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Edouard Cissé: «Les mises au vert, c'est surtout synonyme de carottes râpées»

Edouard Cissé: «Les mises au vert, c'est surtout synonyme de carottes râpées»

FOOTBALLQue font les joueurs à l'hôtel avant les matchs? Réponse avec l'expérimenté Edouard Cissé...
propos recueillis par Swann Borsellino

propos recueillis par Swann Borsellino

A 33 ans et après être passé par des clubs comme le PSG, Marseille, Monaco ou West Ham, l’Auxerrois Edouard Cissé est bien placé pour juger de la fin des mises vert, décidée par Carlo Ancelotti au PSG. A en croire le milieu de terrain icaunais, ces séjours répétés à l’hôtel ne sont pas insupportables mais loin d’être indispensables.

A quoi servent les mises au vert selon vous?

C’est avant tout l’occasion de préparer ton match. Mais pour moi, c’est surtout synonyme de carottes râpées la vieille d’une partie. Je pense que quand tu es jeune, que tu peux encore te disperser, c’est également un moyen pour l’entraîneur d’éviter que tu sortes en boîte de nuit ou faire la tournée des bars. Après, pour ceux qui sont plus responsables, c’est une opportunité de bien préparer les matchs à l’extérieur. J’ai un peu plus de mal à trouver l’utilité d’une mise au vert avant un match à domicile.

Comment occupez-vous votre temps à l’hôtel?

En fait, quand deux mises au vert ne sont pas trop proches l’une de l’autre, j’aime bien le fait de profiter de mes amis de l’équipe, de papoter autour d’un café. Mais quand ça commence à être répétitif, je reste dans ma chambre, tranquillement, à regarder un dvd. Parfois deux.

Pensez-vous qu’il s’agisse d’une façon déguisée de fliquer les joueurs?

Pas forcément. Certains entraîneurs y sont très attachés. Ils vont même jusqu’à te dire que s’ils gagnent ou s’ils perdent, c’est parce que la mise au vert s’est passée de telle ou telle manière. Après, c’est aussi un moyen d’éviter les soirées entre potes la veille d’un match, ou qu’un jeune qui a faim aille se chercher un MacDo.

Selon vous, la mise au vert influe-t-elle sur le résultat d’un match?

Franchement, non. En Turquie ou à Marseille, quand tu joues tous les trois jours, il n’y a même pas de mise au vert. Je me souviens que Didier Deschamps, lors de certains matchs de Coupe de la Ligue, nous donnait rendez-vous le matin. Je crois même que ça a été le cas le jour d’un gros match contre Bordeaux. Honnêtement, l’apport que peut avoir une mise au vert dépend de beaucoup de choses. Par exemple, je trouve ça intéressant à l’issue d’une trêve internationale. C’est important pour le groupe, après avoir été séparé pendant deux semaines, de revivre ensemble, de se ressouder.

En Angleterre, lors de votre passage à West Ham, il n’y en avait pas. Quels souvenirs en gardez-vous?

C’était top. Parce que d’un côté, tu as cette liberté qui est importante pour un père de famille. C’est suffisamment compliqué de partir toutes les semaines pour qu’en plus, la mise au vert te prive de temps avec ta famille. Et d’un autre côté, chaque semaine, on me proposait de me réserver une chambre d’hôtel pour bien me reposer la veille d’un match, pour ne pas être perturbé par une nuit passée avec un nourrisson qui pleure. Je trouve que c’est un bon compromis.