Coupe du monde 2018: Si jeunes et déjà champions du monde... C'est quoi l'avenir de cette équipe?

FOOTBALL Quelques-uns des cadres importants ont 25 ans, et le petit prodige même pas 20 piges...

Nicolas Camus

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Pogba et Mbappé peuvent en gagner d'autres s'ils veulent, nous on est vraiment pas contre.
Pogba et Mbappé peuvent en gagner d'autres s'ils veulent, nous on est vraiment pas contre. — GABRIEL BOUYS / AFP

De notre envoyé spécial à Moscou,

On a essayé d’évoquer un peu le sujet avec les joueurs, mais franchement, ils avaient d’autres choses en tête et on les comprend parfaitement. Tout juste sacrés champions du monde, ils ne pensaient pas encore à l’avenir, bien sûr. C’est juste qu’avec cette bande de jeunes, on se dit que le futur de l'équipe de France peut être radieux pendant un bon moment. Griezmann a 27 ans, la génération forte emmenée par Pogba, Varane et Umtiti 25, et on ne parle pas de Mbappé, pas encore 20 piges. D’ailleurs, le onze titulaire dimanche contre la Croatie était le plus jeune pour une finale de Coupe du monde depuis l’Argentine en 1978. Si tout se passe bien, le cycle ne fait que commencer.

« C’est dur d’en parler là tout de suite. Il faut célébrer d’abord, profiter de moments comme ça parce qu’il n’y en aura peut-être plus pour certains joueurs qui sont plus âgés, comme moi, en sourit Steven Nzonzi (29 ans). C’est sûr qu’on a une belle jeune génération, ça donne encore plus de mérite pour eux parce qu’ils ont fait preuve de beaucoup de maturité. »

Parmi les plus anciens, on peut imaginer que Steven Mandanda (33 ans) va prendre du champ. Adil Rami (32 ans), qui s’est longuement posé en zone mixte pour parler de manière très émouvante, a d’abord laissé entendre qu’il prendrait sa retraite internationale, avant de revenir un peu sur ses mots. Blaise Matuidi et Olivier Giroud vont sûrement cogiter dans les jours à venir, mais à 31 ans, ils ne sont pas non plus des vieillards.

Ils savent toutefois que ça pousse fort derrière. Quatorze des vingt-trois sélectionnés disputaient leur première Coupe du monde… et l’ont gagné. C’est dingue. Et cela laisse augurer de grandes choses, s’ils arrivent à maintenir la cohésion qui a fait leur force pendant ces cinq semaines de compétition. Ce sera ça le plus compliqué, finalement, comme le laisse entendre Didier Deschamps.

« Mes joueurs ne savent pas ce que c’est qu’être champion du monde. Je leur ai dit deux choses importantes après le match : ces 23 joueurs seront liés à vie, quoi qu’il se passe, ils prendront des routes différentes mais ils seront liés à vie par cet événement. Et je leur ai dit qu’à partir de ce (dimanche soir), et j’étais désolé pour eux, mais ils ne seront plus les mêmes, parce qu’ils sont champions du monde, parce qu’il n’y a rien qui est au dessus ».

Il y en a un pour qui ça ne devrait pas poser de problème, en tout cas. Kylian Mbappé est apparu extraordinairement calme devant les médias, alors qu’il est en train de vivre des moments déments. «  Je suis très content, je vais faire la fête, comme tout le monde. Mais j’ai l’ambition d’aller plus loin. Aller jusqu’où mon potentiel me le permet, jusqu’à mes limites, affirme-t-il. Gagner une Coupe du monde aussi jeune, ça ouvre des portes, mais il faut continuer. Je ne suis qu’au début du chemin. J’ai toute une histoire à écrire. »

« On ne sait pas comment, on ne sait pas d’où, mais [Pogba] est devenu un vrai leader »

Cet homme-là n’est pas fait comme les autres, on le savait. C’est d’ailleurs en grande partie pour ça qu’il réalise des prouesses à son âge. Mais ce sang-froid, à ce moment-là, ferait presque flipper. En tout cas, il pourra montrer le chemin pour les prochaines aventures des Bleus. Paul Pogba également. Le milieu de terrain, simple, efficace, battant, s’est révélé pendant ce Mondial. On le sentait de l’extérieur, Rami l’a vu de l’intérieur. « On ne sait pas comment, on ne sait pas d’où, mais il est devenu un vrai leader, a salué le défenseur. Il l’avait en lui. Il nous l’a prouvé sur ce tournoi. On l’a moins vu sur les gestes techniques, les petits ponts, tout ça, mais on l’a vu se battre pour l’équipe de France. Il a montré le chemin. »

Pavard et Hernandez devraient eux continuer à prendre du poids, des joueurs comme Kimpembe ou Dembélé ont le temps d’attendre un peu leur tour. « Tout ça montre que le football français a de la ressource et qu’il est très fort », apprécie Lloris, que l’on sent bien motivé pour ne pas s’arrêter là. C’est ce qu’on a ressenti chez chacun des membres de cette « famille », comme ils se qualifient tous.

Certains ne seront plus là dans un an, au gré des choix de carrière, des blessures, des coups de moins bien. Mais il y a une sacrée base. Du moment que la faim est toujours là. « Il y en a qui me conseillent de prendre ma retraite !, se marre Raphaël Varane, qui a aussi quatre Ligue des champions au compteur. Mais quand on gagne des trophées comme ça, c’est tellement beau qu’on a envie de le revivre. » Montrer qu’on peut encore gagner est une idée peut-être encore plus excitante que celle de le faire pour la première fois.