JO 2012: Le guide de survie à l'usage du twitto londonien

TWITTER «20 Minutes» vous offre un petit condensé de ce qu'on peut tweeter -ou pas- pendant les Jeux...

Nicolas Bégasse

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La japonaise Satoko Suetsuna regarde un match de badminton aux JO de Londres, le 31 juillet 2012.
La japonaise Satoko Suetsuna regarde un match de badminton aux JO de Londres, le 31 juillet 2012. — Saurabh Das/AP/SIPA

Twittos spectateurs: Modérer tant la quantité que la qualité

Côté quantité, les utilisateurs de Twitter ont été pointés du doigt à l’occasion de plusieurs épreuves de cyclisme sur route, lors des premiers jours des Jeux. Un trop grand nombre de spectateurs ont saturé le réseau, perturbant les transmissions de données émises par les GPS des coureurs. Résultat: les médias n’ont pas pu recevoir les mises à jour électroniques indiquant la position des cyclistes et donc les écarts entre les échappés et le peloton. «Il n’est pas question d'empêcher les spectateurs de s'exprimer, mais peut-être pourraient-ils songer à n'envoyer que des mises à jour urgentes», a suggéré le directeur de la communication des JO après le couac.

Côté qualité, l’utilisateur de Twitter doit veiller à modérer ses gazouillis. Un Anglais de 17 ans a choqué des milliers d’internautes en envoyant ce tweet à un plongeur britannique, Tom Daley, qui venait d’échouer au pied du podium: «Tu as laissé tomber ton père, j’espère que tu en as conscience.» Adressé à un compétiteur dont le père est mort l’an dernier d’un cancer du cerveau, c’est déjà rude. Mais le jeune homme ne s’est pas arrêté là: «Je vais te trouver et te noyer dans la piscine», a-t-il ensuite tweeté, selon l’Équipe. Un manque de modération qui lui vaudra une interpellation à son domicile pour «communication malveillante».

Twittos sportifs: Rebellez-vous, mais n’allez pas trop loin

Quand la loi n’est pas juste, il faut violer la loi. «Je suis honoré de participer aux JO, mais nous demandons des changements»: c'est le message qu'ont publié sur leur compte Twitter plusieurs athlètes pour protester contre la règle 40 de la Charte olympique. Ce texte indique notamment qu’ils «ne sont pas autorisés à promouvoir une marque, un produit ou un service dans un article de forum, un blog, un tweet ou autre sur aucun réseau social ni site web». Les athlètes ont regretté cette légère forme de censure: «L'idéal olympique et la réalité olympique sont différents».

Mais parfois, la surveillance de l’activité Twitter des compétiteurs a du bon. Rappelons l’exemple de l'athlète grecque Paraskevi Papachristou, qui devait s'aligner en triple-saut, exclue la semaine dernière après avoir publié un commentaire jugé raciste sur Twitter. Et celui du footballeur suisse Michel Morganella, exclu de la compétition après un tweet insultant envers les Coréens, qui venaient de battre son équipe. Moins médiatisé, le cas des nageurs australiens Nick d'Arcy et Kenrick Monk mérite d’être mentionné. Une twitpic envoyée début juin les montrant en train d’arborer des armes à feu sourire aux lèvres a agacé le Comité olympique australien, qui leur a carrément interdit tout usage des réseaux sociaux pendant la durée des JO.

Twittos officiels: Profitez-en bien

Pour les marques, les JO sont une aubaine… pourvu qu’elles soient partenaires de l’événement. Un privilège cher payé mais qui apporte une grande visibilité, y compris sur Twitter. Le réseau social a accepté de travailler avec le CIO en interdisant aux non-sponsors d'acheter des espaces publicitaires avec des hashtags comme #London2012, mais les sponsors officiels peuvent eux s’en donner à cœur joie. Donnons l’exemple du compte d’Adidas France, qui joue les supporters en tweetant à un rythme effréné depuis le début des Jeux.

Mais il n’y a pas que les marques qui peuvent profiter de l’événement: les politiques aussi. David Cameron a par exemple cultivé son aspect «cool» en publiant une twitpic le montrant en train de prendre le métro pour assister à la performance des plongeurs britanniques. Côté français, le compte de l’Elysée salue chaque médaille française, et n’hésite pas à publier les photos de François Hollande lors de ses rencontres avec les athlètes français à Londres.

Twittos journalistes: Lâchez-vous à vos risques et périls

Comme le montrent par exemple les plus éminents membres de la rédaction de 20 Minutes, ce n’est pas parce qu’on est journaliste sportif qu’on ne peut pas se lâcher sur Twitter. Mais attention, c’est parfois risqué: le correspondant de The Independent à Los Angeles a ainsi vu son compte suspendu pendant deux jours. Pour avoir non seulement critiqué la très polémique retransmission en différé de la cérémonie d’ouverture par la chaîne NBC, partenaire de Twitter pour ces JO, mais également donné sur le réseau social l'adresse électronique de Gary Zenkel, l'un des chefs de la chaîne américaine. Il a fini par récupérer son compte, avec les excuses de Twitter. Mais sa mésaventure prouve une chose: amis twittos, vous êtes surveillés.