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Show à l’américaine et finish dément, l’Asvel change d’ère avec son arena

Basket : « Show à l’américaine » et finish dément, on vous raconte la grande première de l’Asvel dans la LDLC Arena

BASKETBien que battus en Euroligue par le Bayern Munich après deux prolongations (100-101), jeudi lors de l’inauguration de la LDLC Arena, les Villeurbannais estimaient avoir vécu « une soirée exceptionnelle » devant plus de 11.300 spectateurs
Basket: On vous raconte la grande première de l'Asvel dans la LDLC Arena en Euroligue
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Pour sa grande première dans son enceinte flambant neuve de la LDLC Arena, l’Asvel s’est inclinée jeudi en Euroligue contre le Bayern Munich (100-101), au terme d’une fin de match étouffante avec deux prolongations.
  • Malgré cette huitième défaite de la saison sur la scène européenne (en dix journées), les Villeurbannais retiennent « une soirée exceptionnelle » devant 11.354 spectateurs et « le début d’une nouvelle ère ».
  • 20 Minutes revient sur l’ambiance montée crescendo jeudi soir dans « l’une des plus balles salles au monde » (dixit Tony Parker) et sur les perspectives de ce nouvel écrin pour l’Asvel.

A la LDLC Arena de Décines,

« On a l’impression d’avoir gagné trois fois le match aujourd’hui, et en même temps de l’avoir perdu. » L’analyse un brin foutraque d’Edwin Jackson faisait sens, jeudi soir, après la cruelle première de l’Asvel dans son nouvel écrin pour l’Euroligue. Battus 100-101 par le Bayern Munich… après deux prolongations, les Villeurbannais ont certes gaspillé une avance de 12 points en début de quatrième quart-temps (63-51, 31e) mais ils se sont peut-être trouvé un nouveau public, au prix d’une fin de match totalement démente. Car bouger de son habituelle Astroballe (5.560 places) pour rejoindre une LDLC Arena flambant neuve (12.000 places) est « un gros challenge », comme le reconnaît le président délégué de l’Asvel Gaëtan Muller.

Ce coup d’essai a été une franche réussite jeudi, à voir ce public répondre présent (11.354 spectateurs) et monter en puissance tout au long de la soirée, pour littéralement exploser dans les ultimes minutes de jeu, sur un dunk de Joffrey Lauvergne en contre-attaque ou sur des shoots lointains de David Lighty, Timothé Luwawu-Cabarrot et Paris Lee. « On a donné de la joie aux gens, poursuit Gaëtan Muller. On a tous vécu une soirée exceptionnelle, même si le résultat final pique forcément. C’est le début d’une nouvelle ère. » Celle d’affiches de prestige régulières en Euroligue dans « une des plus belles salles au monde » (dixit Tony Parker), où se tiendront parallèlement un paquet de spectacles et concerts dès la semaine prochaine (Florence Foresti, Lomepal, Sting, Eric Clapton…).

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Un « show à l’américaine » pimpé avec la Compagnie Créole

De nombreux guests comme Matt Pokora, Jo-Wilfried Tsonga, Wendie Renard, Anthony Lopes, Rayan Cherki, Fabio Grosso et évidemment Jean-Michel Aulas ont tenu à assister à cette inauguration en grande pompe d’une LDLC Arena appartenant pour le moment à OL Groupe, malgré l’intention de John Textor de s’en séparer. Dans la bouche de nombreux spectateurs de cet Asvel-Bayern à Décines, à quelques pas du Groupama Stadium, l’expression « show à l’américaine » revenait pourtant le plus souvent pour décrire cette soirée.

Enfin, un « show à l’américaine » où on vous balance sans sourciller « Et moi pendant c’temps-là, j’tournais la manivelle », du Gold ou Ba moin en ti bo de la Compagnie Créole. Mais entendez par là un amusant package « dance cam » et « kiss cam », mais aussi l’utilisation de bracelets connectés et contrôlés à distance pour illuminer la salle (rendu sympa), ou encore l’apport indéniable du géant cube vidéo. Ralentis des meilleures actions enflammant la salle et des situations de jeu litigieuses que doit trancher le corps arbitral, tout passe par ce « formidable outil ».

L'ambiance était assurée pendant chaque temps mort, jeudi soir à la LDLC Arena.
L'ambiance était assurée pendant chaque temps mort, jeudi soir à la LDLC Arena. - Jérémy Laugier / 20 Minutes

« Parfois, on ne s’entendait pas sur le parquet »

« Après avoir joué dans toutes les meilleures salles au monde, je peux vous promettre que vous ne serez pas déçus de ce cube vidéo », prévenait le président de l’Asvel Tony Parker en septembre. Difficile de lui donner tort sur ce point ou de douter de la qualité de l’acoustique « sans résonance » de cette LDLC Arena, qui donne de belles promesses pour la version spectacle de la salle multifonction, optimisée par sa configuration en U qui pénalise par contre un peu le rendu basket.

« Même si le public a toujours été présent et fidèle à l’Astroballe, il y a plus de bruit ici, dans cette infrastructure de très haut niveau, reconnaît spontanément l’expérimenté arrière villeurbannais Edwin Jackson (34 ans). C’est un vrai plus pour nous porter en Euroligue et j’espère que ce bruit va avoir un impact à la fois sur nous et sur nos adversaires. » C’était déjà le cas jeudi, à en croire le meneur des Bleus Sylvain Francisco, auteur de deux énormes shoots à trois points dans le money-time pour permettre au Bayern de l’emporter.

« L’engouement était énorme. Ce n’est pour le moment pas au niveau de ce qu’on peut vivre au Panathinaïkos, à l’Olympiakos ou au Partizan Belgrade [19.000 spectateurs en moyenne cette saison en Euroligue du côté du club serbe]. Mais parfois, on ne s’entendait pas sur le parquet ce soir. On était obligé d’annoncer des systèmes avec les mains, de se faire des signes entre nous. » »

« Il y a urgence »

Un concours de décibels qui n’a pour le coup rien à envier au basket outre-Atlantique, comme le confirme Timothé Luwawu-Cabarrot. « On a pris conscience des cris et du bruit pendant les temps morts et sur les gros tirs inscrits, détaille l’ancien joueur des Sixers, des Nets et des Hawks. On voit que cette salle a été inspirée par ce qui se fait aux Etats-Unis. Mais en NBA, les fans poussent beaucoup moins qu’en Europe, où on a affaire à des supporteurs, et aujourd’hui particulièrement. »

Le dénouement du match Asvel-Bayern Munich (100-101 après deux prolongations !) a tenu toutes ses promesses, jeudi soir à la LDLC Arena de Décines.
Le dénouement du match Asvel-Bayern Munich (100-101 après deux prolongations !) a tenu toutes ses promesses, jeudi soir à la LDLC Arena de Décines. - OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Reste à savoir si ceux-ci reviendront pour les six prochains rendez-vous basket à Décines dans les deux prochains mois, ou s’il s’agissait d’un one shot lié à l’excitation qui accompagne l’inauguration de la plus moderne arena française. « Je veux croire que les gens reviendront, même si on sait qu’il faudra bien sûr des résultats pour les embarquer avec nous, résume Gaëtan Muller. A nous de lancer véritablement notre saison. Il y a urgence mais je me refuse à dire, en novembre, que la saison d’Euroligue est morte. »

L’Asvel a encore la dynamique d’une lanterne rouge d’Euroligue

Avec le 17e et avant-dernier bilan de l’épreuve (2 victoires et 8 défaites), l’Asvel (privée jeudi de Nando De Colo blessé) est tout de même jusque-là dans les temps de son désastreux 8 victoires-26 défaites de la saison passée (18e). Et il faut remonter au 26 janvier 2023 pour trouver trace d’un succès villeurbannais à domicile (91-77 contre Fenerbahçe). C’est dire si cette LDLC Arena va devoir vite déclencher une dynamique pour éviter que ces chocs européens supposés ne présentent bientôt plus le moindre intérêt sportif.

NOTRE DOSSIER SUR L'ASVEL

Il y a deux mois, le directeur général adjoint de l’OL en charge du Groupama Stadium et de la LDLC Arena Xavier Pierrot glissait : « On n’est pas sur le même produit qu’à l’Astroballe. On travaille pour que ça soit un vrai spectacle, avec le cube et les LED. Le public ne va pas seulement venir voir un match de basket. Vous allez en prendre plein les yeux et plein les oreilles pendant toute la soirée ». Pour que le projet Asvel devienne pour de bon « plus attractif » sur la scène européenne, notamment sur le volet du recrutement, les bracelets connectés et les punchlines de son délirant speaker seront a priori insuffisants.