Coupe du monde 2018 : «Il y a de la frustration», Sidibé l'a forcément mauvaise de s'être fait chiper la place par Pavard

FOOTBALL Le latéral droit monégasque était titulaire du poste depuis deux ans, mais il s'est blessé au mauvais moment...

N.C.

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Djibril Sidibé doit pour l'instant se contenter de matchs d'entraînement dans cette Coupe du monde avec l'équipe de France, ici à Istra le 22 juin 2018.
Djibril Sidibé doit pour l'instant se contenter de matchs d'entraînement dans cette Coupe du monde avec l'équipe de France, ici à Istra le 22 juin 2018. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Istra,

Il n’a pas voulu trop s’étendre… mais il l’a fait un peu quand même. On sent que sa situation le déçoit, et on le comprend. Djibril Sidibé a bien saisi qu’il était parti pour regarder Benjamin Pavard disputer une Coupe du monde à sa place. On le dit comme ça, parce que le Monégasque était un des indéboulonnables de Didier Deschamps depuis deux ans. Il a fêté sa première sélection au sortir de l’été 2016, face à l’Italie, et avait enquillé 15 des 19 matchs de l’équipe de France jusqu’à l’annonce de la liste des 23.

On connaît la suite. Un problème au ménisque en avril, la crainte d’un forfait, son choix de renoncer à l’opération pour être disponible. Ça a fonctionné, mais il n’a pas eu le temps non plus de lever tous les doutes. Pavard, qui a intégré le groupe seulement en novembre dernier, en a profité pour mettre le pied dans la porte. « C’est sûr qu’il y a de la frustration », a-t-il dit samedi depuis Istra. Seulement de la frustration, pas un peu plus ? « C’est une Coupe du monde, je mets mes états d’âme de côté. Beaucoup de joueurs rêveraient d’être là à ma place. » C’est vrai qu’elle marche toujours, celle-là.

« Je suis à 1000 % »

Son absence aux entraînements après l’Australie à cause de son genou qui avait un peu gonflé avait ravivé les doutes sur son état physique réel. Sidibé a tenu à les balayer. « Je ne suis pas à 100 %, je suis à 1000 %, a-t-il assuré. Le physique va bien, le moral aussi. Le contexte est merveilleux, au camp de base ça se passe bien, il y a une bonne ambiance. Il n’y a plus qu’à jouer. » Justement, on l’a vu joué, deux fois, face aux U19 du Spartak Moscou dans les matchs d’entraînements pour les remplaçants. Et il avait semblé un peu en dedans. « C’est une mauvaise impression, je peux vous garantir que tout va bien. Niquel. »

Comme les autres, il attend de voir quels seront les choix de DD pour le troisième match face au Danemark, où l’équipe pourrait assez largement tourner. « Je travaille, je me tiens prêt. J’ai envie de montrer que je suis bien présent pour retrouver ma place. » Finalement, la question est bien là. Au-delà du physique, Sidibé offre-t-il plus de garanties que Benjamin Pavard ? « Il n’a pas peur, il défend bien, il attaque bien aussi. Moi, je ne lui vois pas beaucoup de défauts », a reconnu Sidibé, bon joueur.

Il lui faut aussi dépasser l’analyse basique qui consiste à dire qu’il est meilleur en phases offensives, quand son concurrent offre plus de sécurité derrière - comme Mendy avec Hernandez de l’autre côté. Dit autrement, qu’il est moins rigoureux. « Ça m’embête un peu qu’on dise ça, mais mon souhait est de devenir une référence à ce poste. Latéral, c’est compliqué aujourd’hui. Il faut savoir attaquer, défendre, couvrir, trouver les espaces, faire les bonnes passes… J’accepte les critiques et j’essaie toujours de corriger petit à petit sur le terrain. C’est en jouant qu’on peaufine tout ça ». Sidibé ne désespère pas de retrouver sa place. A vue de nez, ça n’est quand même pas gagné.