise et en contrôle »

« Le succès à Peyragudes a amplifié les choses, confirme Cyril Gautier, le coéquipier de Bardet à AG2R. Il avait déjà beaucoup de soutien mais cette victoire d’étape a provoqué quelque chose. » Ajoutez à cela l’appétence de Bardet pour l’attaque et l’arrivée en Auvergne, mère patrie du leader de l’équipe française, et vous voyez le phénomène augmenter sans cesse.

Sur les 8,3 km du col de Peyra Taillade, dimanche, il n’y en avait que pour lui. Des pancartes, des maillots de l’équipe AG2R, des écritures au sol… Bardet fait l’unanimité. « On le ressent encore plus depuis hier [dimanche], on est sur ses terres, on le voit partout. Après la course, pour aller à l’hôtel, il y avait encore des gens sur le bord de la route pour l’encourager », rapporte à 20 Minutes Cyril Gautier. Même son de cloche chez Julien Duby qui suit le Tour de France pour le journal Sud Ouest :

Au Puy-en-Velay, ville d’arrivée de la quinzième étape, c’était vraiment spectaculaire. Je n’avais pas vu ça depuis longtemps pour un Français. Au pied du bus, pendant quarante-cinq minutes, les gens ont scandé son nom, du coup Bardet est sorti du bus pour s’offrir un bain de foule. Ce qui est très rare pour un coureur habitué à bien gérer ses temps de récupération. »

Un élan qui gagne également les supporters des autres équipes françaises. « Dans la montée du col de Peyra Taillade, il y avait des fans de Direct Energie qui ne faisaient que donner de la voix pour Bardet », assure Germain, qui était aussi en Auvergne, dimanche. Face à tout ce barnum, l’Auvergnat est bien protégé par son équipe. « Romain gère bien, il est vraiment détendu et serein avant cette dernière semaine. L’ensemble de l’équipe et le staff font tout pour l’aider », garantit Cyril Gautier. Si la France s’emballe pour son nouveau chouchou, le cycliste préfère rester dans sa bulle. Ce qui pourrait lui jouer des tours en termes de popularité.

« Romain est en maîtrise et en contrôle, il aime la discrétion. Au début du Tour, il disait qu’il n’était pas “là pour vendre du rêve”, ça veut tout dire, analyse Julien Duby. Il y a quelque chose qui est en train de monter autour de lui, c’est bien mais ça pourrait être mieux. Je ne suis pas convaincu par son pouvoir d’attraction. A la même place, je pense que des coureurs comme Warren Barguil ou Thibaut Pinot déclencheraient un peu plus de folie. » Romain Bardet n’a plus qu’à prendre le maillot jaune dans les Alpes pour transformer l’Hexagone en chaudron bouillant.