Euro 2012: Les Bleus quasiment éliminés après leur défaite face à la Hongrie
HANDBALL•Avec zéro point pour attaquer le tour principal, les Experts doivent espérer un miracle pour atteindre le dernier carré...Bertrand Volpilhac, à Novi Sad
De notre envoyé spécial en Serbie,
Il n’y a qu’à voir l'allégresse des Hongrois, sautant de joie dans un cercle de bonheur, pour comprendre qu’il s’est passé quelque chose d’important, vendredi soir, à la SPENS Arena de Novi Sad. Car même si on ne peut pas encore le dire officiellement, en battant l’équipe de France (23-26), les Magyars viennent de mettre un terme au règne qu’on croyait sans fin des Experts, champions olympiques, du monde et d’Europe en titre.
>> Revivez France-Hongrie en live comme-à-la-maison par ici
On savait que les Bleus n’étaient plus invincibles depuis lundi et la défaite face à l’Espagne, on apprend cette fois qu’ils ne sont peut-être plus les meilleurs du monde: malgré leur qualification pour le tour principal - auquel ils accèdent avec 0 points - les Français ont besoin d’un miracle, qui ne s’est jamais produit dans l’histoire du handball, pour accéder aux demi-finales.
«On a manqué de talent»
Dans une salle totalement dévouée à la cause hongroise, les hommes d’Onesta ont pourtant longtemps mené. De deux buts, à la mi-temps, puis de trois en milieu de deuxième mi-temps, avant de gâcher puis de craquer en fin de match, déboussolés par l’hallucinante performance du gardien hongrois, Fazekas (21 arrêts à 48%!). «On avait le match en main, soupire Jérôme Fernandez, le capitaine. Même si on n’a pas été très bon en défense, on n’a pas le droit de le laisser échapper. Le talent nous a fait défaut. Même si on a essayé de bricoler avec ce qu’on avait on s’en est pas sorti.»
Son sélectionneur, Claude Onesta, partage cette analyse: «Ce match, on le maîtrise et on doit être en capacité de faire un écart plus conséquent, poursuit Claude Onesta. Mais la fragilisation des uns et des autres fait qu’on échoue individuellement… Et quand vous avez une succession de joueurs en difficulté, c’est difficile d’être flamboyant.» Des joueurs en difficulté au premier rang desquels on trouve Nikola Karabatic. Très moyen depuis le début de l’Euro, la star des Bleus a complètement manqué son match, avec un vilain 3/15 aux tirs.
«On n'ira pas en demi-finale»
«Il a essayé, il a été mieux que les autres jours, plus engagé dans ses actions, soutient son entraîneur. Sauf qu’il n’arrive pas à les mettre au fond. Il a manqué de cette lucidité qui fait souvent la force de ces joueurs.» L’intéressé confirme: «C’est le pire match de ma carrière internationale, je suis très déçu de pas avoir pu aider mes coéquipiers. C’est le sport co… il y a beaucoup de joie, mais il y aussi des grosses déceptions, il faut savoir les gérer.»
Et cela passe déjà par une deuxième tour parfait. Face à l’Islande, la Croatie et la Slovénie, les Bleus devront gagner les trois matchs pour espérer réaliser l’impossible, et surtout se remettre la tête à l’endroit. «On va essayer de faire une deuxième partie de tournoi digne, à la hauteur de notre niveau, relance Fernandez. On n’ira pas en demi-finale, il faut essayer de gagner ces trois matchs et après on verra. Ce qu’il faut, maintenant, c’est nous reconstruire en tant qu’équipe. Une troisième défaite dans cet Euro serait catastrophique pour la confiance des garçons.» Onesta, tout aussi philosophe, conclut: «Maintenant qu’on a perdu ce titre, il ne faudrait pas en plus qu’on mette en péril le suivant.»


















