On a parlé de «Rocky» avec Tony Yoka (et il ne serait pas contre un rôle dans le prochain «Creed»)

BOXE Le champion du monde français est un immense fan de la saga, dont le dernier volet, « Creed », sort en salles mercredi…

Propos recueillis par Antoine Maes

— 

Tony Yoka à Doha, le 15 octobre 2015.
Tony Yoka à Doha, le 15 octobre 2015. — FAISAL AL-TAMIMI / AFP

« Mes préférés, c’est Rocky III et IV, celui avec Barracuda et l’autre avec le Ruskov ». Ne lancez pas Tony Yoka sur Rocky, à moins d’avoir du temps devant vous. Le Français, champion du monde des Super-Lourds (+91kg), a été biberonné avec les films de Sylvester Stallone. Son drame, c’est d’être en stage cette semaine avec l’équipe de France, et de devoir attendre vendredi pour découvrir Creed, le dernier volet de la série, qui sort mercredi.

Qu’est-ce que les « Rocky » représentent pour un boxeur comme vous ?

Moi Rocky, c’est toute mon enfance. A l’époque c’était en VHS, je les ai vraiment usées. Après j’ai mes préférences dans les Rocky, c’est sûr. J’ai baigné dans la boxe depuis que je suis petit, donc forcément ça représente beaucoup. Certes, quand je les ai revus en étant déjà boxeur confirmé, ce n’est pas très technique, c’est un peu n’importe quoi (rires). Mais l’âme du boxeur que Stallone retransmet c’est vraiment ça : un mec qui tombe et qui se relève à chaque fois, quelqu’un de déterminé et qui ne lâche pas. Pour tous les boxeurs, ça reste une référence. Pas en termes de technique, mais en termes de motivation oui.

Du coup, vous vous en servez pour la motivation ?

Là par exemple, on est en stage à Font-Romeu, on sort d’une séance de cross-fit. Il y avait de la neige partout, on se disait qu’on se croyait vraiment dans Rocky IV avec Ivan Drago. En plus, on portait des bûches, des pneus, des conneries. Il y a toujours une petite pensée pour ça.

Dans Rocky, il y a aussi la musique, qui est légendaire…

Moi, j’ai la musique de James Brown quand Apollo rentre sur le ring pour combattre Ivan Drago. Elle m’emballe à mort. Je me la passe de temps en temps, mais pas forcément avant les combats.

Est-ce qu’il y a d’autres films de boxe qui vous ont marqué ?

La boxe c’est un sport qui inspire le ciné. Ça inspire le respect, il y a le côté noble-art, et il y a toujours de grosses histoires. Par rapport aux autres sports, ça emballe plus le grand public. Ali, avec Will Smith, m’a beaucoup marqué. C’était très réaliste. Et j’ai regardé beaucoup de reportages sur Mohamed Ali, parce que mon père était fan. Will Smith a fait un énorme travail pour lui ressembler. Dernièrement, j’ai vu la Rage au Ventre, c’était super. Mais comme Rocky, il en prend plein la gueule, il a la tronche amochée à chaque fois… C’est un peu des clichés mais sinon ce n’est pas vendeur.

Si vous vous protégez aussi bien à Rio…

Je ne serai pas champion olympique, ça, c’est sûr !

On vous voit bien jouer dans un film… Est-ce que ça vous brancherait ?

Bien sûr ! Dans le dernier Expendables, il y avait un boxeur, Victor Ortiz, qui a boxé Mayweather. Il y a aussi Ronda Roussey qui fait du MMA. Brahim Asloum a fait Victor Young Perez. Je conçois bien que l’acteur principal doive être un comédien professionnel. Mais des fois, quand il faut un second rôle, ils prennent des types qui ne savent pas boxer alors qu’ils pourraient prendre des boxeurs. Et ça se voit vite. Il n’a pas beaucoup de répliques à faire, pourquoi vous ne balancez pas un boxeur ? Ca lui ferait de la com, ce serait pas mal.