Euro2012: Le romantisme allemand à l'épreuve

1 contribution
Publié le 19 juin 2012.

FOOTBALL - Malgré un carton plein dans son groupe, l'Allemagne laisse entrevoir quelques failles...

De notre envoyé spécial à Gdansk

Comme avant chaque conférence de presse, Joachim Löw a exigé son expresso. Le sélectionneur allemand carbure à la caféine et ne jure que par un football corsé et offensif. Avec trois victoires en trois matchs, sa Mannschaft a fait mieux que survivre au groupe de la mort (Portugal, Danemark, Pays-Bas). Tout pour être heureux. Tout pour prétendre à gouverner cet Euro. Et ce n’est pas un quart de finale contre la Grèce qui risque d’effrayer l’épouvantail allemand.

Sauf que l’histoire très récente montre qu’il ne faut jamais se voir trop beau. Surtout après un premier tour. Journaliste pour le site Sport1, Thorsten Mesch résume la prudence ambiante. «En 2010, tout le monde venait nous voir pour nous dire "votre équipe est magnifique, vous avez de la chance", sauf qu’on sait ce qu’il est arrivé en demi-finale contre l’Espagne. On est donc méfiant.»

«Qu’entendez-vous par romantique?»

Parfois moqué par sa presse comme «le chancelier de l’étranger», Löw montre une irritation inhabituelle quand on lui demande si le romantique qu’il est ne serait pas devenu plus réaliste ces dernières semaines. «Qu’entendez-vous par romantique?, s’étonne-t-il. Notre jeu n’a pas changé. Il faut tenir compte de la qualité des adversaires. Ces derniers empêchent de mettre en place le football qu’on souhaite proposer.»

Les adversaires c’est une chose, mais cette Mannschaft a aussi montré quelques failles, malgré son parcours sans faute. Joachim Löw ne dit pas le contraire. «Contre le Danemark, on a trop gâché d'occasions de mettre les choses au clair. Il nous a manqué, sur trois, quatre très, très bonnes actions, l'instinct du tueur pour arriver à 2-0 ou 3-0.» Le patron n’aime non plus «les trop grands espaces laissés entre le milieu et la défense».

«Les Espagnols ont des joueurs habitués à gagner»

Derrière l’autocritique technico-tactique, il y a aussi celle des hommes. Si la jeune charnière Badstuber-Hummels tient la route, le duo Schweinsteiger-Ozil manque de reprise. L’Allemagne peut-elle arriver à destination avec un moteur grippé? Peter Zeidler ne partage pas ces doutes. Pour l’entraîneur allemand de Tours, les deux milieux de terrain montent en puissance. «Schweinsteiger n’est pas à 100%, mais il reste notre régulateur. Celui qui dit quand accélérer ou calmer. Et pour un joueur fatigué, il a quand même donné deux passez décisives contre les Danois. Ozil, lui, doit faire face à ses nouvelles responsabilités. Il a tendance à avoir parfois des réactions de gamin.»

Mais le plus gros doute reste d’ordre mental. Aussi séduisante soit-elle, cette équipe manquerait de gagneurs. Thorsten Mesch dresse l’inévitable comparaison avec la Roja. «Les Espagnols ont des joueurs habitués à gagner. Des garçons comme Casillas, Xavi ou Iniesta savent ce que sait que remporter une Coupe du monde ou une Ligue des champions. Pas les nôtres. C’est étrange à dire pour parler de l’Allemagne.» De quoi encore doper la consommation de caféine de Joachim Löw.

Mais le plus gros doute reste d’ordre mental. Aussi séduisante soit-elle, cette équipe manquerait de gagneurs. Thorsten Mesch dresse l’inévitable comparaison avec la Roja.  «Les Espagnols ont des joueurs habitués à gagner. Des garçons comme Casillas, Xavi ou Iniesta savent ce que sait que remporter une Coupe du monde ou une Ligue des champions. Pas les nôtres. C’est étrange à dire pour parler de l’Allemagne.» De quoi encore doper la consommation de caféine de Joachim Löw.

Alexandre Pedro

 

Mots-clés
Newsletter
SPORT

En fin de matinée retrouvez toutes les infos indispensables du sport

publicité
publicité

Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr