Coupe du monde de rugby : La victoire et le bonus, mais que ce fut dur ! Le XV de France bat les Etats-Unis 33-9

RUGBY Le XV de France a largement battu les Etats-Unis (33-9), mais le score est loin de refléter la physionomie du match

William Pereira

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Yoann Huget a inscrit le premier essai du match
Yoann Huget a inscrit le premier essai du match — Christophe Ena/AP/SIPA

De notre envoyé spécial au Japon,

Pas de typhon, pas de vent, presque pas de pluie, pas de jeu non plus mais la victoire bonifiée au bout pour les Bleus. Le XV de France s’est imposé sans gloire contre les Etats-Unis mercredi à Fukuoka pour son deuxième match de Coupe du monde. Mis en avant dans une équipe complètement remaniée (12 changements), les remplaçants n’ont que trop peu convaincu pendant une bonne heure de jeu. Mais l’essentiel est assuré et la France tient le bon bout derrière l’Angleterre dans le groupe C, en attendant le face-à-face entre Anglais et Argentins samedi et surtout le troisième match contre les Tonga, dimanche.

Camille Lopez, c’est toujours le pied

Si les joueurs du XV de France cherchent une voie de reconversion, qu’ils songent à l’organisation de soirées à thème. Un coup c’est le jeu rapide, le lendemain un jeu agressif… Contre les Américains, l’idée directrice était celle du jeu au pied, dont Camille Lopez​ s’est porté garant avec une certaine réussite – malgré des renvois encore trop courts par moments. Son jeu au pied de pression a souvent poussé les Scully et compagnie à la faute et ses inspirations ont amené les deux premiers essais d’Huget et Raka. Mention spéciale pour ce coup de patte à l’aile dans l’action 100 % clermontoise qui permet aux Français de reprendre le large. Les All Blacks n’ont qu’à bien se tenir.

Le retour de la maladresse

C’est à peu près tout pour le positif. Pour le reste, on s’est plus souvent rapproché de la Namibie que de la Nouvelle-Zélande. Auteurs de multiples maladresses, mauvais choix et fautes en tous genres, les joueurs XV de France sont retombés dans leurs vieux travers. La séquence gag de la 20e minute est un modèle du genre : 36 fautes de main consécutives conclues par un en-avant de Gaël Fickou pour gâcher en beauté un bon ballon d’attaque. A montrer dans absolument aucune école, comme la perte de balle de Raka à la 63e qui offre une pénalité aux Américains, d’ailleurs. Ajoutez à ça une inquiétante lenteur, une incapacité à tenir le ballon et une certaine timidité dans les rucks (rappelant la défaite du mois d’août contre l’Ecosse à Edimbourg) et vous obtenez une victoire étriquée. Point positif : les hommes de Jacques Brunel pourront se satisfaire d’avoir trouvé tout plein de nouveaux axes de travail.

Comme contre l’Angleterre, les Américains ont fini par craquer

Heureusement pour les Bleus, leur travail de sape a fini par payer et, comme les Anglais avant eux, a fini par faire craquer les Américains à la faveur du temps qui passe. On pensait pourtant être passés à côté du break sur la percée de Sofiane Guitoune (50e), gâchée par le Toulousain sur une passe sautée en avant pour Raka, tout seul à droite, là où un petit coup de pied eut été sans doute plus judicieux. Ce n’était que partie remise à plus tard, presque trop tard, même. C’est finalement à Gaël Fickou (67e), Baptiste Serin (70e) et Jefferson Poirot (79e) qu’est revenue la tâche de sceller le match et d’arracher le bonus offensif. Avant ça, il avait néanmoins fallu survivre à deux ou trois percées américaines dans une défense française aussi fébrile que notre cœur. Le XV de France, ou l’art de gagner sans jamais se rassurer complètement.