La Française Virginie Razzano, après sa victoire à Roland-Garros contre Serena Williams, le 29 mai 2012.
La Française Virginie Razzano, après sa victoire à Roland-Garros contre Serena Williams, le 29 mai 2012. — B.Tessier/REUTERS

TENNIS

Virginie Razzano: «J'ai morflé mais j'ai de grandes ressources mentales»

La Française a réalisé l'exploit du premier tour en sortant Serena Williams en trois sets...

Pour la pemière fois de sa carrière, Serena Williams est tombée au premier tour d’un Grand Chelem. La responsable de cette sensation sappelle Virginie Razzano, une joueuse qui a vécu les moments les plus durs de sa vie, l’année denrière, avec le décès de son compagnon avant de renaître à travers son sport…

Qu’avez-vous ressenti en remportant ce match sur le Central?

J’ai ressenti une grande délivrance. Je travaille tellement sur mon tennis, mon physique, chaque jour. Pour moi, pire est égal à meilleur. Même quand on a des soucis personnels, avec le travail que je fais, c’est obligé que ça tourne un jour. Aujourd’hui j’ai mangé mon pain noir et je goûte mon pain blanc.

Est-ce la plus grande victoire de votre carrière?

Oui. J’avais battue sa sœur à Tokyo, ça avait été difficile. Quand on joue des championnes comme elles, il faut passer du temps sur le terrain. Il faut être prête pour un gros combat. Elles ont un mental de championne. Gagner aujourd’hui, c’est du bonheur, surtout sur le Philippe Chatrier.

Où êtes-vous allé chercher les ressources pour gagner ce match?

Je repousse mes limites. J’ai toujours appris à me battre. Quand j’avais 7 ans, mon père m’entraînait déjà très, très dur. J’ai morflé. Il n’y avait rien de facile. Je pensais que je détestais le physique. Je suis devenue la joueuse que je suis. J’ai des ressources mentales très élevées. Sur le court, elle a vu que j’étais une joueuse d’expérience. Je pense avoir fait plus que mon boulot aujourd’hui. On était deux grandes joueuses sur le terrain. J’ai vu qu’elle hochait la tête des fois pour se dire «Mais qui elle est, elle est incroyable!» Je ne veux pas me valoriser, hein. Mais voilà, ça fait trois jours que je ne dors pas très bien, avant 1h du matin je tournais dans mon lit, mais j’avais les dents aiguisées. Je me disais, encore un tirage de ouf. Lisicki, Bartoli, Serena… Je n’ai pas eu beaucoup de bons tirages, j’étais amer. Je commençais à me préparer à la battre quand même. Psychologiquement. D’où mes nuits difficiles.

Après les moments difficiles vécus l’année dernière avec la mort de votre compagnon, cette victoire est-elle un signe du destin?

Le passé, c’est le passé. Je me sens bien. J’ai trouvé une personne qui m’a permis de tourner une page, je suis prête à avancer dans ma vie professionnelle et professionnelle.

Que s’est-il passé lors des incidents avec l’arbitre qui vous a sanctionné sur vos cris à cause des crampes pendant les échanges?

La règle, c’est un avertissement, puis un point de pénalité et la disqualification. Je n’ai pas trouvé l’arbitre fair-play sur la deuxième constatation. La première peut être justifiée. Parce que j’ai une crampe, mais après, non. Cela n’a pas perturbé mon adversaire en face. Je l’ai mal pris, je l’ai regardée et je lui ai dis: tu te calmes ça suffit, qu’est ce que tu veux, je fais ce que je peux.

Serena Williams n’avait jamais perdu au premier tour, avez-vous l’impression de réaliser quelque chose de marquant?

J’ai ouvert le bal on va dire. Je l’ai mérité. Le souvenir que je vais laisser sera immense. C’est une belle mémoire à Roland. Si j’ai pu montrer qu’on peut aller au bout de soi-même c’est super. Quand on veut quelque chose on passe par tous les moyens pour le faire.