VIDEO. JO 2018: Avec le bronze, Braisaz sort de son cauchemar (mais à envie de se «mettre des coups de pied aux fesses»)

JEUX OLYMPIQUES Justine Braisaz espère que ces Jeux lui serviront de leçon...

William Pereira

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Justine Braisaz sortant du brouillard
Justine Braisaz sortant du brouillard — Andy Wong/AP/SIPA

De l’un de nos envoyés spéciaux, à Pyeongchang,

« Aujourd’hui, je veux juste profiter. Mais j’aurais besoin d’analyser certaines choses. » Justine Braisaz est apaisée. Elle quittera les Jeux olympiques de Pyeongchang avec une médaille de bronze autour du cou, celle du relais féminin. En 18 minutes, 40 secondes et six fautes sur le pas de tir (à chaque fois compensées par les pioches), la femme forte du biathlon français en début de saison a été le talon d’Achille du quatuor médaillé. Elle le sait :

« Au bout de deux pioches vous commencez à avoir les mains et les jambes qui tremblent, l’œil aussi. Ce ne sont pas des moments faciles et je suis contente de pas être allée tourner sur l’anneau. »

Elle sait aussi que si elle avait été seule ce soir, elle ne serait pas montée sur la boîte. « J’ai envie de remercier sincèrement l’équipe. » Mais, malgré ces chiffres, « Juju » a réalisé une course honorable, sans doute la meilleure de la quinzaine, avec notamment un temps très convainquant sur les skis (« elle allait vraiment très vite aujourd’hui », se félicite Julien Robert, coach des filles).

Surtout, elle a fait preuve de courage au moment où beaucoup se seraient défilé(e) s. « Quand Julien m’a demandé ce que je voulais faire sur les prochaines courses il n’était pas question que j’abandonne quoi que ce soit, même si j’étais vidée et que j’avais pas digéré la pression que je m’étais mise », a-t-elle confié, déterminée.

Balade en ville et match de hockey

Bien lui en a pris comme en témoigne la breloque obtenue. Mais ça n’efface pas tout. De fait, ça n’efface rien du tout vu que Braisaz estime que ce cauchemar coréen fera office de leçon. « Ça raye pas tout ce qui a pu se passer et ça ne me rassure pas dans mes tirs. Mais cette quinzaine, je suis certaine qu’elle va me servir. J’ai besoin d’analyser pas mal de choses au tir et sur ma manière d’aborder les grands événements. » À commencer sa préparation mentale, où, contrairement à ce qui est préconisé, la Française n’a pas vraiment su se couper du mode compétition.

Avant les Jeux j’étais imbuvable, on est rentré à la maison pendant dix jours. Mes proches me connaissent, quand je suis comme ça c’est que j’ai la trouille. Le mois de janvier n’a pas été facile, j’ai pas su couper avant les Jeux, j’ai pas su couper l’année dernière à Hochfilzen, je répète un peu les mêmes erreurs, différemment, à chaque fois j’ai l’impression d’être une nouvelle personne mais j’ai beaucoup de choses à apprendre et j’ai envie de me remettre des gros coups de pied aux fesses en y repensant. »

Elle en a d’autant plus envie qu’elle a pu constater sur la fin de ces JO tous les bienfaits que peut apporter une coupure. « Ces quatre jours c’était anti-biathlon, j’en avais besoin et ça m’a fait beaucoup de bien. » Avec, au programme, balade en ville, mésaventures avec un match de hockey (elle n’est pas entrée dans les détails et c’est bien dommage), zéro skis et à peine un peu de carabine. Une chose est sûre : abandonner n’était pas dans ses plans (« il était hors de question de lâcher le morceau même si j’étais vidée et que j’avais pas digéré la pression que je m’étais mise »).

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Rebondir est en revanche un peu plus dans ses projets. Pas de beuverie, pas de gros écarts prévus au menu de la nuit pour Braisaz. « Il y a une fin de saison qui suit derrière. Mais on va quand même en profiter. » Ouf. Ça serait quand même bête de déjà oublier de se couper un peu du biathlon.