Londres 2012: Echauffez-vous comme Usain Bolt (et risquez la blessure)
JO / ATHLETISME•Le Jamaïcain passe 45 minutes sur le stade d'entraînement avant ses courses. En toute décontraction...Romain Scotto, à Londres
De notre envoyé spécial à Londres,
Pourquoi s’épuiser à l’échauffement quand on a la possibilité de gagner ses courses en trottinant? Voici le genre d’interrogation à laquelle Usain Bolt a trouvé une réponse. Quand Christophe Lemaître serre les dents et transpire à grosses gouttes avant d’entrer en piste, le roi du sprint aborde son «warm-up» avec une décontraction confondante. Comme pour les demi-finales du 200m, mercredi soir, le Jamaïcain commencera son échauffement 1h30 avant sa finale. Il débarquera alors sur la piste annexe du stade olympique pour une séance aussi intense qu’un concours de tir à la carabine trois positions.
En T-shirt et en jogging remonté à hauteur des genoux, il effectue ses exercices avec Yohann Blake et Warren Weir, ses deux potes d’entraînement. Une fois son sac posé dans la tente «Jamaïque», coincée en bord de piste entre celles de l’Espagne et de la République tchèque, il se lance dans une série d’accélérations progressives en ligne droite. Dix au total, sur 40-60m, à une allure que pourrait largement suivre un coureur de fond. Autant être très clair, «la Foudre» n’est là que pour dérouiller ses grands segments peut-être ankylosés après la sieste.
Trois virages et basta
Après chaque ligne droite, le retour s’effectue en marchant sur une piste envahie par les fourmis volantes. Le tout en papotant avec Blake, serrant quelques mains à droite à gauche et prenant même une photo avec un officiel. Après un quart d’heure de réveil musculaire, retour sous la tente où l’attend un kiné pour une petite demi-heure de détente. A l’abri des regards, Bolt se relaxe alors en regardant la télé, sous ce petit chapiteau blanc. Sur la piste, Christophe Lemaître, la veste de survêt’ nouée autour de la taille, est toujours à bloc.
Puis Bolt ressort ses pointes pour la deuxième (et dernière) partie de son échauffement. Cette fois, il s’agit pour lui de «travailler» les virages. Ou plutôt de se dégourdir les jambes sur trois légères accélérations en début de courbe. En cinq minutes, l’affaire est pliée. Le speaker lance alors un appel et convoque les coureurs des demi-finales dans la chambre d’appel. La course a lieu dans une petite demi-heure et pour parfaire son échauffement en plein air, le Jamaïcain a encore le droit de courir sur les deux lignes installées sous le stade olympique. Pas très pressé, Bolt s’éclipse alors le sac en bandoulière au côté de Nigel Walker, son ami depuis l’école primaire. Evidemment, Christophe Lemaître ne l’a pas attendu. Comme quoi, le Français est capable de devancer le Jamaïcain de temps en temps.



















