Euro 2012: Löw contre Prandelli, un duel de rénovateurs germano-italiens
FOOTBALL•Le sélectionneur de l'Allemagne et l'Italie ont peut-être les mêmes idées, mais pas la même pression...Alexandre Pedro
De notre envoyé spécial à Varsovie
L’Allemand bourrin et toujours vainqueur à la fin, l’Italien roublard et obsédé par la défense ; voilà les gros clichés qui collaient aux crampons des deux demi-finalistes de ce jeudi à Varsovie. Puis Cesare Prandelli et Joachim Löw sont arrivés. Adversaires pour une place en finale de ce championnat d’Europe, le sélectionneur italien et son homologue allemand partagent une même utopie. Mais une utopie qui fonctionne. Pour les deux techniciens, pratiquer un jeu attrayant et renvoyer une bonne image à l’extérieur comptent autant voire plus que le résultat final. Prandelli n’hésite pas à citer les Allemands en exemple : « Ils ont des années d’avance sur nous. Après la Coupe du monde 2006, ils ont parié sur la jeunesse et aujourd’hui ils ont une grande équipe.»
Fort de cette philosophie, l’ancien entraîneur de la Fiorentina refuse tout reniement. Même à quatre-vingt-dix ou cent vingt minutes d’une finale. Son Italie va de l’avant, il ne voit pas pourquoi elle enclencherait subitement la marche arrière. « Nous devons prendre des risques et pas défendre dans notre surface de réparation. Je préfère prendre un but en contre-attaque plutôt que passer le match à souffrir. » Depuis six ans, Löw ne dit pas autre chose. L’ancien adjoint de Jürgen Klinsmann répète (en boucle) son obsession. «Jeveux que mon équipe maîtrise les événements et impose son style de jeu.»
«Amène-nous le trophée»
Une chose sépare ce romantisme allemand de la renaissance italienne: l’attente suscitée par leur parcours. Partie dans la tourmente de l’affaire des paris truqués, la Nazionale de Prandelli a redoré pour quelques semaines l’image du football italien. Une défaite ne tiendra pas du drame national, surtout avec deux de jours récupération en moins que son adversaire.
Il a beau rappeler la jeunesse de son équipe, Joachim Löw doit, lui, composer avec l’impatience d’un pays sevré de trophées depuis sa victoire à l’Euro 1996. Et comme pour évacuer cette pression, le sélectionneur allemand ne manque jamais de rappeler que les favoris pour la victoire finale parlent espagnol. «Löw donne toujours l’impression de préparer la compétition suivante, observe Thorsten Mesch, journaliste pour le site Sport 1. Si les supporters adorent ce qu’il a fait de la Mannschaft, les anciens lui rappellent: ‘’Ton équipe est belle, mais amène nous le trophée’’. » La livraison est peut-être prévue pour le 1er juillet à Kiev. A moins que l’élève Prandelli ne supplante le maître d’ici là.



















