Euro2012: Le gentil Césare Prandelli doit faire face à la nouvelle crise du foot italien

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Publié le 10 juin 2012.

FOOTBALL - L'affaire du Calcioscommesse tombe mal pour ce sélectionneur atypique...

De notre envoyé spécial à Gdansk,

En Italie, un entraîneur pour qui la victoire n’est pas une question de vie ou de mort, possède à priori autant de chance d’être sélectionneur, qu’un candidat américain marxiste-léniniste d’accéder à la Maison-Blanche.  Césare Prandelli dirige pourtant la sélection italienne (qui débute son Euro dimanche contre l’Espagne). Il est même l’auteur de cette déclaration d’intention au magazine So Foot. «Quand j’ai été nommé à ce poste, j’ai estimé qu’obtenir des résultats n’était pas la priorité. Pour moi, il fallait d’abord rapprocher l’équipe des gens.»

>> Espagne – Italie est à suivre en live dimanche à 18h

A la tête d’une équipe rajeunie, Prandelli a emmené ses joueurs à la rencontre de détenus dans une prison de Florence. Il a aussi organisé un entraînement sur un terrain réquisitionné à la mafia calabraise.  L’Italie a très vite plébiscité ce sélectionneur pas comme les autres. Une image en or, une phase de qualifications négocié avec un certain brio, notre fringuant quinquagénaire  (53 ans) aurait tout pour être un homme heureux. C’était sans compter sur le «Calcioscommesse». Après le «Totonero» et le  «Moggiopoli», cette affaire de paris truqués vient de nouveau secouer le football transalpin. Elle a déjà eu pour conséquence de priver d’Euro, le latéral gauche, Domenico Criscito. Officiellement, pour mieux préparer sa défense.

Quand votre premier geste de sélectionneur est la rédaction d’un code éthique à l’intention de vos joueurs, la situation a quelque-chose d’assez inconfortable. «Si pour le bien du football, on ne doit pas aller à l’Euro, cela ne serait pas un drame», a osé avancer celui qui connaît trop le sens du mot «drame» pour avoir vu sa femme mourir d’un cancer en 2007.

«Les Espagnols ont une façon plus joyeuse d’appréhender notre sport»

Sans surprise, sa fédération a bien envoyé une équipe en Pologne. En conférence de presse samedi, Prandelli répond toujours avec un sourire indéfectible. Le ton est toujours calme, limite professoral. A côté de lui, son capitaine Guianluigi Buffon exécute son devoir médiatique. Ce même Buffon dont le nom apparaît dans le «Calcioscommesse». Mais l’ancien entraîneur de la Fiorentina jure que tout va pour le mieux. Il a «confiance» en son équipe et a «très bien dormi la nuit dernière».

Prandelli arrête juste le robinet d’eau tiède, quand on le lance sur la façon dont les Italiens et les Espagnols conçoivent le ballon rond.  Et le temps d’une réponse, il livre une critique acerbe du football qui le nourrit.  «Les Espagnols ont une manière plus joyeuse d’appréhender notre sport. Pour eux, il s’agit avant tout de donner du spectacle au public, plutôt que de vouloir faire perdre l’adversaire comme en Italie. La défaite prend une tournure toujours trop dramatique chez nous.» Avant le début de cet Euro, pas sûr les 59 millions d’Italiens partagent sa sagesse d’indécrottable humaniste.

Alexandre Pedro
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