Le coach français de Victoria Azarenka, Sam Sumyk, lors d'un match de sa joueuse à Roland-Garros le 3 juin 2012.
Le coach français de Victoria Azarenka, Sam Sumyk, lors d'un match de sa joueuse à Roland-Garros le 3 juin 2012. — REUTERS

TENNIS

US Open: Sam Sumyk, le prof de club devenu coach de la numéro 1 mondiale

Le Français, qui entraîne Victoria Azarenka n'aurait jamais imaginé atteindre ce niveau un jour...

Qu’il flâne sur la pointe de Kermorvan, chez lui en Bretagne, ou prenne place dans son box de coach sur le court Louis Armstrong, Sam Sumyk ne se départ donc jamais de ses lunettes sombres et profilées. L’accessoire l’accompagne depuis ses débuts d’entraîneur au TC Lorient et, sauf orage, ce n’est pas pour la demi-finale de sa protégée, Victoria Azarenka, qu’il devrait les enlever jeudi. Pour ce sosie non officiel d’Olivier de Kersauson, rien n’a vraiment changé en trois décennies d’entraînement, des interclubs départementaux au circuit WTA.

A vrai dire, rien ne prédestinait ce prof de club à entraîner un jour la numéro 1 mondiale. «Je n’ai jamais imaginé cela, c’était impensable, reconnaît le loup de mer de 44 ans, exilé depuis le début des années 90 en Floride. «Déjà je ne pensais pas faire ce métier. Alors entraîner la numéro 1… J’avais envie d’être un bon entraîneur, amener les gens de club à un meilleur niveau, peu importe l’âge ou le sexe de la personne. Je m’en foutais.» Que ferait-il aujourd’hui s’il ne suivait pas la Biélorusse sur le circuit? «C’est personnel, et puis on s’en fout maintenant. Je suis très content de faire ce job. Moi, je me suis arrêté au bac, j’étais un cancre.»

Admirateur des acteurs et des magiciens

Un bon joueur régional aussi, qui n’a jamais été mieux classé que 3/6. Cela tombe bien, Sumyk n’a jamais eu l’ambition de passer professionnel. Avec un peu plus de discipline, il aurait pu rêver. Mais sa place était bien au bord des courts, à conseiller les jeunes pousses. Sa carrière a réellement débuté au sein de l’académie Palmer, à Tampa en Floride. Là-bas, il découvre le monde professionnel au côté de Meilin Tu (45e mondiale en 2001),  son épouse aujourd’hui. Dulko, Likhovtseva, Zvonareva suivent jusqu’à sa rencontre avec Azarenka, il y a deux ans et demi.

Pour expliquer sa réussite, Sumyk évoque ses lectures, ses rencontres, se décrit comme «curieux, précis et insatisfait.» Même entre les tournois, le Breton n’hésite pas à multiplier les échanges. Y compris dans le milieu artistique, lui qui admire les acteurs ou les magiciens. «J’aime leur façon de préparer un rôle, de changer d’état d’esprit en claquant des doigts, leur langage du corps. Cette capacité à passer des pleurs au rire, c’est magique.» Un peu comme chez les joueuses de tennis finalement.