JO 2026 - Biathlon : « Le Comité olympique américain soutient toutes nos prises de position », assure Maxime Germain
Interview•Le biathlète franco-américain, qui participe à ses premiers Jeux olympiques à Milan-Cortina sous les couleurs de Team USA, se confie sur son lien avec ses deux pays et sur les déclarations « très osées » d’athlètes US contre l’administration TrumpPropos recueillis par Jérémy Laugier
L'essentiel
- Si le biathlète Maxime Germain (24 ans) est né en Alaska, sa famille est française et il a grandi à Chamonix, où il s’est pris de passion pour le biathlon à partir de 13 ans.
- Celui-ci représente les Etats-Unis aux JO de Milan-Cortina 2026, où il disputera sa dernière course de la quinzaine, ce mardi (14h30) à Anterselva lors du relais masculin.
- Dans une interview accordée à 20 Minutes, le biathlète sous contrat avec l’armée américaine explique conserver un fort attachement à la France. Il salue les prises de position « très osées » d’athlètes US ayant visé l’administration Trump depuis le début des Jeux olympiques.
De notre envoyé spécial à Anterselva,
Maxime Germain a beau être né en Alaska, vivre depuis l’âge de 15 ans aux Etats-Unis et faire partie de sa garde nationale, son anglais ne passe pas inaperçu au sein de l’équipe américaine de biathlon. « Il a clairement toujours un accent français », chambre sa coéquipière Margie Freed. Car le biathlète de 24 ans, qui va participer ce mardi (14h30) au relais hommes des JO de Milan-Cortina 2026 avec Campbell Wright et Team USA, a passé toute son enfance à Chamonix, où sa famille vit toujours.
C’est d’ailleurs en Haute-Savoie qu’il s’est pris de passion pour le biathlon, jusqu’à devenir médaillé de bronze du sprint aux Mondiaux juniors 2023, puis donc à participer à ses premiers Jeux olympiques. Lorsque 20 Minutes l’a rencontré vendredi après un sprint frustrant à titre personnel (66e), Maxime Germain était ravi de pouvoir donner une interview dans sa langue maternelle. Avec en fond sonore un We are the champions accompagnant le quatrième sacre olympique de Quention Fillon Maillet.
Même si vous représentez les Etats-Unis sur ces JO d’hiver 2026, cela-vous fait-il quelque chose de voir les biathlètes français enchaîner les médailles ?
Oui, bien sûr. Sur des Jeux olympiques, tu représentes le drapeau que tu portes, et dans mon cas c’est celui des Etats-Unis. Mais je suis quand même très fier d’être français, je me sens français, ma famille est française. Je connais mieux la Marseillaise que l’hymne américain. Alors quand je vois que les Français sont sur un podium, je suis content pour eux. J’aimerais bien être dans leur équipe. Mais je suis très content d’être dans cette sélection américaine, qui forme une vraie famille.
Quand la « Marseillaise » accompagne l’or de « QFM » ou le relais mixte tricolore sur ces Jeux, vous vous débrouillez pour être pas loin et vous vibrez dans ces moments-là ?
Exactement. Ce que je n’ai pas encore vécu, mais qui je pense arrivera un jour, c’est d’être sur un podium avec un Français vainqueur à mes côtés. La Marseillaise aurait beau ne pas être pour moi, je pense que là, ça me ferait un plus gros choc.
Si cette situation arrive en Coupe du monde ou sur des JO, ça sera dur ce ne pas chanter la « Marseillaise », non ?
Exactement, j’aime bien l’hymne national français, il a du peps. Je pense que je mettrais quand même ma main sur le cœur (sourire).
Depuis votre arrivée sur le circuit de la Coupe du monde en 2022, les biathlètes de l’équipe de France savent-ils tous que vous êtes franco-américain ?
Oui, ils commencent à comprendre qui je suis. Après, ce n’est pas une amitié très profonde. Je connais plus les biathlètes français habitués à l’IBU Cup.
Essayez-vous de prendre des petits conseils auprès d’Eric Perrot, Quentin Fillon Maillet et tous les autres ?
Dans le biathlon, les équipes n’aiment pas beaucoup parler de leurs entraînements. Les Français sont au plus haut niveau et ils ne veulent pas dévoiler leurs petits secrets.
Ils ne vous voient pourtant pas encore comme un concurrent direct, si ?
Ils devraient, ça va venir (sourire).
Concernant votre autre pays, avez-vous été tenté, au sein de l’équipe de biathlon, d’évoquer la situation politique là-bas dans les médias, en profitant de l’écho médiatique des JO, comme notamment plusieurs skieurs acrobatiques ?
On n’a pas une grande visibilité/médiatisation dans le biathlon aux Etats-Unis. C’est donc un peu dur d’avoir une prise de parole controversée quand tu n’as que de très rares interviews. Me concernant, j’aimerais vraiment prendre la parole sur ce sujet mais je ne peux pas le faire. Vu que je suis sous contrat avec l’armée américaine, je n’ai pas le droit d’exprimer une opinion politique. C’est dommage parce que j’ai une position assez engagée là-dessus (sourire).
Des échanges autour de l’administration Trump sont-ils par contre fréquents entre vous à Anterselva ?
Oui, on a beaucoup de discussions sur le sujet, j’en suis assez content. On a aussi reçu des mails du Comité olympique des Etats-Unis pour nous annoncer qu’il nous soutiendrait, quelle que soit notre prise de position politique. Je trouve d’ailleurs que les prises de position d’athlètes américains ont été très courageuses. Surtout avec la réaction du président derrière (sourire). C’était osé, très osé…
Notre dossier sur les JO d'hiver 2026Finalement, ressentez-vous l’esprit olympique depuis ce site de biathlon d’Anterselva-Antholz, à l’occasion de vos premiers JO ?
On est un peu bloqués ici. Quand on m’interroge sur cette idée d’expérience olympique, j’avoue que je n’ai vraiment pas l’impression d’être aux Jeux. On est tous les ans ici en Coupe du monde, c’est la même course. C’est juste un peu différent parce qu’il y a du stress et que je dors un peu moins. Bon, il y a des anneaux olympiques partout, donc tu te dis : « Quand même, il y a des Jeux ici »…



















