camille LOPEz, bien plus qu'un espoir

romain baheux

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Camille Lopez lors d'un entraînement avec l'UBB qu'il va quitter cet été pour rejoindre Perpignan.
Camille Lopez lors d'un entraînement avec l'UBB qu'il va quitter cet été pour rejoindre Perpignan. — s.ortola / 20 minutes

Le voilà dans la cour des grands. Vendredi soir, Camille Lopez sera forcément comparé à Luke McAlister et ses 31 sélections chez les All Blacks qui devrait débuter à l'ouverture du XV toulousain. Du haut de ses vingt-deux printemps, Lopez s'est imposé cette saison à l'UBB à un poste très exposé, relégant l'expérimenté Gerard Fraser sur le banc des remplaçants. Dans le Top 14, le Basque est le plus jeune titulaire avec le n° 10 sur le dos. « Voir cela, c'est forcément flatteur. Pouvoir jouer à ce niveau à mon âge me rend très heureux, même si je sais que je dois encore progresser à ce poste. » Car Lopez n'est pas un de ces purs ouvreurs couvé au sein d'un centre de formation. Dans son club formateur de Mauléon, au Pays basque, le jeune homme est aligné comme trois quart centre en Fédérale 1. « A l'époque, il était déjà au-dessus du lot, se souvient son entraîneur en 2008-2009, Philippe Hontaas. Il avait un mental largement supérieur aux jeunes de sa génération. » La tête, OK. Les jambes suivaient un peu moins. Pris par ses études, Camille Lopez ne prenait part qu'à deux entraînements hebdomadaires et séchait donc une bonne partie de la préparation physique. « Plus jeune, il était franchement rondouillard », décrit le président de Mauléon, Beñat Queheille. « Chez nous, il n'avait pas besoin d'être performant physiquement. Pour passer un palier, il a dû sérieusement s'y mettre. Il a fait le bon choix en rejoignant l'UBB qui lui a permis de faire ses armes en Pro D2. » « Je ne travaillais pas suffisamment cet aspect, je n'avais pas la volonté d'aller courir tout seul. Ma première préparation de saison avec l'UBB a été vraiment difficile. Pendant deux mois, les entraîneurs ne me faisaient pas faire tous les exercices, ils ne voulaient pas me broyer. » Lopez a tenu le coup et a fait son trou, petit à petit. A 22 ans, le jeune homme impressionne par son aplomb à un poste très exigeant. « Camille est en progrès constant et rentre dans la cour des grands. Il doit simplement gagner en précision », souligne Vincent Etcheto, entraîneur des arrières de l'UBB. A 22 ans, il a encore le temps d'y remédier. Contre Toulouse vendredi soir, il aura en tout cas une belle opportunité de continuer son apprentissage.