Coupe du monde 2018: Bisous de Macron, bain avec Pogba et berceuse avec Varane... On vous raconte la soirée du trophée le plus convoité

FOOTBALL Les Bleus voulaient tous l’avoir rien que pour eux dès le coup de sifflet final contre la Croatie (4-2)…

Julien Laloye

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Raphaël Varane et son bébé, le 15 juillet 2018 à Moscou.
Raphaël Varane et son bébé, le 15 juillet 2018 à Moscou. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Moscou,

Ce dimanche languissant n’a véritablement commencé que lorsque la belle est apparue, bien cachée dans une mallette Vuitton fermée à triple tour. Selon la tradition, le capitaine de l’équipe sacrée champion du monde, accompagné d’une gloire locale (ici, la top model Natalia Vodianova), est venu exhiber le trophée de la Coupe du monde au Stade Loujniki un peu avant le coup d’envoi. La tradition, aussi, d’une cruauté infinie, réclame que les deux équipes puissent longuement la contempler au moment d’entrer sur le terrain. La moitié ne la verra plus d’aussi près, à moins d’être expulsé, comme Zidane, obligé de passer à côté de la Coupe si convoitée pour rentrer aux vestiaires en 2006.

Lloris et ses filles font un carton

« Franchement, rien que la voir avant le match, c’est abusé, rigolait Nzonzi. Alors après, vous imaginez ». Celui qui en a profité le premier ? Gianni Infantino, évidemment, puisque c’est le président de la Fifa qui est chargé du protocole. Il a fait un petit cadeau à Emmanuel Macron qui a pu la caresser dans tous les sens avant de l’embrasser, comme la présidente croate, qui n'aurait pas été plus heureuse si son équipe l’avait emporté. Ensuite, c’est le capitaine Hugo Lloris qui a eu le privilège de soulever la Coupe en premier, entouré de ses équipiers. Privilège est d’ailleurs le mot qu’il a utilisé en racontant la scène aux suiveurs : « Je remercie tous mes coéquipiers de m’avoir offert ce privilège de soulever en premier ce trophée qui représente tellement et qui a tellement d’histoire ».

Ensuite, l’objet de mille désirs passe de main en main, et cela ressemble un peu aux photos de mariage : chacun veut son cliché avec la Coupe du monde, d’abord seul, et puis en famille. Paul Pogba pose avec sa mère et ses deux frères, Tolisso fait descendre son père de la tribune officielle, Giroud est avec sa fille. Mais pour ce qui est de la photo la plus choupinou, il n’y a pas débat : c’est Lloris qui emporte la mise avec ses deux filles qui embrassent la terre dorée jusqu’à presque cacher leur père. Deschamps a aussi droit à son tour de manège, mais si c’est déjà du rab pour le sélectionneur qui a tâté la bête de près en 98.

Sous la garde de Varane

On la perd un peu de vue dans l’intimité du vestiaire tricolore. Beaucoup de photos de groupes, cette fois, puis les joueurs qui sortent un par un sans le graal. « J’ai pris un bain avec elle », assure Pogba à nos confrères espagnols. Comme dans un réflexe habituel, c’est à Raphaël Varane qu’on confie la garde du précieux. Le défenseur du Real transporte jalousement le trophée dans la zone mixte, en le portant des deux mains comme on berce un nouveau-né. On lui demande s’il est aussi lourd qu’on le dit. Oui. On soupire, on soupèse, on souhaiterait le toucher, même si on le dévore des yeux : «  Toi tu peux pas, tu l’as pas gagnée​, rétorque un Varane amusé. Il faut en prendre soin, je la laisserai passer de bras en bras dans l’autobus, mais je vais la surveiller ».

La voilà partie dans le bus des Bleus, direction Istra. Sans doute faudra-t-il monter des tours de garde jusqu’aux Champs-Elysées lundi après-midi. Tous les Français pourront alors voir la Coupe du monde briller de près.