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JO 2012: S'ils pouvaient piquer une qualité de Christophe Lemaitre

JO 2012: S'ils pouvaient piquer une qualité de Christophe Lemaitre

ATHLETISMELes amis du sprinter français, membres du relais bleu 4X100m, détaillent ses qualités...
Romain Scotto, à Londres

Romain Scotto, à Londres

De notre envoyé spécial à Londres,

Jeudi soir, ils seront tous en tribunes ou devant un écran pour voir la finale de Christophe Lemaitre sur 200m. Ben Bassaw, Emmanuel Biron, Pierre-Alexis Pessonneaux, Ronald Pognon et Jimmy Vicaut soutiendront le leader du sprint français qu’ils côtoient dans le collectif du relais 4X100m. Tous rêveraient d’être à sa place, mais n’ont pas à ce jour le niveau requis. Pour compléter leur panoplie, voici ce qu’ils piqueraient à Lemaître s’ils en avaient la possibilité.

«Sa sortie de virage», pour Ben Bassaw. «Il est très fort dans les 30 mètres qui suivent les 100 premiers mètres. Il arrive à bien relancer. J’ai couru plusieurs fois contre lui et c’est à ce moment là qu’il fait la différence. Les autres ont mal aux jambes. Après, il a tellement emmagasiné de vitesse qu’il arrive à relâcher. On voit qu’il est très relâché à son visage. C’est une qualité.»

«Son placement», pour Emmanuel Biron. «Il parvient à optimiser l’attitude de course en maintenant son bassin haut. Moi, j’ai tendance à m’asseoir un peu et ne pas faire passer le bassin vers l’avant. Christophe l’a naturellement. Avoir le bassin bien engagé évite d’être ralenti pendant le contact avec le sol. Au moment du contact au sol, la propulsion se fait directement vers l’avant et n’est pas freinée par le corps. Moi, j’ai plus tendance à taper le sol à la verticale. Mais c’est aussi une question de morphotype.»

«Son tempérament de feu», pour Pierre-Alexis Pessonneaux. «C’est lui le meilleur. Il a la hargne. Rien ne le perturbe, on ne peut pas le déstabiliser. Quoi qu’il se passe, il reste sur sa route. Je pense que c’est naturel. Bolt, Powell, Blake, il sait qu’ils sont rapides, mais il n’en a pas peur. Il fait l’idiot avec eux, on l’a vu faire les oreilles de lapin d’ailleurs. On sent que personne ne l’intimide. Quelqu’un comme Asafa Powell gère beaucoup moins bien le stress en compétition. C’est comme les élèves qui sont très forts en cours et qui passent complètement à côté de leurs examens, par exemple.»

«Sa foulée», pour Ronald Pognon. «Je lui prendrais sa foulée de fin de course. Il bosse beaucoup en pied. Dans le jargon, cela signifie qu’il parvient à courir sur la pointe des pieds en allongeant sa foulée. C’est dur à tenir jusqu’aux 50 derniers mètres. Lui arrive à le tenir. Les autres vont sur la plante et pas lui. Moi je sais le faire, mais il maintient beaucoup plus longtemps que moi. Il a une amplitude de 2,70m par foulée.»

«Sa simplicité», pour Jimmy Vicaut. «Il est dans son monde, relax. C’est mieux d’aborder une compétition comme ça. Il ne se pose pas de questions. Moi, c’est mon problème. Je me suis un peu trop posé de questions ici à Londres en me demandant si j’allais réussir à passer en finale… Après, il n’y a pas d’excuses, j’ai raté mon 100m. Ça n’a pas été simple. Maintenant je passe à autre chose.»