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Qu’est-il arrivé à Eric Perrot, amorphe après le sacre du relais français ?

JO 2026 - Biathlon : « Au fond de moi, plus personne »… Qu’est-il arrivé à Eric Perrot après le sacre du relais français ?

extinction des feuxDernier Français à s’élancer pour filer remporter un relais masculin olympique historique pour les Bleus, ce mardi à Anterselva, Eric Perrot a vécu une dernière séquence de course au bord de l’épuisement. Au point de s’effondrer après la ligne
Biathlon : les supporters français saluent une victoire « magnifique » en relais hommes.
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’équipe de France de biathlon est devenue ce mardi championne olympique du relais masculin pour la première fois de son histoire.
  • En tant qu’actuel leader de la Coupe du monde, Eric Perrot avait la responsabilité de boucler l’affaire au mieux. Le Savoyard a réussi sa mission en devançant de 9,8 secondes la Norvège de Vetle Christiansen.
  • Un brillant succès qui a totalement épuisé Eric Perrot, effondré au sol après avoir franchi la ligne. S’il ne souffre de rien d’inquiétant, le vice-champion olympique de l’individuel devra bien se reposer avant la mass-start de vendredi.

De notre envoyé spécial à Anterselva,

Comment Eric Perrot allait-il fêter le sacre historique du relais tricolore masculin aux Jeux olympiques ? Une fois son entrée dans le stade d’Antholz gérée avec une petite dizaine de secondes d’avance sur Vetle Christiansen, tous les supporteurs de l’équipe de France de biathlon ont enfin pu souffler et se projeter sur une question annexe de ce genre. Problème : si Eric Perrot est parvenu à lâcher au fil de son relais le coriace Norvégien, ainsi que le Suédois Sebastian Samuelsson, partis dans la même seconde que lui, ça lui a coûté énormément d’énergie.

C’est pourquoi le vice-champion olympique de l’individuel sur ces Jeux de Milan-Cortina a à peine levé les bras avant de s’effondrer derrière la ligne d’arrivée. « Ça se termine avec un Eric blanc comme un cachet d’aspirine, qui va vomir dans un seau à l’arrivée, raconte son entraîneur Simon Fourcade. Il a mis vingt minutes à s’en remettre, ce qui a retardé le podium. » Pas merci donc Eric pour l’arrivée ultra-tardive ensuite en zone d’interview.

Quentin Fillon Maillet et Fabien Claude s'inquiètent pour la santé d'Eric Perrot, qui s'est écroulé de fatigue après avoir franchi la ligne d'arrivée du stade de biathlon d'Antholz, avec la médaille d'or du relais masculinà la clé.
Quentin Fillon Maillet et Fabien Claude s'inquiètent pour la santé d'Eric Perrot, qui s'est écroulé de fatigue après avoir franchi la ligne d'arrivée du stade de biathlon d'Antholz, avec la médaille d'or du relais masculinà la clé. - H. Schmidt/DPA/SIPA

Quand Eric Perrot « voit noir »

Blague à part, l’actuel leader de la Coupe du monde, qui allait bien bien mardi soir, n’est pas coutumier de ces spectaculaires défaillances physiques. A quel moment celle-ci est donc intervenue ? « On ne l’avait pas vu sur le moment mais il nous a fait une frayeur sur le dernier tour, indique Quentin Fillon Maillet. Il a vu noir dès le milieu de la boucle. C’est dire à quel point il s’est donné aujourd’hui, et ça paie. »

Ayant repris ses esprits au moment de se présenter face aux médias, Eric Perrot a remonté sa narration un peu plus loin. « Quand je regarde le tir debout de Vetle (5/5), je me dis "aïe, ça fait chier quand même, il aurait pu en louper 2-3". En repartant, il y a peu d’avance (8,5 secondes), beaucoup de doutes, de fatigue et d’émotions. On sait l’histoire qu’on porte, toutes les personnes qu’il y a derrière. C’est ce qui m’a mis dans cet état-là. Et en même temps, c’est ce qui m’a poussé à finir. »

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« La gagne ou l’hôpital » ? Les deux pour « Rico »

OK mais cette galère pour boucler le rêve tricolore, marqué par une remontada insensée d’Emilien Jacquelin, s’est manifestée quand exactement ? « J’étais vraiment mal à partir du sommet de la bosse où j’ai essayé de tout donner pour redescendre dans le stade. Et là pour le coup, il n’y avait plus grand monde. Heureusement le public et les amis m’ont aidé à finir. J’essaie de simuler le fait que je profite et que je gère, mais au fond de moi, il n’y a plus personne, c’est un très long finish. »

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Sur Eurosport, il a ajouté, tout sourire : « On avait dit "la gagne ou l’hôpital" aujourd’hui, et j’ai eu les deux ! ». Une référence à son intervention conquérante, la veille, lors du brief d’avant-course avec tout le staff et les biathlètes. On en connaît un pour qui la fête ne devrait pas durer jusqu’au bout de la nuit, alors que la mass-start bouclant les JO d’hiver 2026 de l’équipe masculine se présente vendredi.