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JO 2012: Christophe Lemaitre n'a pas encore le monde à ses pointes

JO 2012: Christophe Lemaitre n'a pas encore le monde à ses pointes

JO / ATHLETISMELe sprinteur français est encore loin d'être incontournable à l'étranger...
Antoine Maes

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Londres,

Christophe Lemaitre n’est-il qu’une star française? Si on s’attarde sur sa sortie de piste après sa série du 200m, mardi, non. Le natif d’Annecy a mis 45 minutes pour s’extirper des interviews, après avoir répondu aux télévisions du monde entier. Il a même passé plus de temps face à la presse qu’un certain Yohan Blake, le seul homme capable de concurrencer Usain Bolt sur le demi-tour de piste. La réalité est pourtant beaucoup plus complexe.

Pour les grands médias du monde, il est encore à des années lumières des stars de la piste. «Chez nous, aux USA, même les grands athlètes ne sont pas connus du grand-public, alors Lemaitre… Mais les spécialistes le connaissent, surtout depuis sa médaille de bronze à Daegu», explique Timothy Layden, journaliste pour Sports Illustrated. Lui refuse d’entrer dans le débat qui entoure toujours la flèche d’Aix-les-Bains: est-il attractif parce qu’il va vite ou parce qu’il est le seul blanc à courir si vite?

«Je ne vois pas pourquoi on se focaliserait sur la couleur de sa peau»

En Jamaïque, on n’a moins peur d’évoquer le sujet. «Comme le sprint à un moment donné était dominé par des athlètes Caucasiens, comme Borzov et Mennea, je ne vois pas pourquoi on se focaliserait sur la couleur de sa peau», sourit Paul Reid, l’envoyé spécial du Jamaica Observer à Londres. Au pays de Bolt et Blake, Lemaitre a d’ailleurs sa petite notoriété. «Je ne dis pas que les gens l’arrêteraient dans les rues de Kingston. Mais chez nous, on connaît bien l’athlé, alors s’il vient pour un meeting par exemple, bien sûr qu’on le reconnaîtrait».

Ce journaliste jamaïcain raconte avoir 16 pages à remplir quotidiennement sur l’athlétisme. Et qu’en cas de médaille de bronze sur le 200m, il y aurait forcément un peu de place pour le Français. «ce n’est pas encore une star mondiale, mais il est attendu, assure Olivier Mignon, qui représente Asics, le sponsor de Lemaitre, en France. Pour les interviews, il est demandé surtout en Europe, mais aussi un peu au Japon». Soit le pays de son équipementier. Pour franchir un palier médiatique, il ne manque qu’une médaille olympique. «Il a 22 ans, il grandit. Mais nous, on ne fabrique pas d’athlète», sourit Mignon.