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Dakar2012: Que reste-t-il du Dakar à l'ancienne?

Dakar2012: Que reste-t-il du Dakar à l'ancienne?

RALLYE-RAIDTrente trois ans après les pionniers, la course a beaucoup évolué...
Romain Scotto, à Copiapo (Chili)

Romain Scotto, à Copiapo (Chili)

On peut compter trente Dakar au compteur et résister à toute nostalgie. Même si tout a changé depuis 1978 sur le rallye, Etienne Smulevici retient toujours l’essentiel: «Les vraies valeurs de la course. L’esprit. Thierry (Sabine) disait que le Dakar devait être le plus beau, le plus long et le plus dur rallye du monde. Ça l’est toujours», clame le pilote auto de 64 ans, qui trouve toujours sa dose d’aventure quand il claque la portière de sa voiture.

«Les jeunes pilotes ont les mêmes vibrations que les anciens. Le même engouement», observe Roger Kalmanowitz, trésorier du rallye depuis ses débuts. Des premiers Dakar en Afrique, il se souvient de ces bivouacs sans confort, où les repas se prenaient à même le sol et où les tentes étaient plantées sous les ailes des avions. «Il n’y avait rien. Il fallait tout acheter sur place. On attendait les camions qui servaient de la nourriture lyophilisée. On mangeait du pain, des fruits et des légumes du coin.» Dans le Ténéré ou le Sahara, pas question de trouver des sanitaires. Même encrassées, les toilettes et les douches de 2012 font donc office de service cinq étoiles.

«On prenait de l’eau dans des puits et on mettait des cachets de chlore dedans»

Lors de ses premiers Dakar, «Smul’» attendait plus d’une semaine avant de prendre sa première douche. Jusqu’à la première oasis, les pilotes se débrouillaient avec des lingettes hygiéniques. L’eau courante étant une denrée rare, il fallait bien s’organiser pour ne pas se déshydrater. «On prenait de l’eau dans des puits et on mettait des cachets de chlore dedans. Ça avait un goût infâme, c’était chimique. Pour que ce soit assimilable, je mettais du coco dedans», raconte l’ancien combattant, qui n’échangerait pour rien au monde les repas actuel avec ceux de ses débuts. «On mangeait mal. C’était tellement dégueulasse qu’une année je n’ai mangé que de la soupe. Et je ne vais pas sur le Dakar pour faire des étapes gastronomiques. Mais ce n’était pas possible.»

Jean, basket et gants de jardiniers

Côté sommeil, il n’est plus question pour les professionnels de dormir dans une de tente, bercé par le bruit des moteurs. Stéphane Péterhansel assume totalement son penchant pour la couchette de son camion. Quand ce n’est pas l’hôtel. Sa préparation physique est celle d’un sportif de haut niveau. Son équipement, celui d’un astronaute. «Avant on roulait en jean et en tennis, s’emporte Smulevici. Même Vatanen. Il arrivait avec un Jean Lee Cooper, un tee-shirt Camel et des baskets blanches. Certains roulaient avec des gants de jardiniers». De cette époque, il ne lui manque finalement qu’une chose: la solitude du désert africain. Les grands espaces. Pour David Castera, le directeur sportif, il est essentiel de continuer à trouver des petits coins de «bout du monde» en Amérique du Sud. Là, où la foule ne se presse pas au bord des routes. C’était le cas dans le nord de l’Argentine, autour de Fiambala, où le rallye a retrouvé «une ambiance africaine. Si vous cherchez un garage pour réparer une roue, il faut en faire cinq parce que les quatre premiers ont des machines cassées. Ils sont très en retard.» En général, les pilotes n’apprécient pas. Mais cela fait toujours le charme du Dakar.