Robert Budzynski, so british...

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A la découverte d'un nouveau monde. Aujourd'hui encore, Robert Budzynski, 66 ans, mesure la chance qu'il a eue de faire partie des vingt-deux heureux élus retenus pour la Coupe du monde 1966. « Si quelqu'un m'avait dit à mon départ de Lens, en 1963, que je ferais le Mondial en Angleterre, je l'aurais pris pour un fou, rapporte l'emblématique défenseur puis directeur sportif du FC Nantes, au club de 1963 à 2005, sélectionné avec ses coéquipiers Gaby De Michèle, Philippe Gondet et Jacky Simon. En fait, j'ai bénéficié de notre parcours en Championnat [champion en 1965 et 1966]. J'ai été porté par la réussite nantaise. »

Quatre décennies plus tard, l'ancien défenseur central qu'il fut (11 sélections) n'a rien oublié. « C'était incroyable ! Malgré une élimination au premier tour – nul contre le Mexique (1-1) puis défaites face à l'Uruguay (1-2) et l'Angleterre (0-2) – cette découverte de tous les types de football, totalement différents, quel enrichissement ! Et que dire de découvrir des joueurs tels que Pelé. Tout simplement inoubliable. Cette expérience m'a servi par la suite. »

Deux images demeurent en bonne place dans l'armoire à souvenirs. « On a joué à Wembley, le temple du football, devant 100 000 personnes. Rien qu'à l'issue du God Save the Queen, l'hymne britannique, on était battu. Je n'oublierai jamais cette ferveur et cet amour du ballon. Im-pres-sion-nant. En tant que joueur, c'est sans conteste mon meilleur souvenir. La réception à Buckingham Palace reste également à part. La Reine Mère en personne recevait toutes les équipes après leur élimination. C'était super ! » De tout cela, « Bud » se souvient à chaque fois qu'il boit un coup. Et pour cause, il se désaltère toujours avec l'un des deux verres gravés de ses initiales offerts par Elizabeth II...

Pascal Rouyer